Halestorm

Dans la vie sauvage d’Halestorm

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Sorti le 13 avril, le nouvel album d’Halestorm Into the Wild Life déchire les charts américains depuis sa sortie. Le groupe, peu connu dans l’hexagone, vaut largement le détour quand on est fan de rock un peu musclé.

Halestorm (littéralement « tempête de Hale’, du patronyme du frère et de la soeur Arejay et Lzzy Hale) a sorti deux albums en 2009 et 2012, remplis de colère et d’explosivité, qui ont attiré les projecteurs sur eux. Entre le jeu de batterie démentiel de Arejay, la technicité tranquille de Joe Hottinger à la guitare,  la présence éclatante et le magnétisme animal de Lzzy, tout le monde peut y trouver son compte, et le groupe a été très sollicité rapidement. Tournées de promotion et festivals à répétitions, et relation très poussée avec les fans sur les réseaux sociaux (autant attirés par la musique que par la plastique de la frontwoman), Halestorm est un incontournable de la scène rock depuis maintenant cinq ans.

D’ailleurs, les nombreux grands groupes qui ont joué et tourné avec eux forment une liste impressionnante : Alter Bridge, Papa Roach, Chevelle, Seether, Disturbed, Stone Sour, Eric Church, Avenged Sevefold, Bullet for My Valentine et bientôt The Pretty Reckless (et Taylor fuckin’ Momsen)… Autant de noms ne peuvent tromper. Il faut rendre à l’agréable évidence : Halestorm fait partie du futur du rock n’roll.

Le groupe distille les pastilles d’informations depuis début janvier en guise d’apéritif : nom d’album avec une lettre par jour (et dans le désordre s’il vous plaît), photo de tournage des premiers singles, extraits audios de 15 secondes… Et ça marche du tonnerre ! Esthétique rock et grosse guitare au rendez-vous, on en salivait, moi le premier. Les deux albums, sans être du même calibre qu’un opus de Pearl Jam ou de Queens of the Stone Age, restent d’une facture plus qu’apréciable et possèdent des titres qu’on peut intégrer dans les meilleurs de cette décennie (Love Bites, Freak Like Me, I miss the misery).

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Tu nous emmènes où, Lizzy ?

Alors Into the Wild Life? Ca marche ou pas?

Le début d’album laisse planer de gros doutes sur la direction musicale de l’album. On a l’impression que les titres ont été écrits pour le live, ce qui est une très bonne chose à la base, mais içi, c’est assez perturbant. Il semblerait que certaines des chansons ont été écrites exclusivement pour être reprises et vécues par les futurs publics qui viendront voir les concerts du groupe. Seulement, ça laisse un ressenti de non-aboutissement sur le disque. L’exemple le plus frappant est probablement le titre I am the fire, un des singles de promotion, et piste numéro 2. Un titre et des paroles écrites pour être chantés par des milliers de personnes en même temps, mis trop en avant par la production, ça laisse un souci quand on est habitué aux tronçonneuses à distortion des disques précédents.

Scream est une introduction efficace, lourde et assez conventionnelle, qui prépare un terrain malheureusement pas complètement investi par I am the fire. Côté déceptions (pour faire passer la pilule plus rapidement et se concentrer sur les bons points), l’album possède des titres vraiment ratés. Dear daughter par exemple, une ballade au piano dont on peut se demander très légitimement ce qu’elle fout au milieu d’un album de hard rock (le syndrome Scorpion sans doute…). Bad Girl’s World est également en deça de ce que le groupe peut proposer, mais la chanson est sauvée par un très beau solo de guitare à la toute fin de la chanson. What Sober couldn’t say est aussi un peu trop plate, même pour une ballade.

Une fois que la déception est passée, on revient sur les bons côtés de l’album (rassurez-vous il y a largement ce qu’il faut). Même si cela reste un détail, on peut commencer par l’esthétique choisie par le groupe, qui est un mélange entre bestialité brute de rocker et classe maitrisée : instruments raccords, fringues destroy-et-sexy-juste-comme-on-veut et une très belle photographie (on se régale rien qu’à voir la pochette et les clips).

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Je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne m’en lasse pas…

Mais ce qui nous intéresse, ça reste la musique, et on est tout de même bien loti avec ce Into the Wild Life. Gonna Get Mine, Sick Individual (grosse batterie), Mayhem (préparez vous pour les pogos en concert, c’est la chanson la plus énervée de tout l’album), The Reckoning… Des bons titres qui malgré quelques imperfections montrent l’ambition et la volonté du groupe d’être des touches-à-tout, chose essayée dans Dear Daughter, mais en bien mieux réussi.

Les points culminants de l’album sont de très bonnes chansons : Apocalyptic, qui étonne d’abord avec son son de guitare très particulier, mais devient rapidement la chanson qu’on se passe en boucle, ou encore New Modern Love, et ses sonorités électro (si si!). Jump the Gun est un titre électrique et définitivement rock n’roll, même s’il ne bat pas la puissance de I like it Heavy, véritable bulldozer à charts. On peut entendre tout ce qui a fait le sel d’Halestorm sur ce titre : hommage au son de nos premiers amours musicaux (avec vieux synthé tout moche), guitares assez sales pour faire branleurs, mais suffisamment légères pour laisser le chant nous marteler son fiel sensuel et provocateur (« hallelujah, mother fucker, take me to church!« ) et un refrain qui tabasse le fond de nos oreilles.

Avec Into the Wild Life, Halestorm nous délivre un bon album, honnête, sincère et puissant, mais rate le coche de la consécration au panthéon du hard rock, ce qui est très dommageable car l’endroit manque cruellement de présence féminine (Joan Jett on ne t’oublie pas mais tu dois te sentir relativement seule…). A écouter au coin d’un bar ou dans sa voiture, baffles à fond…

Baptiste Chausson

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