Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

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Comme dirait le duo Stephan Eicher (oui je sais qu’il est tout seul, c’est juste que son nom prête à confusion…), les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent… Nous avons assisté la semaine dernière à la destruction gratuite (on a découvert qu’aucun d’eux n’avait payé sa place de musée…) de vestiges archéologiques. Pourquoi ? Simplement parce que ces vestiges représentaient les témoins d’une culture qui n’était pas la leur mais qui reste notre passé. Les détruire ne les aura pas fait disparaitre, et notre culture encore moins.

En parlant de négationnisme de culture, je pense bien évidemment, quand bien même ce n’est pas le plus grave, loin de là, je pense à un monde sans rock. Oh, il existe ou a déjà existé, par-delà nos murs et même à l’intérieur. En remontant dans l’histoire on se souvient de l’interdiction par les Nazis des musiques qui ne correspondaient pas aux normes officielles entre 1933 et 1945. L’art dégénéré… Le rock n’avait pas encore été inventé mais le jazz sonnait depuis l’autre côté de l’Atlantique. Mais les Zazous, ces quelques centaines de parisiens amoureux du défoulement et allergiques à la pensée unique, bravaient l’insécurité de la nuit pour se rendre dans les dancing clandestins pour swinguer.

J’imagine qu’en Iran, où une loi interdit toujours toute représentation publique rock (pas seulement), il y a aussi des zazous. J’imagine qu’en Afghanistan, entre 1996 et 2001, lorsque les Talibans avaient interdit la musique et donc indirectement mais fatalement le rock, il y a eu des zazous. J’en veux pour preuve la mise en place ces dernières années de festivals, de concerts où les guitares électriques jouaient un rôle central. On ne tue pas l’art, quel qu’il soit. On ne tue pas une culture en abattant ses symboles. Tant qu’il y aura des hommes pour la porter dans leurs cœurs.

Sans transition aucune, puisqu’en ouvrant l’Edito ce matin, vous saviez ce que vous veniez y chercher, donc venons-y : les sorties qui m’ont interpellé ces derniers jours… J’en ai retenu quatre qui devraient trouver écho à vos oreilles je pense. On commence par celui dont je parlerai le moins car une review arrive sur celui-ci, c’est le très attendu deuxième album de Noel Gallagher et de ses High Flying Birds : Chasing Yesterday. Contrairement à son titre, je ne suis pas certain, à la première écoute, du caractère nostalgique de l’album. Je ne suis d’ailleurs pas encore tout à fait accroché à Chasing Yesterday, mais attendons la review de Juliette pour rentrer dans le détail de cette galette et bornons nous ici à en écouter un extrait.

Twin Arrows. Ce n’est pas le nom d’une nouvelle série D.C Comics mais celui d’un groupe de rock-blues garage français qui, semble-t-il fait assez bien les choses puisque dès leur premier album en 2012, ils se sont fait remarquer par le seul rockeur old school qu’il reste encore chez Rock & Folk. Hell and Back, leur deuxième album, devrait s’inscrire comme un standard. Gros son, stylé, énergique mais pas débridé, c’est diablement efficace et nous rappelle que la scène française a du talent à revendre. C’est simple, en ce moment, j’ai l’impression de revivre le foisonnement qu’il existait sur la scène rock française dans les années 85-90. Une des meilleures découvertes pour moi de ce début d’année.

Toujours en France, mais dans un autre registre bien que grâce à Michel Cloup, on sait rattacher Fauve dans les rangs du rock, Vieux Frères Partie 2 vient de faire son entrée lors de sa sortie. C’est tout le paradoxe de Fauve. Suite directe de Vieux Frères Partie 1, on est dans une continuité annoncée si bien que l’on ne sait pas bien pourquoi il aura fallu tant de temps entre les deux. Toujours très crû et très rock, semblant toujours sortis de nos propres têtes tellement ils sonnent justes, les textes sont ce qu’il y a de plus précieux à cet album et l’instru les accompagne toujours très bien. Fauve enfonce donc le clou(p) au panneau accroché lors de la partie 1 de son diptyque et disant: « Ouais, je suis là et il faudra compter sur moi parce que j’ai mille choses à dire ».

Pour finir je vous parlerai de Shadow Of The Sun, le dernier album de Moon Duo. Nous vous en avions déjà parlé lors d’un report de la Route Du Rock en 2013 alors qu’ils venaient de commettre Circles et ses envoutantes boucles psychédéliques. Cette année, Ripley Johnson (Wooden Shjips) et Sanae Yamada remettent le couvert avec un troisième album donc. Leur son évolue et cet album se place, à mon avis, dans un entre-deux. Certains morceaux sont encore raccrochés à leurs deux premiers albums, avec leurs boucles sans fin, leur transe induite (Wilding, Animal), d’autres comme Night Beat, couvent de nouvelles orientations tout en s’excusant presque de les avoir. L’album peut sembler confus mais leur travail de production et de composition fait apparaitre cette confusion comme extrêmement controlée et maitrisée.

Voilà, l’édito c’est fini pour cette semaine, ne vous reposez pas les oreilles et ayez une pensée pour ceux qui n’ont pas votre chance…

Greg Pinaud-Plazanet

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