Allah-Las

Allah-Las – Worship the Sun, un album qui fait briller le soleil

Voilà le genre d’événement qui peut égayer la journée de certains comme celui d’apprendre la sortie d’un nouvel album d’un groupe de musique pour qui l’on a eu un réel coup de cœur. Ce coup cœur, il est en faveur d’Allah-Las, un groupe de musique composé de riders-rockeurs venus tout droit de la moite Californie. La formation au caractère rétro a en effet accouché d’un deuxième album studio, Worship the Sun. Les quatre musiciens aiment sans conteste renouer des liens avec les anciennes générations en mélangeant des sonorités oscillant entre rock, garage, surf music ou rock psyché et cela se vérifie une seconde fois dans ce nouvel opus.

On avait abandonné en cours de route notre quatuor californien avec un super premier album éponyme sorti en 2012. Produit à l’époque par Nick Waterhouse, Allah-Las (l’album) regorgeait de morceaux d’une efficacité remarquable à l’image de Catamaran. On sentait alors dans ce premier essai un goût très prononcé pour le sable chaud et les cocotiers. En témoigne un son de guitare toujours bien vintage mais surtout toujours très Californie, très plage et très Beach Boys aussi. En revanche, il se dégageait également une once de modernité dans leurs morceaux ce qui n’était pas pour nous déplaire. Les gars se sont rencontrés chez un disquaire. C’est dans ce lieu qu’ils vont s’éduquer musicalement, en s’imprégnant de musiques d’artistes 60’s (forcément) mais aussi d’autres tels que Spacemen3 ou encore Primal Scream. Et ça se ressent pas mal quand on les écoute. Il y en sus de cette touche « vieille école » cet aspect à la fois onirique et intemporel dans leurs chants.

Deux ans après Allah Las (l’album), on retrouve de nouveau et avec plaisir Spencer Dunham à la basse, Miles Michaud au chant et à la guitare, Pedrum Siadatian qui l’accompagne à la guitare et le batteur Matthew Correia, fiers de présenter à tous leur nouveau bébé. Le nom de l’album est un appel au culte du soleil et son écoute ne fait que renforcer cet appel. C’est aussi un appel au plaisir. Il est d’une fraîcheur vraiment agréable, comme lorsque vous buvez une bonne bière dans votre jardin au mois d’août. De surcroît, on appréciera la composition de l’album. Celle-ci se veut globalement cohérente dans le choix de l’ordre des chansons. Les premiers extraits du LP apportent à la fois du tonus tout en conservant cette atmosphère planante, du « fait maison » en somme. C’est vraiment bien foutue l’histoire. L’extrait Ferrus Gallery est particulièrement intéressant. Il est à lui seul une trace de ce que peut être de la surf music. C’est comme-ci notre quatuor adoré, visiblement mordu de musiques instrumentales, arrivait à faire renaître des gars comme les Ventures, groupe mythique de la surf music et dont les membres du groupe arrivaient avec la seule force de leurs doigts et en un minimum de temps à faire danser grands, petits, vahinés aux jolis déhanchés, jeunes désinvoltes et même papys grincheux. Forts les mecs. En écoutant Ferrus Gallery, on se croirait dans le générique de la série Hawaï Police d’état. Enfin presque…

Après ça, il se passe plus grand-chose. Sans pour autant s’ennuyer ferme, les morceaux suivants se veulent plus contemplatifs, ce qui n’aide pas si l’on souhaite se trémousser un peu. Et puis arrive la pépite Follow You Down. Un tube ! C’est littéralement la résurrection de Catamaran. Quelle énergie ! Quelle grandeur ! On est clairement pris dans sa vague encore et encore tellement c’est excellent. 501-415, lui, est un peu plus court, plus haché et rentre bien dans cette tradition des formats de musique restreints de l’époque mais ne perd en rien son charme. Les auteurs ont voulu aborder dans ce morceau des thèmes un peu plus sombres comme le destin et le regret, cassant un peu l’image lumineuse qu’on peut se faire d’eux. Pour ce qui est du reste de l’album, on touche à toutes sortes de thématiques. On a d’un côté le pêchu et revendiqué Better Than Mine ainsi qu’en bonus track Every Girls, puis de l’autre on a le morceau éponyme Worship the Sun qui se veut plus intimiste. On a le sentiment d’être en compagnie du groupe au bord de la plage à la tombée de la nuit, c’est vraiment chouette. On appréciera enfin une belle reprise du groupe The Frantics avec l’extrait Werewolf en bonus B-Side.

En fin de compte, c’est un album de bonne facture. Worship the Sun confirme qu’Allah-Las a de la suite dans les idées grâce à des titres prenants ainsi qu’à une structure musicale relativement variée même si la ligne directrice reste toujours la même. À l’arrivée, il n’y pas de grande surprise ni de retournement. Ce n’est pas forcément un mal en-soi, bien au contraire ! On écoute leurs propres productions, ce qu’ils aiment écouter et faire pour leur plaisir et aussi pour le nôtre. Gare toute de même à ne pas finir par devenir lassant. Il n’y a qu’à constater comme une espèce de coupure à partir du milieu de l’album où notre attention peut être vite mise à mal en partie à cause des morceaux trop peu étoffés mais aussi à cause de leur emplacement cette fois-ci pas très judicieux. Tout l’enjeu réside dans le fait de maintenir cette originalité dans son travail mais surtout d’arriver à ne pas perdre le cortège en cours de route. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Marcus Bielak

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