Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

4200 likes « tout rond » sur la page Facebook au lever, un lundi matin, ça met le sourire. Et pour abreuver ces 8400 yeux, à moins qu’il y ait un nombre non négligeable de nos lecteurs qui n’en aient qu’un seul, je vais profiter de cet edito pour vous raconter la soirée de vendredi dernier, en rapport avec la surprise dont je vous ai parlé  la semaine dernière.

Vendredi soir donc nous sommes allés, avec Sylvain, rédacteur au PdR qui prépare la surprise et un très bon article sur le retour du shoegazing, assister à une soirée multi concerts. Ni un festival, ni un gros évènement, juste une petite salle que nous ne connaissions pas sur Toulouse, qui a à peine un an et a eu déjà quelques affiches sympas voir très attirantes (Thee Oh Sees, que je n’avais pas pu aller voir pour cause d’emploi du temps de malade). Cette salle, c’est le Metronum et ce soir-là elle accueille Eddy Crampes, Totorro, Matthew Caws et Laetitia Sheriff, ce qui n’est pas rien pour les deux derniers puisque Matthews Caws n’est autre que l’un des fondateurs de Nada Surf et de Minor Alps, son duo avec Juliana Hatfield (Blake Babies, Some Girls), et Laetitia Sheriff, en tournée en 2014 pour la sortie de son superbe Pandemonium, Solace and Stars, n’est plus une inconnue pour tous ceux qui trainent leurs Doc Martens sur les devants de scènes. Tout ça pour 6,80 euros…

metronum-toulouse

Vu que pour la surprise (que je vous annonce ici donc…), nous avions rendez-vous avec Laetitia Sheriff pour une interview qui devrait se retrouver dans nos pages et donc sous vos yeux d’ici quelques jours, nous sommes donc arrivés super tôt et après avoir eu un accueil très sympa de la part de sa manageuse ainsi que de l’artiste, nous avons assisté aux deux premiers lives de la soirée.

Eddy Crampes était pour moi un illustre inconnu et, avec le recul la raison paraitra évidente mais sur le coup… On se colle une sangria dans les pognes et on se rapproche de la scène de la petite salle (Music Box), faite pour des représentations principalement acoustiques. Son album est sorti en décembre et cet être, un peu dégingandé affichant une nonchalance non feinte, un peu comme si la dépression l’avait rattrapé à l’entrée de la scène, se pointe sur une estrade… vide, à part une chaise en bois trainant dans un coin et un drap blanc pendu au fond, cela ressemble au désert affectif d’un castor qui se serait perdu en Terre de Feu. Le premier morceau commence et une voix de basse chante sur un fond d’images très minimalistes. Nous savons d’ores et déjà que nous n’aimerons pas et pourtant un petit quelque chose nous retient devant cette mise en scène. Peut-être est-ce finalement le rôle que joue cet OVNI sorti de nulle part qui nous fera faire du karaoké, qui nous distribuera des morceaux de chiffons blancs (un drap de famille découpé d’après lui, dont il gardera le morceau non tâché pour lui-même, mais on s’aperçoit vite que l’énergumène a un sens de l’humour tout à fait succulent) pour effectuer une danse que l’on pratique en Amérique du Sud, le long de la Cordillère des Andes (d’après lui), en faisant virevolter un chiffon blanc avec la main donc. On a assisté aussi à un footing sur fond de rues défilantes, il n’est pas simple de chanter en courant mais Eddy Crampes sait tout faire je crois. C’est burlesque, digne parfois du mime Marceau avec des paroles. A la fin de la représentation on ne peut qu’applaudir la performance quand bien même ce n’est pas du rock et quand bien même ce n’est même pas quelque chose sur laquelle je poserais mes oreilles en temps normal. Mais ce gars est un phénomène.

Nous migrons, avec une seconde sangria, dans la salle voisine, plus grande et plus à même d’accueillir du son plus électrique. Et pour le coup nous sommes servis puisque ce sont les Rennais de Totorro qui s’occupent alors de nos oreilles. La salle a un super son, il n’y a pas beaucoup de monde et le devant de la scène est assez libre pour permettre aux gars munis de pass photo de faire leurs petites affaires sans déranger personne. Je fais de même.

Totorro

Totorro

Deux guitares, une basse, un batteur des plus étonnants, Totorro est une énorme surprise. C’est sans paroles ou presque, c’est énergique, on ne s’ennuie pas une seconde, ça part dans tous les sens, bref, un vrai bonheur de les découvrir. L’album est pourtant sorti en 2014 mais comme on ne peut avoir l’oreille à tout… J’ai loupé ce groupe que je mettrait éventuellement dans la case post-rock s’il le fallait, mais je vous assure que c’est vraiment pour les situer un peu. Ci-dessous je vous mets le clip que je trouve très sympa.

A la fin du set, nous revenons dans la petite salle et nous allons directement saluer Matthew Caws, ici sans Nada Surf, tout sourire devant sa valisette remplie des CDs de son groupe et de Minor Alps. On se présente, c’est un mec très open, on lui dit que l’on avait partagé une clope ensemble à la sortie d’un concert à Bordeaux au Krakatoa, il y a de ça… pffffiiiiuuuu… 20 ans. Il ne s’en rappelle pas, comment pourrait-il en être autrement, mais ça crée des liens de partager des souvenirs oubliés. On le libère pour qu’il puisse tout de même assurer son concert acoustique. Matthew nous a expliqué (ce qu’il fait au public par la suite) qu’il était en vacances et qu’il se produisait en solo dans de petites salles pour le plaisir d’arpenter les routes. Du Jack Kerouac en somme. Le set est un mélange de morceaux de Nada Surf et de quelques uns de Minor Alps. Nous avons même droit à un nouveau morceau du groupe, enregistré quelques semaines avant puisqu’ils sont actuellement en studio pour leur prochain album. En fin de set, Matthew nous sort un texte de son père et le lit, sans musique. Son père est prof de philo et le texte est donc assez profond tout en énonçant des vérités universelles sur lesquelles il fait bon de s’arrêter quelques instant de temps en temps. Ce texte sera incorporé, retravaillé, à une prochaine chanson. A la suite du concert, on se retrouve pour quelques minutes, nous aurions pu faire une interview sauvage, mais quelques personnes se pressent pour acheter des CDs et se les faire dédicacer, le temps d’une photo et nous cédons la place.

FullSizeRender-3

Nous sommes juste à l’heure pour Laetitia Sheriff, dans la grande salle, avec une sangria toute fraîche en main… Nous vous avions parlé de son album lors d’un Edito précédent, au moment de sa sortie. Laetitia est française et travaille avec du beau monde, mais je laisse ce genre d’info pour l’interview à venir pour vous dire ce que nous avons pensé du live. Si Sylvain avait déjà eu la chance de se coller devant la scène lors de son passage à Bordeaux (Iboat), juste après que tout leur matos ait été volé (nous avions relayé l’annonce de Laetitia sur notre page Facebook), je n’avais pour ma part pas pu apprécier le talent du groupe emmené par cette petite brune sympathique autrement que sur la galette. J’ai pris une petite claque. Très rock, très soft, deux guitares (Laetitia troquera parfois sa Danelectro baryton  pour sa basse mais rarement), une batterie et c’est tout, soit le combo rock parfaitement old school. La virtuosité du guitariste (qui enfourche sa Jazzmaster comme moi mon vélo…), son panel d’effets font que la scène côté gauche est très animée.

Thomas Poli (oeuvrant également pour Montgomery et collaborateur de Dominique A)

Thomas Poli (oeuvrant également pour Montgomery et collaborateur de Dominique A)

Le milieu de scène, légèrement en retrait est occupé par l’énergique Nicolas Courret (Eiffel). Le côté droit, quant à lui, est plus calme mais se pare de la très belle voix de Lætitia. Durant le set nous avons droit à un « poseur d’atmosphère » avec Where Is My ID (sorti de son Ep éponyme) en ouverture, suivi de morceaux du dernier album comme Opposite (magnifique sur scène), le très inspiré Fellow, l’entêtant Leaving Dead, le superbe To Be Strong,  et le planant Far & Wide. Les morceaux plus anciens (issus de son album Game Over sorti en 2008) se fondent dans l’ensemble d’assez bonne manière.

Laetitia Sheriff

Laetitia Sheriff

Nous voyons ainsi défiler Solitary Play, Hullabaloo, The Evil Eye. Nous n’aurons droit qu’à un seul morceau de son premier album, Codification, avec Aquarius et enfin Urbanism, sorti, comme l’ouverture de son Ep Where Is My ID. Une excellente performance entre rage et mélancolie, entre énergie et retenue. Lætitia se permettra même de descendre de la scène pour chanter parmi le public, peu nombreux mais acquis à la cause. La vidéo ci-dessous n’a pas été prise à Toulouse mais au Tetris, à Paris mais cela vous donnera une idée de ce que nous avons vu.

En fin de concert nous chanterons tous le « Joyeux Anniversaire » pour les un an du Metronum, belle salle toute neuve et dont la programmation est effectuée par un ancien lillois (et on sait que Lille est une ville très rock !) . Ce mini complexe a pour objectif d’être « LE » lieu ressource de toute la filière des musiques actuelles, avec des bureaux regroupant des acteurs culturels, des studios de répétition, une Music Box… Un chouette endroit en somme qu’il faudra surveiller.

Un anniversaire donc, un bon point final à cette soirée inattendue, puisque Sylvain avait arraché l’interview seulement quelques jours avant et que nous n’avions pas prévu de rencontrer Matthew Caws ce soir-là. Voilà, c’est fini pour aujourd’hui, dans la semaine vous aurez la review du dernier Björk et avec un peu de chance l’interview de Laetitia Sheriff. Bonne semaine à tous !

Greg Pinaud-Plazanet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s