Primavera Sound

Primavera Sound 2014 report

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Cette année encore nous avons décidé de couvrir le festival de Barcelone. Le Primavera Sound est un des plus gros festivals européens depuis 14 ans. Nous avions été gâtés l’an dernier avec une affiche tout bonnement énorme. L’édition de cette année proposait elle aussi des groupes d’envergure indiscutable. C’est ainsi que nous sommes partis avec Sylvain, le compagnon de toujours, vers le sud, le soleil et la mer pour aller voir des groupes comme les PixiesArcade FireQueens of the Stone Age et j’en passe tellement il y a de noms sur trois jours (plus de 120…). Le site est vraiment chouette et le festival est très populaire dans le milieu des festivaliers. Tout est organisé au millimètre, de la bouffe aux commodités. Il n’y a par contre aucune possibilité de camping sur place mais vu le nombre de pensions en ville et de campings à quelques kilomètres de là ainsi que l’organisation des transports en communs proposée par la ville… Inutile. Encore faut-il le savoir et faire ses réservations à l’avance… On a rencontré deux français sur place qui ne savaient pas. Heureusement ils ont trouvé de la place dans le même camping que nous, à quelques 30 km du site du festival (mais avec le train et le tram… c’est à une encablure à peine).

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Day One: Quelques jours avant le départ, nous avions appris qu’une Hidden stage, pas vraiment hidden puisqu’ indiquée sur le site, serait dressée. En l’absence d’autres options au moment où nous passons les portiques, nous avons décidé de commencer notre festival par là et voir Girl band, un jeune groupe originaire de Dublin. D’immenses filles en short moulants et talons aiguilles nous accueillent chaleureusement en nous proposant divers services comme faire une photo avec elles devant un mur siglé « Hidden Stage » et aux couleurs d’ Heineken, nous servir de guide le long des couloirs pourtant bien éclairés et sans bifurcations aucune, etc. Nous serions-nous trompés d’endroit ? Arrivés au bout du couloir nous nous collons à la scène. Le groupe entre sur scène et commence à jouer… Bien que certains journaux anglais ne tarissent pas d’éloges à propos de ce groupe et bien que nombre de spectateurs semblent apprécier le set, personnellement ça me fait saigner les oreilles… Pas de mélodie, un chanteur qui braille (aurait-il mal quelque part ?). Une fois nos oreilles suffisamment vrillées, on se décide à sortir vers l’air frais et le bon goût. Les hipsters restent (mais j’en parlerai plus tard).

Dès la lumière retrouvée, nous nous dirigeons vers la scène Pitchfork, à proximité et donc facile d’accès. L’ambiance y est planante avec les très aériens Wind Atlas. Une voix qui frise le Lisa Gerard Vocal et minimaliste… C’est loin d’être dégueu et ça arrive même à se hisser dans la lignée d’un Mount Eerie, vu ici même en 2013. Très sympa. De grosses reverb, des mélodies lentes et résonantes. On aime bien.

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Dans le public, on croise principalement 3 types de personnes: le rockeur dit « Old School » (t-shirt et jean noir, mal rasé ou pas); des nanas en shorts, tous plus courts les uns que les autres et enfin un tas de hipsters: fringues démodés et qui ont du mal à aller ensembles, blazer, coupe courte et étudiée et barbe taillée. J’ai l’impression de croiser une armées de clones de ces derniers, c’est hallucinant. De quoi rejouer Star Wars Episode II. Ils pourraient fonder une république indépendante ici tellement ils sont nombreux. A la fin du set, On migre vers la scène ATP, juste au-dessus, pour jeter un oeil sur Föllakzoïd. Son fourni mais répétitif. Un peu trop peut-être d’ailleurs. Mais pas dénué d’intérêt je pense. Je note, j’écouterai l’album pour m’en faire une meilleure idée.

A l’autre bout du complexe, sur la scène Heineken passe Real Estate, dont nous avons déjà chroniqué quelques albums dans nos pages . On est en territoire connu et dès le salut au public, les fans s’expriment. Leur musique va bien avec le temps, plein soleil sur le forum de Barcelone. Le soleil californien (ils sont en fait du New Jersey, leur musique est trompeuse…) s’invite. Très proches de Woods sans le côté psyché des derniers lp de la bande de Brooklyn. Un peu gentillet, mais c’est souvent de circonstance pour un Day One. On met des groupes qui amènent les festivaliers à entrer tranquillement dans leur festival. Real Estate, en dépits de ses impeccables albums et d’une fan-base bien présente ici, peine toutefois à conquérir le public.

Pit stop au stand Falafels végétariens en dégustant des Takoyakis (pâte à crèpes contenant des morceaux de poulpes, cuites en moule, comme les gaufres, c’est japonais comme son nom l’indique et c’est tout bonnement excellent!) en attendant de se faire servir. Oui, ici on est pour la mixité. D’ailleurs on traîne de temps en temps avec un Normand et un Nantais, c’est dire… Oui c’est ça les deux gars du camping, c’est bien vous suivez… On finit le tout devant le SONY set, oui le programme est ultra serré cette année… Dans les cinq minutes Midlake va démarrer. Je ne sais pas si c’est moi qui n’arrive pas à rentrer dans mon festival ou si les groupes, pour le moment du moins, me semblent plus intéressants à écouter sur disque que sur scène. Ou alors dans une salle de concert. Là tout me semble un poil mou. Le problème vient peut-être de la démesure du festival et du fait que je préfère les voir dans des endroits plus intimistes qui ont souvent l’avantage de bien rendre le son… La seconde moitié du set me donne finalement tort. La musique s’installe et emmène la marée humaine présente ici en cette fin d’après midi. Ça danse, ça bouge la tête. C’est bon, très bon.

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Vu que la scène qui nous attend ensuite pour Warpaint est juste en face, nous profitons du dernier morceau de Midlake sur le chemin. Dès que les 4 filles de Warpaint entrent sur le set Heineken, nombre de jeunes hommes les ovationnent. Qui a dit que Warpaint était une brochette de canons ? Heureusement elles ne sont pas que cela. Leur musique se déverse tel un alcool doux et rythmé sur la foule venue les écouter sur le front de mer. Saturation maîtrisée de bout en bout, rythmes qui font bouger, le set est impeccable. Les filles finissent leur live sur un cover de BowieAshes to Ashes, très fun, groovy et sensuel à souhait.

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On s’éclipse vers la scène ATP, à l’opposé sur le festival, pour une petite 1/2h de Neutral Milk Hotel et son folk coloré et dansant fait d’un bric à brac savant. C’est très bon et en plus ils font le show sur scène. le groupe n’est pas neuf, il date de 1989 et NMH n’a rien sorti depuis 1998, mais cela ne l’empêche pas de briller ce soir. Même si nous avons pu éviter au maximum les aller-retours, les jambes sont mises à l’épreuve d’entrée de jeu car la prochaine destination est le set Heineken pour Josh Homme et sa bande. Donc retour à l’autre bout du site…
Queens of the Stone Age a repeint tous ses ampli, moyens de sonorisation, flight cases et même ses tabourets en rouge. En attendant le début nous découvrons St Vincent sur la scène d’en face (SONY). Ça a l’air sympa: claviers, batterie, guitare et voix. Mode dépucelage  puisqu’ aucun de nous n’avait jamais écouté auparavant. La sono est d’excellente qualité et même si je n’achèterai pas je dois dire que c’est plaisant, là, tout de suite.
St Vincent se termine et quelques minutes plus tard, QotSA démarre fort. Le public est déjà acquis à la cause et nombreux sont ceux qui se précipitent au milieu, devant la scène pour sauter, lever les bras et scander les paroles. Ils mettent le feu. Ambiance top qui ne sera gâchée pour ma part qu’à cause d’un gars qui, où que je me mette, me souffle sa fumée de clope dans la gueule… En plus il allume la suivante avec la précédente… Ça me fout à la retourne. Je n’ai malheureusement pas de pelle sous la main pour lui déboîter l’occiput et aller l’enterrer sous le sable de la plage toute proche. Pendant que je m’imagine en train de lui faire tout ça, sur scène les Queens enchaînent leurs tubes comme les virages en épingle du col du Tourmalet. Très peu de dernier album au final mais quelle ambiance! Quel concert !

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Les suivants à passer ce soir sont les Arcade Fire… Je suis assez impatient de les voir sur scène car si j’aime le dernier album, je m’en ennuie très vite… Un homme tout de miroirs vêtu annonce le groupe. Une troupe bigarrée rentre sur scène sous les cris du public, nous savons déjà que ça va envoyer du bois. Et pour envoyer du bois, disons qu’il y en aurait bien assez pour replanter la forêt amazonienne… Ils balancent tous les titres avec un potentiel dansant de folie. Je suis obligé de m’éloigner de la scène car avec les mouvements de foule et l’odeur prenante de l’herbe, je risque de morfler. Je laisse donc Sylvain au beau milieu de tout ça mais le son est tellement bon sur cette scène SONY qu’être plus loin ne gâche rien, bien au contraire. Je suis plus serein, donc j’en profite plus. Des morceaux comme Joan of Arc et We Exist sont des killers. Beaucoup de percus sur scène mais une trop présente utilisation du steeldrum dont je n’aime pas le son si particulier, trop coloré, trop zouk pour moi. Sur certains morceaux où elle chante de vraies parties et non juste les cœurs, je ne suis pas convaincu par la voix de Régine Chassagne. Un peu trop criarde et fausse en solo je dois dire mais vu que c’est madame Butler à la ville…

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No cars go... Le dernier album n’est pas le seul à être joué ce soir et c’est tant mieux, cela me donne l’occasion de voir d’autres morceaux live, moi qui n’avais jamais vu Arcade Fire sur scène. Je ne suis pas déçu, Sylvain non plus. C’est un vrai gros bon groupe de scène et à fortiori de festival. S’ils passent près de chez vous cet été, précipitez-vous, c’est à vivre. Bientôt 2h00 du mat, le temps de passer dans les stands de vinyles (Rough Trade plus divers indé) et on se met en route vers un repos bien mérité.

Alors que Day One était plutôt ensoleillé, le lendemain, durant la visite du Palau Guell (oui, nous ne nourrissons pas notre esprit qu’avec de la musique, nous sommes sensibles à d’autres formpes d’arts aussi) nous apprenons que la terrasse est fermée pour cause de pluie… Cela augure du pire pour la soirée à venir. Heureusement, j’avais prévu le poncho dans le sac mais je pense qu’il va falloir en trouver un pour Sylvain… On se laisse entraîner par des amies à moi sur la Plaça Reial et on squatte à l’Ocaña pour s’enfiler café, thé, chocolat épais, bière et quelques Pimiento de Padrón.

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L’orage calmé, on s’enfuit vers la station de Metro la plus proche, en faisant un crochet par Decathlon, car Slowdive ne nous attendra pas. Arrivés sur place le ciel s’est entièrement dégagé. Slowdive, au contraire de ses membres (on en passe tous par là), n’a pas vieillit. La densité du public est plus qu’honorable et le shoegazing coule à flot. Avec l’expérience ils ont arrêté depuis bien longtemps de regarder leurs chaussures en jouant et enchaînent tranquillement leurs morceaux, c’est toujours aussi prenant. On ferme les yeux et on se projette volontiers dans la pénombre des rues de Barcelone, parcourues plus tôt dans l’après midi, on prend de l’altitude, on flotte au dessus des toits, on effleure les quelques nuages qui veillent sur cette magnifique ville. Plus tard, on ne tarde pas à traverser l’étendue quelque peu détrempée pour se poster près de la scène où vont se produire les Pixies 10 min après la fin de Slowdive. On anticipe la cohue.

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Franck Black entre sur scène et le public hurle déjà. C’est le moment de découvrir la nouvelle bassiste puisque celle que nous avions pu voir à l’oeuvre au sein du groupe lors de leur passage à Toulouse, fin d’année dernière, a été virée. Les voix ne s’entendent pas assez à mon avis mais chez les Pixies les textes ne sont bien souvent qu’une façon d’habiller un peu leur musique qui reste le principal centre d’intérêt du groupe. Si quelques fanboys/girls souhaitent m’envoyer des lapins crevés virtuels, l’adresse mail est dans les contacts du site. Ils n’auront qu’à relire quelques textes sans queue ni tête de la grande époque, pour mémoire. Pour autant l’ambiance est explosive et ça pogote sévère juste devant un Franck Black qui cabotine, certes, mais qui cabotine bien. Il met un moment mais on voit qu’il commence à s’amuser sur scène. Contrairement à Toulouse où même si c’était sympa, la salle n’a pas chauffé, du coup le groupe non plus, comme souvent avec le public français. Si vous pensez que je blague c’est que vous n’avez jamais vu de concert à l’étranger… et inutile de crier des « Ouuuuuh Ouuuuuh » indignés dans les rangs du fond là… Réservez-vous pour les concerts parce qu’on a cette froide réputation, oui messieurs-dames!

Les grands classiques appartenants encore à Franck Black passent au grill et c’est bon. Vraiment bon. Même Sylvain à côté de moi et d’habitude si calme, se permet de reprendre les chansons en chantant à tue-tête (d’où l’intérêt  d’avoir un ex chanteur dans les amis que l’on emmène aux concerts…). Presque une heure et demi de bon live. Seuls les nouveaux morceaux ont du mal à nous convaincre Sylvain et moi mais la foule, elle, semble y être plutôt réactive.

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The National enchaînent presque immédiatement derrière les Pixies sur la scène d’en face. Nous sommes un peu plus éloignés de la scène mais SONY (non, ils ne nous paient pas pour faire leur pub, mais s’ils le désirent ils peuvent toujours nous envoyer un chèque, ce sera toujours utile…) a fait les choses en grand en mettant des écrans géants avec une superbe image et surtout un minimum de délai dans la retransmission du son. Bon show, très visuel. L’arrière scène a un rendu magnifique grâce au défilement d’images en haute définition. Le chanteur nous assène ses textes torturés comme s’il les vivait sur scène.

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Au bout d’un moment j’arrive tout de même à trouver leurs morceaux un poil répétitifs et propose à la troupe d’aller jeter un œil sur la fin de Darkside sur la scène Ray-Ban. Sylvain nous trouve même un coin où poser nos fesses sur le grand amphithéâtre à ciel ouvert qui fait face à la scène. Mélange d’électro et de guitare, il y a parfois un petit côté Pink Floyd à mon sens (et Sylvain me dira la même chose après le concert). Noyés dans un bleu légèrement enfumé, les nappes de claviers et le motif répétitif de la guitare emmènent le public jusqu’à l’abandon. Ça danse, se déhanche, ça lève les bras en formant des vagues abstraites. Il y a comme une analogie avec la mer qui nous observe depuis l’arrière de la scène mais qui, peut-être trop timide, reste tapie dans l’obscurité (oui, nous sommes poètes aussi parfois…).

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Last Day… On rejoint un couple d’amis pour aller se faire des tapas au Mercat Princesa. Je sais que vous n’avez sans aucun doute rien à faire de ce que nous avons fait durant la journée mais il se trouve que c’est une excellente adresse si vous passez à Barcelone (oui, nous pourrions aussi faire agence de voyage à l’occasion). Arrivés sur le site, on tombe accidentellement sur deux Redbull sugarfree (boisson médicale qui sert à guérir les courbatures et à garder les yeux ouverts plus longtemps) et, en face, sur la scène Rayban, un groupe sympa que nous n’avions pas prévu de voir: Islands. C’est frais, c’est assez différent d’un morceau à l’autre, bon hasard pour nous mais nous devons nous translater vers la scène SONY pour Television qui nous rejoue son Marquee Moon, leur premier album sorti en 1977, en intégral et ça… On ne va pas rater ce bon vieux Tom Verlaine, ça non pas question ! C’est tout de même un pan de l’histoire du Rock ce mec-là… Sur scène, ces messieurs font eux mêmes leurs balances, comme des grands pendant que le concert en face (Jonathan Wilson) continue. Ils jamment tranquilou, c’est un bon petit moment de Rock je dois dire. Le concert débute. Petit problème de subwoofer, trop fort semble-t-il. Tom a du mal à chanter avec ça en retour direct. À la fin du morceau, l’ingé son se fait donc expliquer les choses de façon courtoise, Tom revient, s’excuse pour l’interruption et enchaîne le morceau suivant. Je suis scotché par le nombre de jeunes qui sont là, dans ce public. Ils n’étaient pas nés lorsque Television sévissait dans l’underground du pré-Punk Rock. Moi-même je ne les ai écouté que vers le milieu des années 80 car à 6 ans (en 1977), je n’étais pas encore versé dans ce type de musique… Le passage de témoin a l’air de se faire plutôt facilement, c’est chouette. En tous cas les 4 papys offrent une sacrée résistance ce soir. De bons solo de Verlaine, un accompagnement sans le moindre accro de la part des autres. Television is alive and well, thank you!

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À la fin du set, juste en face commence le set de Spoon. Nous ne connaissons pas et décidons d’aller y jeter une oreille car il n’y a pour le moment rien d’autre de bien excitant sur les autres scènes et nous avons un peu de temps à tuer avant Connan MockasinCloud Nothing, Mogwaï et Ty SegalSpoon, pour moi souffre d’une comparaison possible avec Franz Ferdinand. C’est dommage car c’est carré avec les coins qui piquent, on bouge facilement la tête pour les accompagner mais voilà quoi. Ça me déboite pas les pattes. On décide donc, avec deux autres compatriotes rencontrés sur place (le Normand et le Nantais, je précise pour ceux qui ont été largués en route), d’aller au hasard des autres scènes voir ce qu’il s’y passe. Le site et grand et promet, au pire, du choix.

Dënver sur la scène Adidas… Un duo clavier-guitare pas convainquant du tout. Tout est noyé dans de grossières nappes de synthé et la voix fait trop Eurovision. On passe. Hospitality sur la scène Vice, face à la mer, mais ce n’est pas suffisant pour nous emporter. Le quatuor est plutôt pop, le son est bon mais ça manque de quelque chose et ce manque leur fait cruellement défaut. Je trouve qu’il y a un petit coup de mou dans la prog à cette heure-ci. Nous n’avions pas ressenti ça l’an dernier. D’habitude il y a toujours une scène qui cartonne, c’est comme cela qu’en 2013 nous avions découvert Deer Hunter. Là on a droit à un « ersatz des Breeders mais en moins bien«  comme dit Sylvain.

Après un petit moment Connan Mockasin et son univers un peu à part prend possession de la scène Vice. Une tignasse platine sous un foulard coloré, une annonce pour le psychédélisme qui est à suivre. Ça commence avec un petit rythme lent et un solo tout en bulles d’eau (bonne reverb…). On va voir ce que ça donne car si l’album Forever Dolphin Love m’avait bien accroché, j’avais eu un peu de mal avec le suivant (Caramel).

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Mais comme Cloud Nothing est à suivre, nous restons, non sans une pause hamburger/hot dog pour Sylvain et Martini pour moi. C’est qu’il faut aussi se sustenter, les nuits sont fraîches. Ambiance très sous marine sur scène, baignée de bleu. La voix de Mockasin est spéciale. On aime ou on aime pas, c’est strident tout en étant soft. Bientôt la tignasse blonde se libère du foulard et le set prend une direction plus appuyée. Je commençais à m’ennuyer, ça tombe bien. Parfois cela reste un peu expérimental, limite conceptuel, Mockasin est connu pour être dans un monde un peu différent du nôtre. Ce soir je trouve quelques morceaux très groovy aussi et écouter ça, bien calé sur une banquette en cuir au fond d’un club m’aurait tout à fait convenu, là… non. D’autres subissent des envolées, d’autres encore un minimalisme décharné, de sa part. Je suis assez déçu au final car le set est longuet tout de même. On n’est pas dedans là. On attend patiemment Cloud Nothing qui devrait nous foutre un bon coup de pied au cul. À la fin du set, le public n’étant pas tout à fait le même, une place juste devant la scène nous tend les bras, nous n’avons même pas besoin de tailler dans la foule ou de nous frayer un chemin à coups de machette, voir de tronçonneuse. Straight away!

Dès la balance on sait qu’on va prendre du son pleine poire. Si l’an dernier Thee Oh Sees avait remporté haut la main l’oscar du meilleur pogo, cette année c’est Cloud Nothing qui décroche le titre. 1h de pogo quasi non-stop avec diving en pagaille. Il faut dire que le Noise Rock du trio originaire de l’Ohio est propice à ces choses-là. Le set est excellent bien que les voix auraient mérité un meilleur traitement sonore mais vraisemblablement, sur la scène Vice, plusieurs artistes ont eu quelques soucis. L’ivresse et la liesse étaient là en tous cas. J’ai les oreilles qui sifflent à la fin du live…

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A la fin du set on remonte vite le grand escalier central vers la scène ATP pour Mogwaï. Gros son, prestation sans faute mais je préfère au bout d’un moment profiter du son que procure l’éloignement de la scène et abandonne donc Sylvain devant le groupe. Je ne trouve rien de bien spécial à Mogwaï sur scène mais c’est assez cool de pouvoir les voir en vrai faire leur mixture progressive en live. Un final un peu cheap qui s’éternise dans un bourdonnement inaudible et continu de sept minutes…

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Il auraient pu mieux faire surtout que cela nous a fait louper la fin de Ty Segal sur une scène en contrebas… Dommage car nous aurions préféré un meilleur final à notre festival… Il est temps pour nous de lever le camp et de retourner à la civilisation… On bosse demain !

Sur tous les écrans du festival a été annoncé la quinzième édition du festival pour l’année prochaine, d’habitude nous repartons du festival avec le premier nom, mais là… rien. A n’en pas douter il y aura pour cet anniversaire, de belles surprises. Il nous tarde déjà d’en apprendre un peu plus !

Greg Pinaud-Plazanet

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