E (Mark Oliver Everett)/Eels

Eels: Le repos du guerrier

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Il y a quelques jours, nous étions le 14 mai. La nouvelle tournée US et européenne d’Eels venait de débuter. Mr E., comme il me plaît de l’appeler, et ses compères avaient choisi la ville de Phoenix pour présenter leur 14ème album : The cautionary tales of Mark Oliver Everett, sorti le 22 avril dernier.

Oui, ce sont bel et bien 13 petites histoires que Mr E. nous raconte tout au long de cet album. De petits contes musicaux qui nous ramènent des années en arrière, à la fraîche époque de Daisies of the galaxy, le 3ème album du groupe. Un retour aux sources musicales dirons-nous. Exit les traumatismes subis tout au long de sa vie (décès brutal de son père d’une crise cardiaque, suicide de sa sœur puis décès de sa mère des suites d’une longue maladie) qu’il a pu nous transmettre au travers d’ expérimentations musicales torturées de certains albums et qu’il a traîné durant des années.

Avec ce nouvel opus, le « guerrier » se repose enfin. Tout en continuant à nous faire entrer dans son intimité bien sûr (notamment les erreurs qu’il a pu commettre dans sa jeunesse) , mais bon dieu comme c’est frais et généreux musicalement! Toujours aussi mélodique, cette fois-ci c’est clair, ça coule d’un morceau à l’autre. C’est abouti. Pas de gris, pas de noir. Ça s’écoute tout seul et c’est reposant pour nous aussi. Je n’aurai pas dit mieux que certaines presses. Pour n’en citer que quelques-unes, retenons MOJO qui se fend d’un « Majestically constructed », le NME  qui titre « Stripped back, raw and deeply personal », STACK qui écrit: « Captivates the imagination at every turn » et la meilleure pour la fin vient de DROWNED IN SOUND: « There is something rather special in theses cautionary tales, something that all of us can learn from »

Sur ce coup là, Mr E a eu droit à son festival d’éloges et il le mérite largement. Dès le 1er morceau, les fans de la 1ere heure se rendront compte de suite que les cuivres reviennent en fanfare et qu’ils sont, savamment mélangés à un patchwork instrumental où se côtoient piano, violoncelles, flûte et j’en passe, de toute beauté. On n’attend plus que la voix de Mr E. Et encore, est-elle nécessaire pour ce morceau d’intro? Cette entrée en matière est juste sublime. Elle plante le décor et ouvre réellement sur une série de petits contes musicaux qui vont se révéler à nous tout au long de l’écoute. 

Du coup, écouter cet album est une véritable invitation à la balade. Il vous prend par la main d’histoire en histoire, de mélodie en mélodie, d’univers en univers. C’est un peu comme se balader dans ses propres souvenirs comme il le fait avec les siens grâce à de magnifiques mélanges instrumentaux, formidablement orchestrés. Ils sont subtils et tiennent une place importante quoique très différents à chaque nouveau morceau. Ces histoires sont donc de vraies pépites musicales en tout genre: ambiance, décor, univers… Tantôt on part pour une chevauchée country folk avec Where I’m from, puis d’un coup, on se perd dans la mélodie mystérieuse de Series of misunderstandings. A écouter cette chanson d’ailleurs, on pourrait s’imaginer perdu dans un labyrinthe ou bien en train d’ouvrir une boîte à musique pour y contempler une gracieuse petite danseuse tourner sur elle-même pendant des heures. Tandis que Lockdown Hurricane incarne l’exemple parfait d’une vraie fanfare d’instruments, Swallow in the sun, au contraire trouve sa cohérence sur un choix plus dépouillé où un seul accord de guitare accompagne la voix brute de Mr E. Sur Gentlemen’s choice, il ne manque plus que le grincement de la balançoire, installée devant une typique maison américaine, sur laquelle on se pose le soir pour regarder la lune se noyer dans un ciel noir d’encre.

Le travail est parfait : les compositions sont justes et simplement racontées sans détour ou torture, les différentes mélodies plantent le décors de chaque morceau. Cet album nous transporte. Il invite au voyage, à la rêverie. Et alors avec le single Mistakes of my youth, quelle belle claque musicale ! La claque qui vous replonge dans les souvenirs de votre jeunesse, vos regrets, vos erreurs… avec un certain recul. Les petites leçons de Mr E. sur la vie, ça paraît un peu étrange non?

Et bien moi, je dis merci à ce bonhomme de 51 ans pour ces 13 petites histoires si joliment racontées 20 ans après ses débuts. Merci de nous avoir permis le temps d’un album de rouvrir notre album à souvenirs et ses vieilles photos passées que l’on feuillette. Ça nous fait un bien fou et je crois bien que cela doit être partagé étant donné la justesse de l’ensemble. Nous avons affaire ici à un artiste, certes au passé douloureux (et qui se le traînera jusqu’à sa mort) mais libéré, grandi et qui a enfin su tirer les bienfaits de ses années noires et nous les retranscrire sur des bases pleines d’optimisme. L’artiste semble prendre un nouveau départ avec ce « repos » bien mérité. Et il n’hésite pas à le faire savoir à son public semble t’il puisque même sur scène, les journaux semble décrire un personnage plus ouvert à son public.

Alors si vous ne me croyez pas, allez voir cela par vous-même lors de son passage en France. Vous n’aurez que 2 occasions : le 10 juillet à Paris, à l’occasion du Days off festival ou bien le 11 juillet au Bikini à Toulouse. Cela vous laisse le temps de vous plonger dans les 13 petites histoires de Mark Oliver Everett !

Sabrina Cirillo

Une réflexion sur “Eels: Le repos du guerrier

  1. Belle belle chronique et pourtant je l’avoue, je trouve ce disque plein de qualités mais… je finis par m’ennuyer en l’écoutant, étrange. Trop soyeux peut être… 😉

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