The Strypes

Live Report – The Strypes @Le Grand Mix Tourcoing

The Strypes sur scène : les Seventies réincarnées

Il y a presque six mois, Le Peuple du Rock vous parlait du premier album d’un tout nouveau phénomène: The Strypes. Quatre gamins irlandais, d’une moyenne d’âge de 16 ans, à l’époque, faisaient irruption dans le milieu du rock avec un rythm & blues étonnant et fantastiquement vivifiant. Mercredi 23 avril, The Strypes est passé faire un tour au Grand Mix à Tourcoing (région Lilloise) pour un concert des plus mémorables. Mon oreille droite en siffle encore. Certes, c’est un peu inquiétant. Cela fait quelques jours que le concert des jeunes Strypes a eu lieu et je dois avouer que je n’en suis toujours pas revenue.

Une heure avant le concert, la salle du Grand Mix est déjà prise d’assaut. Le public a l’air d’’être de tous âges, de 15 à 60 ans environ : la musique des Strypes semble combler le fossé générationnel que l’on connaît habituellement dans ce genre de concerts. Le Grand Mix n’est pas une grande salle en soi. Sept cent places tout au plus. A hauteur d’épaules, on peut toucher la scène si on tend le bras. Evidemment, ici, s’assoir n’est pas une option. Tout le public ou presque boit de la bière pendant la première partie assurée par les Lillois de Shadow Motel. Si la qualité du son laisse à désirer, ce trio indé, un peu psyché et largement orienté électro semble avoir un bon potentiel. Nous en avions d’ailleurs parlé sur le PdR.

Après cette courte première partie, la foule se resserre près de la scène. Quelques apprenties groupies crient déjà, un couple de quarantenaires s’embrassent goulûment pendant que quelques photographes de concert cherchent un spot sympa. Puis les lumières s’allument et apparaissent sur scène, quatre adolescents, l’air chétif et sapés comme des mods. Dieu, qu’ils sont jeunes ! Josh, guitariste, mâche du chewing-gum et exhibe sa magnifique guitare blanche, Ross, au chant et à l’harmonica, arbore toujours des Wayfarer noires et une mine on ne peut plus détachée. En une seconde, ils attaquent à coup de riff cinglants et de rythmes bruyants, ce qui semblent être une reprise, impossible à reconnaître (le son n’est pas encore tout à fait réglé.) Ils enchainent tout de suite avec I Can Tell. Le public s’enivre de ce rock’n’roll joué avec une énergie caractéristique à la jeunesse affichée par les Strypes. Le ton de la soirée est donné !

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The Strypes, on le sait, joue du rythm’n blues, le fait brillamment (et bruyamment). Une musique dites «de vieux», interprétée par des adolescents qui portent des chemises col haut à trois boutons et attachent des pins au revers du veston, plutôt que casquettes plates et sweats à capuches : on pourrait croire à une vaste fumisterie. Mais il n’en est rien. Les p’tits gars de The Strypes ne sont pas seulement d’excellents musiciens, ils sont de véritables monstres de scène. Chacun possède un charisme étonnant pour leur âge : Josh, grand bavard, ne cesse de parler au public en anglais avec un accent irlandais à couper au couteau. Ross entraine la foule à taper des mains, et à chanter. Si Evan reste discret au fond de la scène sur sa batterie, il se démène comme un diable. Tous possèdent une aisance déroutante. (Rappelons qu’ils n’ont en moyenne que 18 ans !)

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Ils font danser tout le public (très vite transformé en une  vague géante de pogoteurs) sur les perles de leur album Snapshot. Ainsi s’enchaînent Blue Collar Jane, Hometown Girls, Mystery Man, What A Shame… Sans oublier leurs fameuses reprises : Heart Of City et Can’t Judge A Book By The Cover. Ils s’essoufflent pas une seconde tout au long d’un set sans temps mort, ce qui rend le spectacle à la fois ahurissant et débordant de vivacité grâce notamment aux jeux de scène : ils adoptent une attitude arrogante assumée, qui se révèle très vite faite de faux-semblants, le groupe étant tout sourire et proche du public. Lors du très langoureux blues Angel Eyes, la scène se fige au moment où devait retentir le solo du guitariste Josh, laissant le public affamé et en proie aux montées d’hystéries. Pete, bassiste, s’amuse à rester au bord de la scène sans bouger, telle la statue d’une quelconque idole religieuse, tandis que la foule ne cesse de les acclamer et de réclamer la suite. Faire languir le public, jouer aux stars, ces jeunes prodiges ont l’air maîtriser parfaitement l’art de la scène. Au cours du concert, ils présentent deux de leur nouveaux morceaux Hard To Say No et I Don’t Want To Know toujours dans la même veine speed blues.

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Trois guitares différentes et quelques échanges d’instruments plus tard, les lumières s’éteignent, induisant le rappel. A leur retour sous les acclamations, tout passe trop vite, la salle est en transe jusqu’à la note finale, Josh jette sa guitare et tous les quatre repartent le dos courbé, tels de vraies rock stars chevronnées. Ce soir-là, nous avons revécu les Seventies sur scène.

Je terminerais en disant simplement que toutes ces lignes n’arrivent pas à dépeindre fidèlement mon véritable ressenti de la soirée. Trouver les bons mots relève souvent du défi et je n’ai au final qu’une chose à conseiller : courrez voir The Strypes en concert, le talent qu’on leur attribue est bel et bien fondé.

Juliette Geenens a.k.a Vodoo Kid

5 réflexions sur “Live Report – The Strypes @Le Grand Mix Tourcoing

  1. A reblogué ceci sur It's a long way to the top…et a ajouté:
    The Strypes, c’est mon groupe coup de cœur depuis l’an dernier. A seulement 16 ans, ces p´tits irlandais de Cavan font l’unanimité chez les critiques. Je n’ai son pas hésité une seconde à passer ma soirée au Grand Mix à Tourcoing pour pogoter sur leur ryhtm´n’blues enflammé !
    Je vous livre ainsi dans le Peuple du Rock, un live report dont les mots employés sont encore faibles en comparaison à l’inoubliable concert auquel j’ai assisté.

  2. C’est pas le rock des seventies mais plus des fifties-sixties….
    Le plus vieux a 18 ans donc pas en moyenne 16 …

    • Bonjour, certes le plus vieux est né en 1995 et le plus jeune vient de fêter ses 18 ans en février. Par contre pour les influences je ne suis pas d’accord avec vous. Ils se réclament eux mêmes comme influencés pas les Stones, les Yardbirds et Dr Feelgood, donc milieu 60 à fin 70… Car même si les Yardbirds ont existé entre 62 et 68 seulement, leur musique était en avance et les deux autres grosses inspirations sont plus typées 70. Leur musique est plus typée 70 que 60. A quelques années près, ceci n’est qu’un détail qui tient d’une opinion personnelle cependant.

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