Go Baby Go

Go Baby Go: Toulouse n’est pas rose, elle a la couleur du Rock. Groupes amateurs, naufragés ou espoirs du rock ? (Episode 3)

Aujourd’hui nous continuons notre série d’interviews de groupes sous représentés artistiquement, en gros des inconnus des grands circuits. Le mois dernier, le PdR s’entretenait avec une bande de bad boys plutôt sympa: Les Go Baby Go.

PdR : On va tout d’abord commencer par faire les présentations, vous êtes les Go Baby Go, groupe toulousain de bon gros rock, vous êtes un club de cinq n’ayant rien à voir avec celui d’Enid Blyton :

Go Baby Go : Oui, il y a Franck, voix des Go Baby Go, ex-DHARMA qui est un groupe qui a fait pas mal de premières parties et qui a déjà gagné des contests, Jérome est à la guitare (ex ANTIDOX, pop rock français), Julien s’occupe de la basse (3 BAD PIGEONS), Alain est notre batteur (on en recherche un nouveau), absent pour l’occasion (MANROSE) et enfin Fred, guitare, à forte tendance métal extrême (HERESIC SYNOPSIS).

PdR : D’où vient le nom de Go Baby Go ? Y a toujours une histoire sympa en général derrière un nom…

Go Baby Go : Ça vient d’un film, 60 Secondes Chrono avec Nicholas Cage. C’est dans la scène de poursuite dans le lit de la LA River, quand il est au volant d’Eleanor.  A un moment, il allume le Nitro et sur son levier de vitesse, il y a un bouton pour l’enclencher et il est inscrit Go Baby Go… On a trouvé que cela faisait un bon nom pour un groupe et en même temps il y a une référence. Sinon on vient tous d’univers assez différents mais toujours rock à la base. Du coup, chacun apporte quelque chose. Si les riffs peuvent être assez lourds, Frank, qui est un grand fan de U2, apporte une certaine mélodie dans le chant, c’est la première fois que je trouve ça chez   une personne. Cela permet de faire quelque chose d’un peu différent.

PdR : Tiens justement, en parlant du chant, je trouve les textes assez chargés de sens, c’est plutôt inhabituel dans ce style de musique…

Go Baby Go : Ah c’est clair, c’est pas « j’ai rencontré une fille avec les cheveux blonds »… Nous essayons de parler de choses un peu profondes, même si nous n’ en avons pas l’air comme ça… On écrit en anglais principalement mais quelques textes sont en français, voir même les deux en même temps sur le même morceau comme dans Promises par exemple. Et puis quand on écoute la musique qu’on fait, l’image que l’on a est plutôt très éloignée des trucs un peu légers…

(Jérôme passe aux choses sérieuses et demande si on veut boire un coup… En plus le club des 5 est serviable…)

PdR : J’ai passé pas mal de temps ces deux derniers jours à écouter votre Ep quasi en boucle pour me préparer et je dois dire que je suis assez surpris de la qualité professionnelle de l’enregistrement, là aussi, je ne m’y attendais pas spécialement…

Go Baby Go: L’enregistrement de l’Ep s’est fait au studio Elixir à Toulouse avec un super ingé son (Boris) et le mixage/mastering au studio La Vision du Périscope à Nérac. C’est très propre car on a travaillé pour l’occasion avec Michel Françoise, bras droit de Francis Cabrel. Il est donc très inséré dans le circuit, il bosse sur Nérac donc en plus c’est pas trop loin. C’est une personne qui a toujours été à notre écoute, patient, et avec qui on a eu un très bon feeling, il fait un super bon boulot… On lui dit un truc, il nous comprend de suite. Il nous a appris pleins de choses en plus. Sur le prochain on espère remettre ça. Boris sur le premier Ep avait aussi fait un très bon mix mais là on a eu un mastering en plus et ça change beaucoup de choses en terme de produit fini.

PdR :  Combien  coûte aujourd’hui un Ep de 6 titres ?

Go Baby Go : Et bien la journée de studio à 250 euros puis environ 70-100 euros par morceau, en comptant le mastering, donc autour des 1000 euros quoi… On compte là juste l’enregistrement. Après si tu veux sortir un  disque autre que dématérialisé, faut rallonger…

PdR : Le fait de faire des formats Ep ne va-t-il pas vous empêcher de passer à un album ? De plus un Ep à 6 titres, c’est vraiment pas loin d’un album, c’est une question de prix ?

Go Baby Go : On s’était posé la question mais on se dit que tant que l’on n’est pas signé… l’Ep en démat coûte quelques euros. Mais on va devoir passer en matérialisé  pour le  présenter aux labels… Sinon on t’écoute pas, pourtant on en vend du démat sur les plateformes, y a donc un marché important… C’est un peu paradoxal du coup.

PdR : Le souci aussi c’est que vous vous managez tout seuls, et pour ce genre de démarche c’est un boulot à plein temps.

Go Baby Go : On a passé des annonces, mais souvent les gars, des connaissances parfois, bossent à côté donc ont peu de temps au final à consacrer à cette activité de représentation. Mais en France, le mode de gestion de la musique est compliqué. On est très formatés ici, regarde les Victoires de la Musique, si t’es pas pop, t’es mort. Dans les autres pays d’Europe, les gens sont moins regardant sur le style, ils savent manager autant des groupes de pop que de Rock plus dur. Mais y a aussi le look qui compte, on s’habille comme des rockeurs parce que c’est nous, ça nous ressemble, on ne se déguise pas. On est sans doute pas très formatés par contre c’est un fait. Kyo pour moi c’est de la merde empaquetée dans de l’aluminium. Looké… mais tu te pisses dessus quand tu écoutes.

PdR : De la popinette… ça me rassure de pas être le seul à penser ce genre de truc sur eux alors qu’ils cartonnent dans les charts…

Go Baby Go : Empyr, c’était mieux quand-même…

PdR : Mais ça n’a pas duré longtemps…

GBG

Go Baby Go : La question est : Est-ce que ce sont les maisons de disques qui les ont formatés comme ça ou c’est eux qui se sont conformés au courant montant pour pouvoir émerger. Quand tu vois « quand y pète il troue son slip » qui est devant Daft Punk, tu prends peur…

PdR : Sébastien Patoche Oui, grand bonhomme de la radio que je n’écoute d’ailleurs pas… J’ai entendu ça à la radio ce matin et je pensais vous demander ce soir ce que vous en pensiez tellement ça me parait ridicule, et puis durant la journée j’ai abandonné l’idée… mais là c’est toi qui remet le couvert donc ne nous privons pas…

Go Baby Go : Non mais c’était pour souligner le fait qu’on a l’impression que l’industrie française du disque part en sucette. Sur les  festivals, on a croisé des putains de groupes qui musicalement sont monstrueux et t’en arrives à te demander pourquoi ces gars-là ne sont pas sur le devant de la scène… Après il y a les modes qui  nous font beaucoup de tort. Et là je reviens à ce que je disais tout à l’heure sur les Victoires de la Musique, quand tu vois un groupe comme La Femme, biens lookés, propres sur eux… le mec chante faux, la nana fait trois notes durant tout le morceau… A un moment donné, il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. A côté, tu as  un tas de groupes qui ont vraiment du talent qui galèrent. Imagine un groupe qui a envie de s’amuser, de faire des dates avec des gens sérieux… Heureusement sur certains petits événements, on est super bien accueilli, on demande pas à remplir des Zéniths mais ProgrèsSon (asso) par exemple, ils sont au top ces gens qui prennent des groupes comme nous au sérieux.

PdR : C’est quoi leur rôle exact à ces assos justement ?

Go Baby Go : De faire jouer les groupes toulousains et extérieurs dans de bonnes conditions dans des salles assez sympas comme le Connexion, la Dynamo etc. Bientôt, il  y aura la Semaine du Rock et si tu es un groupe qui perce pas trop, ces assos organisatrices d’événements permettent à ton groupe de jouer devant des salles combles. Quand tu es seul, ce n’est  pas si évident Alors bien-sûr les gars présents, ne sont pas venus que pour toi  mais au final cela te donne une chance de les toucher; Et peut-être qu’en repartant, ils auront entendu un truc qu’ils auront apprécié. Y a aussi Le Lapin Noir,  plus discret sur Toulouse car plus alternatif et plus métallique mais qui est bien aussi.

PdR : En regardant les liens que vous m’avez fourni, je n’ai pas vu de logo ou de signe représentatif du groupe. Les groupes comme vous ont souvent un logo, vous avez le vôtre ?

Go Baby Go: Pour déconner, faut pas trop nous en promettre, on part vite. On avait un logo Ferrarri, un beau cheval cabré avec un slogan « Bouffez des lasagnes » la dernière fois… L’année dernière, on avait choisi une banane. On avait tous une banane collée contre la tempe avec le générique de Top Gun en intro du concert. On est des grands fans de Top Gun…

PdR: Ah ouais vous êtes des chauds vous ! (rires)

Go Baby Go : Ouais on a tous 30 balais passés, on a envie de déconner, faut rester les pieds sur terre. On est sérieux dans le boulot mais faut se lâcher aussi. L’année dernière on est parti jouer au Sud Rock Star Festival dans le 65, bon le public c’était des arbres, y en avait 6, c’était Woodstock le truc, incroyable… Non mais le pire c’était en partant à Luchon ! Mais n’enregistre pas ce qui va suivre par contre…

PdR : Ok, j’arrête l’enregistrement. (Ndlr: c’est con je l’ai vraiment arrêté, ça valait le coup…)

Go Baby Go: Bon sinon pour en revenir à ce dont on parlait juste avant de dériver, donc on est pas représentés… on a pas peur de passer au cran supérieur et de se brûler aux feux de la rampe, on est pas un groupe de jeunes, on a tous la trentaine en moyenne, plusieurs groupes à notre actif donc… Par contre si on devait partir faire une tournée, j’aurais peur de pas revenir vivant…

PdR : Vous travaillez tous en parallèle au groupe ?

Go Baby Go : Oui oui on a tous un boulot, moi (Jérôme) je conduis les bus chez Tisseo, Franck bosse dans la restauration, Fred est administrateur réseau pour la mise en presse et Julien est boulanger.

PdR : Si jamais un jour ça décollait pour vous, vous envisageriez de tout lâcher pour entrer complètement dans l’aventure ?

Go Baby Go: Franchement : oui. Uniquement pour le vivre une fois. On met sa vie entre parenthèses et on vit à fond. Si tu veux bosser, un boulot ça se trouve. Je suis ébéniste de formation et je suis devenu  administrateur réseau à force de rencontrer  des personnes et de discuter avec elles… D’ailleurs je parle beaucoup, comme ce soir…

Jérôme : Ah oui  tu parles! (rires)

Fred : Jérôme t’es viré… (rires) D’ailleurs toute les semaines nous virons un membre. T’es en retard à la répète, t’es viré, t’aime pas la bière, t’es viré… C’est comme ça.

PdR : Comment vous gérez le groupe avec vos vies respectives ?

Go Baby Go: Ah ça…déjà pour organiser un seul concert des fois c’est galère, faut pas que ce soit un soir de match de rugby, pas un soir où y a un groupe un peu imposant sur Toulouse, il faut pas que ce soit le lundi, mardi ou mercredi parcequ’on a tous des obligations. Pour d’ autres, il faut faut attendre le début du mois quand les gens ont un peu de tunes pour sortir… C’est compliqué.

Pdr: Vous n’avez jamais essayé d’aller voir de l’autre côté de la frontière ? Les Espagnols adorent ce genre de musique…

Go Baby Go : Y a un bar rock à la Jonquera ? (rire; ndlr: La Jonquera est une ville frontière réputée pour ses magasins de clopes moins chères et ses bars à putes… pour ceux qui ont vu Une Nuit en Enfer, c’est un peu le paradis du titi twister)

Fred : Je l’ai fait deux fois avec Heresic, inconnu au bataillon, on a fait deux fois quatre cent personnes… A Gerone ils ont des super scènes. Avec mon ancien groupe on avait été invité sur la région (Barcelone) et c’était bien. Là avec Go Baby Go, on est ici pour le moment, ensuite si l’occasion se présente…

PdR : Sur Toulouse, des concerts de prévus ? Des projets ?

Go Baby Go : Le 31 mai, on sera au festival Road’n Roll à Tournefeuille (Salle Be Accoustic), c’est organisé par l’association Unlimited Sound. En septembre, le 13, ce sera le festival Maboul’Rock qui lui est organisé par l’association Bouge Bouloc. Et puis fin d’année on sortira un nouvel Ep de 6 titres…

Il est à noter, pour les éventuels intéressés, que le groupe est à la recherche d’un tourneur/manager car le club des 5  aimerait bien passer à la vitesse supérieure…  et leur batteur partant à Paris pour des raisons professionnelles, ils sont aussi à la recherche d’un batteur, genre Dave Grohl voyez, un gars branché gros Rock aux accents Stoner…  Alors si vous êtes celui-là, contactez Julien au 0626300584. A bon entendeur !

 

Retrouvez Go Baby Go surReverbnation:

http://www.reverbnation.com/gobabygo4

Greg Pinaud-Plazanet 

 

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