Elysian Fields

Live Report: Elysian Fields

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Elysian Fields est un groupe originaire de New York formé en 1995 autour de deux personnes : Jennifer Charles au chant et Oeren Bloedow chant, guitare, piano.

Il est difficile de classer ce groupe dans un genre bien précis tant il balaye différents styles au travers de leurs morceaux. La marque de fabrique reste la voix de Jennifer Charles, sensuelle,  langoureuse, mystérieuse et envoûtante. Malgré leurs origines américaines, c’est en Europe que leur talent est le plus reconnu. Dans le cadre de la sortie de leur neuvième album,  For House Cats and Sea Fans, Elysian Fields est passé par Bordeaux, vendredi 11 avril 2014, comme presque tous les ans, histoire de passer voir leur label (Vicious Circle: Shannon Wright, Troy Vin Balthazar, Chokebore, Julien Pras, etc.) qui les distribue déjà depuis quelques années.

Méconnu du grand public et donc éloigné des circuits « grandes salles », c’est au Rocher Palmer à Cenon (proche banlieue bordelaise) qu’ a été aménagée la scène qui allait recevoir Elysian Fields ce soir-là. Une centaine de chaises et de quoi caser quelques personnes de chaque côté, voilà pour l’environnement confiné de la soirée. Nous arrivons un peu sur le tard et n’entendons que quelques notes du dernier morceau du groupe bordelais A Call At Nausicaa qui assurait la première partie des New-Yorkais. Le temps de changer la scène et de vérifier les balances, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir entrer le duo accompagné ce soir-là d’une basse/contrebasse et d’un batteur: formation épurée qui sera à l’image du concert.

Oeren Bloedow, costard noir et chapeau vissé sur la tête, s’installe devant le grand piano à queue pour la seule et unique fois de la soirée avant de prendre sa Telecaster pour ne plus la lâcher. Le concert commence par un morceau issu de Dreams that Breathe your Name (pour moi un des meilleurs et des plus représentatifs albums du groupe) : Passing On The Stairs. Une sombre, triste et magnifique ballade chantée en duo. Ce sera un des rares anciens titres joués par les américains ce soir, ceux-ci ayant décidé de privilégier la présentation de leur dernier opus que je n’avais pour ma part pas encore écouté.

Outre la découverte des titres, je ne suis pas perdu quant aux styles : jazzy, pop mystérieuse, rock sombre. C’est une qualité du groupe de nous balancer d’un univers à un autre. Dans le désordre s’enchaîneront des balades pop : Come down from the Cieling dont le refrain n’est pas sans nous faire penser aux Beatles, Next year in Jerusalem que j’ai depuis écouté en boucle. Des morceaux plus rock apportent du relief au set : Channeling et son refrain entêtant,  This project qui peut nous rappeler The Dø. Enfin, il y a les titres plus jazzy: She Gets Down, Frank, you Ruined me, Love Me Darling. Il nous suffit de fermer les yeux pour s’imaginer dans un club de jazz new-yorkais. La voix de Jennifer Charles (proche des  chanteuses de Cool Jazz telle que Julie London) vous envoûte et vous berce. Yeux grands ouverts, la sensation est la même, vêtue d’une robe à paillettes verte, perchée sur ses chaussures à talons argentés et avec sa longue chevelure, on croirait être devant le cliché que l’on se fait de ces chanteuses de boîtes de jazz américaine.

Musicalement et techniquement, c’est bon, c’est sobre avec juste ce qu’il faut comme effet. Le son, très bon lui aussi, permet d’apprécier les morceaux à leur juste valeur. La batterie souvent en retenue, vient claquer comme il faut et quand il le faut. La contrebasse utilisée la majeure partie du concert apporte un certain grain et une chaleur aux morceaux. Enfin, la partie guitare est un régal.  Oeren Bloedow, que l’on sent complètement habité par sa musique, s’amuse avec sa Fender jusqu’à faire en introduction  d’Escape From New York, l’intro de Pierre et le Loup de Prokofiev. Il enchaîne ensuite sur ce morceau à moitié rock, à moitié jazzy où il nous montre l’étendue de ses qualités de guitariste.

Après deux rappels et un peu plus d’une heure de concert, on pourrait regretter l’absence de  morceaux plus anciens dans ce set. Malgré l’image de musique un peu intello (probablement lié à leur côté jazzy), ce concert ne pouvait pas mieux tomber pour moi qu’un vendredi soir après une semaine de boulot : détente et mise sur orbite assurée pour le week-end. Depuis une semaine, je me refais une cure d’Elysian fields et il ne me reste plus qu’à vous encourager à en faire de même.

Sylvain Chamu

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