Nine Inch Nails/Trent Reznor

Nine Inch Nails is Trent Reznor

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Pretty Hate Machine. Voilà comment l’homme débarquait à grands coups de savates dans le cul du rock and roll en 1989. Plus tard l’idole absolu du jeune Trent Reznor, à savoir le Thin White Duke en personne ( pour ceux qui auraient loupé un épisode du grand cirque rock and roll il s’agit là du grand David Bowie), dirait du groupe et de son maître à penser qu’ ils étaient la chose la plus importante qui soit arrivée au rock depuis le Velvet Underground! Rien que ça…

Ces quelques mots introductifs juste histoire de situer le contexte de l’importance du groupe NIN dans le courant rock-métal alternatif des vingt dernières années… Nous pourrions parler des heures de l’importance capitale d’albums comme Broken ( 1992 ), The Downward spiral ( 1994 ) ou encore The Fragile ( 1999 ) mais nous nous contenterons ici de défricher le terrain autour de cette toute dernière offrande du groupe, le bien nommé Hésitation Marks. Cinq ans après avoir lancé sur Internet à la fois l’expérimental et déroutant Ghosts I-IV via le grand World Wide Web ceci en dehors de tout circuit traditionnel et l’impitoyable The Slip, disponible gratuitement sur le site internet du groupe pour ce dernier, Nine Inch Nails revient cette fois en grande pompe et avec Columbia comme partenaire d’un soir…

Le très New-Wave Everything en avait refroidi plus d’un et des hordes de fans nostalgiques commençaient à déverser leur bile acide sur les choix de Reznor depuis The Fragile… Pourtant on ne peut pas dire que le maître des lieux se cachait sur ses choix et penchants musicaux… Pour preuve ses incartades infidèles à leurs yeux auprès d’Atticus Ross pour les bandes originales de Social Network ou de The Girl With The Dragon Tatoo qui semblaient confirmer si cela était encore nécessaire, la nouvelle vision d’un homme plus apaisé… Pire encore les albums trip-hop de How To Destroy Angels, son nouveau joujou bipolaire avec à la fois son meilleur pote susnommé juste avant et sa femme Mariqueen Mandig, enfonçaient les dernières résistances de fans déconfits devant la tournure des événements… Mais la bête revenait au bercail et la nostalgie entamait son travail de sape. Dès l’annonce du retour du roi, les commentaires passionnés fusèrent. Enfin… Puis la révélation de la pochette de l’album par le créateur de celle, cultissime, de The Downward Spiral laissait augurer du sempiternel retour aux sources si cher aux yeux des fans, ce fameux serpent de mer du Rock…

Mais Trent Reznor reste Trent Reznor et son art du contre-pied prend ici toute son ampleur. Ici le monstre bipolaire s’associe avec une boîte à rythme séquentielle et s’affranchit pratiquement totalement des guitares et autres instruments traditionnels. Coup de froid, même si bien des fans ont déjà quitté le navire depuis Ghosts I-IV ou l’aventure How To Destroy Angel… Ici l’apaisement est de mise et l’obsession électronique devient la norme. Extrême dépouillement et songwriting purement rock s’entrechoquent pourtant ici avec une certaine majesté et un jusqu’au-boutisme rafraîchissant dans le milieu. Pas de demi-mesure, advienne que pourra… C’est aussi dans cet album que l’on pourra certainement distinguer le plus aisément l’influence majeur de Bowie sur Reznor.

La quête de la mélodie la plus simple possible et donc par essence la plus addictive, devient le maître-mot dans des morceaux comme Copy of A, Came Back Haunted, Everything, ou encore I Would For YouNine Inch Nails s’essaie aussi au groove halluciné sur Satellite, à l’énergie débridée bien que toujours contenue sur In Two ou encore au minimalisme pur sur Disappointed voire au trip-hop sur Find My WayNine Inch Nails propose donc un album très synthétique, en parfaite adéquation avec la vie actuelle de son créateur moins en proie aux doutes et aux addictions diverses. Plus posé, plus éthéré, plus lumineux aussi sans doute même si la noirceur du propos s’affiche toujours en sous-jacence, presque vaporeuse.

Ainsi s’achève ma chronique, dans un fragile rideau de fumée et de douces émanations d’une bière belge de haut-vol. See you soon les amis, à la prochaine, à bon entendeur, Salut…

S…

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