Playlist

La Playlist du Peuple : « La déprime »

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Déprime, n.f. 
: « Etat dépressif, cafard » (Larousse). « Baisse de moral et aversion d’activité pouvant affecter le comportement, les émotions,  et le bien-être physique d’un individu » (Wikipedia).

Dimanche 27 octobre, 17h30. Une alerte sur mon smartphone. « Le musicien Lou Reed est mort ». Choc, grosse baisse de moral. Aversion d’activité. Déprime. Je remets « Berlin ». Je Tombe sur « Sad Song ».

A partir de là, c’est la dégringolade. Parce que c’est aussi ça, la déprime : l’accélération de la philosophie.  La succion exercée par le vide. Derrière un simple fait, un bouleversement majeur. C’est ce qu’on appelle l’effet papillon ou théorie du chaos. Donc, ce dimanche, ce fut déprime, pour un  grand nombre d’entre vous aussi j’en suis sûr. Les larmes vous sont aussi peut-être venues naturellement. Le moment ou tout bascule parce que   vous retombez sur cette vieille chanson, celle d’un groupe qui a marqué l’histoire. La voix de Michael Stripes annonce : « Everbody Hurts…Sometimes »…et là, tout s’accélère…

Retour chez vous. Aucune lumière. Bizarre, votre femme(mari)/petit(e) ami(e)/compagn(on) vous attend tout les soirs avant d’aller dormir, par gentillesse. Un tour dans la chambre, personne. Un mot, sur le bureau. « Partie. Ne cherche plus à me revoir. Il y a du fromage dans le frigo. Adieu ». Silence..Archive laisse sa place à Bob Dylan à la radio… Plus rien à faire, plus envie de faire quoique ce soit. Au fond de vous, non pas de la colère, mais du vide. Le déprimé cherche quand même à faire quelque chose, parce qu’il estime que s’il ne fait rien, il va mourir… donc, soit il reste chez lui, à écouter Nirvana, soit, il sort. Premier bar miteux. Un irlandais, bien sur. Dans le pub, ce n’est pas U2, mais Rory:« Too much alcohol ». l’appel du vide…

Au reveil, le lendemain, vous ne savez pas ou vous êtes. Vous avez erré dans les rues étroites et sombres toute la nuit, à la manière d’un Dorian Gray cherchant la rédemption, croisant sans-abris, quelques personnes éméchées, et même un lama, qui prenait le tram. Mais rien ne vous étonne plus, ni ne vous fait rire. You got the blues. Vous peinez à retrouver le chemin de la maison mais une fois rentré, vous allumez la télé. Et là, la sinistrose de masse vous contamine: Chiffres du chômage en hausse, typhon aux Philippines, guerre et massacre en Syrie… Vous soupirez comme Big & Rich : « I am only human. That’s Why I Pray »… Le vide vous change.

Tout les souvenirs enfouis de votre vie défilent maintenant devant vos yeux. Vous savez, comme dans les mauvais films de série Z: Une musique triste à mourir, irlandaise, comme le pub que vous avez quitté la veille. Spirituelle, comme la démarche que vous venez d’entreprendre, on se raccroche à ce que l’on peut. Vous vous surprenez à entonner « Ave…Maria… ». Les larmes vous montent aux yeux. votre poitrine s’oppresse à en imploser. Pourquoi ? Pourquoi est-elle partie ? Si tôt ? A ce moment là ?… Qui n’a jamais pensé au suicide ? Accompagné de musiques angéliques pour rejoindre le votre, d’ange… L’attendant presque, l’espérant comme Ben Harper… Après les larmes et la douleur: le néant. Le sentiment de vide. L’écoute de Ray LaMontagne. ne joue pas en votre faveur et le sentiment que les prochains jours vont être des « Days of Nothing » s’installe suite à votre capitulation. l’esprit, comme le corps, fatigue de trop lutter.

Qu’a ressenti Eric Clapton en écrivant Tears in Heaven, à propos de son fils Conor, mort accidentellement lors d’une chute ? Un sentiment de vide lui aussi ? Qu’a ressenti durant toute sa vie Janis Joplin, moquée pour son physique, la pire des attaques ? Et tout d’un coup, une pensée furtive. Qu’a ressenti cette fille, qui a subi aussi quelques atrocités durant son enfance ? Son adolescence, les garçons, le père… et que je prétendais comprendre ? Que dirait-elle, si elle savait que je souffrais en ce moment même ? Que ferait-elle ? Qu’elle sache que je ne l’ai pas oublié, et qu’à ce moment là, j’aimerai qu’elle soit là, et qu’à chaque fois que j’écoute U-Turn, d’Aaron, je pense à elle car c’était sa chanson.

Peut-être me chanterait-elle « You’ve Got a Friend » de James Taylor… peut-être qu’elle saurait me réconforter… qu’elle saurait me dire « Smile », un peu comme Charlie Chaplin, un peu comme Portugal.The Man. Pas de la manière virile du « Un de Perdu, 10 de retrouvées »… mais à  la manière simple d’une amie…

Lundi 7 novembre. 19h00. Ce fut une courte dépression, je l’avoue. Me revoilà dans un parc, savourant une sangria. « Just a perfect day » aurait dit Lou Reed. Le temps n’est plus à la déprime, le temps est à l’hommage. A la votre, Mr. Lou.

Merci aux rédacteurs du Peuple du Rock qui se prêtent au jeu de la playlist toutes les deux semaines. Merci à vous de lire les pérégrinations liées à ces milliers de morceaux de musique qui résonnent en chacun de nous car ils sont souvent porteurs de souvenirs douloureux. N’oubliez pas que chaque épreuve vous fortifie.

Mickael Chailloux & les rédacteurs du Peuple du Rock

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