A Day To Remember

Chronique : A Day To Remember – Common Courtesy

Ça y est, c’est officiel : A Day To Remember a ENFIN pu sortir son nouvel album le 8 octobre dernier et ce n’est pas la scène pop punk/hardcore qui va passer à côté ! Environ trois ans après la sortie du savoureux What Separates Me from You (2010), après des poursuites judiciaires de la part de leur label Victory Records (qui refusait de laisser le groupe sortir cette nouvelle galette enregistrée indépendamment) et une victoire approximative du groupe (tout l’argent obtenu grâce à cet album devra être reversé au label), Common Courtesy est enfin révélé aux fans.

Première chanson, première note, première mélodie et voilà que résonne un bon hymne pop punk. City Of Ocala, dont les « This Is Where I Came From »  feront surement vibrer des salles entières, démontre avec détermination que le groupe a encore sa place sur cette scène qui ne lui facilite pas la tache. La voix de Jeremy McKinnon, facilement reconnaissable, semble quant à elle plus directive et imposante.
Pour poursuivre sur un rythme soutenu, le coup de coeur Right Back At It Again, en parfaite continuité avec le premier morceau, fait vaguement penser à  All Signs Point To Lauderdale  de l’avant-dernier opus mais avec un peu plus de punch et de rébellion. Le retour des intros et outros hardcore, voilà le bonheur.

Troisième titre, virage metalcore loin de nous déplaire, c’est Sometimes You’re the Hammer, Sometimes You’re the Nail qui déboule. Avec son intro directement issue des enregistrements (et qui fait beaucoup sourire, surtout le gigantesque « Yo, I’ve got it » annonçant le début du morceau), place aux grosses guitares et au batteur qui fait « beaucoup de pieds » à la grosse caisse. ADTR reste un groupe assez éclectique, variant entre les couplets screamés et les refrains assez entraînants, comme le ferait un morceau pop en 2013. Entre harmonies vocales, jolie mélodie au second plan et un bridge à la limite de l’émo, tout le monde peut être servi, encore faut-il supporter les cris.

Restons sur la lignée metalcore avec Dead & Buried. A peu près dans la même construction que le titre précédent avec néanmoins un refrain un peu moins aguicheur et plus mélancolique. Un peu dommage de l’avoir placé ici dans l’album avec cette légère impression de déjà entendu.

Place à Best Of Me. En écoutant les premières notes de guitare, on pourrait avoir la drôle d’impression d’écouter un morceau de Paramore à la période « Riot » mais la voix de Jeremy nous ramène vite sur terre. Discutant autour d’une sorte de déception dans une relation, une certaine force se ressent dans le refrain (« I can’t believe you’ve got the best of me, I can’t believe I trusted every word you said ») et donne une certaine perspective motivante et attirante. Certes les gros screams et le pop punk déconneur sont mis de côté mais le groupe se défend aussi bien dans ce domaine plus sombre.

Et alors qu’on ne sait plus à quoi s’attendre après ceci, voilà que débarque I’m Already Gone, petite ballade acoustique où les voix sur les refrains et le bridge pourraient paraître un peu « too much », enlevant une certaine sensibilité ressentie lors des couplets. Malgré tout cela, ce morceau, en même temps qu’être un petit repos auditif, est une excellente surprise.

Mais le repos est de courte durée vu que Violence (Enough is Enough), single dévoilé il y a un peu moins d’un an via leur site internet en version non mixée, se présente de façon ben agressive. Il n’y a pas à dire : cette chanson fout la patate et donne envie d’envoyer se faire voir toutes ces personnes qui te bloquent sur la voie de la réussite. Breakdowns sur mesure, retour au gros son et aux grosses distorsions.

Disons les choses comme elles sont, après ce gros titre, Life @ 11 apparaît toute gentillette et lente malgré un certain duo guitare/batterie bien en harmonie. La piste se défend pourtant et a pleinement sa place dans l’album. Dans cette dégringolade d’ambiance débarque I Surrender. On a la légère impression que, depuis Violence dans laquelle une bonne dose d’énergie était présente, le groupe s’essouffle mais finit par se reprendre au travers de cette chanson. Évolution progressive de l’acoustique à l’électrique, puissance dans le chant et la rythmique, la voilà notre remontée tant attendue. Par ailleurs, cette chanson aurait été une parfaite fin d’album afin de donner l’envie de relancer le CD.

Mais Life Lessons Learned the Hard Way continue ce disque dans un metalcore qui n’est pas des meilleurs jours. Après la première écoute, ce n’est pas comme la fille qui va vous donner envie de vous retourner dans la rue. Trop, c’est trop. Vient ensuite le tour à End Of Me. Retour à l’acoustique et refrains très post hardcore lourds avec un petit fond de folk. Pour des titres assez intimes et vecteurs de sentiments comme celui ci, nous sommes finalement content que l’album ne se soit pas terminé plus tôt. On est bien loin de l’ambiance musicale bon enfant du début et on trouve même de la sincérité dans l’instrumentale, nous transportant autre part !

Bientôt la fin et une chose regrettable de cet avant-dernier projet, c’est qu’elle ne comporte pas l’intro vocale qui justifie son titre. En effet, la version originale de The Document Speaks For Itself comprend en ouverture un enregistrement vocale de Tony Brummel, avocat de Victory Records, qui annonce que le label va les poursuivre et mettre fin à leur carrière, montrant l’acharnement certain sur le groupe. L’envie d’écouter le morceau pour défendre la formation est d’autant plus grande même si une certaine répétition et une certaine langueur se sont installées à force de certaines similitudes.

Pour clôturer toutes ces belles mélodies, I Remember avec sa trompeuse apparence de fin heureuse pop punk clouerait le bec de nombreux « haters ». la sensibilité de ce morceau le transcende de façon particulière.  C’est beau, touchant, sans aucune agressivité malgré la puissante voix et les gangs vocaux et donne l’envie soudaine de recommencer l’album pour retrouver un certain sourire !

Pour conclure sur cette belle galette, un éclectisme digne d’ADTR qui a su rester fidèle à sa fanbase, certainement déjà en train d’écouter cet album en boucle. Très rares sont les titres à zapper même si une certaine monotonie s’installe à un moment ou à un autre. Ce qui est sûr,  c’est avant tout  qu’A Day To Remember a réellement pu renaître de ses cendres et en terminer avec son passé mouvementé.

By Valentin G.

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