Clutch

Clutch, ma claque de l’année !

clutch

C’est le 17 juin 2013 que ma vie bascula dans une dimension encore trop peu connue : celle des classifications musicales qui ont un sens ! Comment me direz-vous ?  Mais le monde musical est rempli de classifications compréhensibles. OUI ! Mais depuis quelques années, on nous balance du power pop, punko grunge, aérial pop, rythm’n folk, funko blues, hardcore métal roots, blues métal, métal symphonique, doom métal, acid rock, acid jazz et autres salades de fruits qui naissent de l’esprit embué des auteurs d’articles de presse musicale qui, au lieu de se servir du tiroir fourre tout que l’on appelait dans le temps : l’alternatif, créent d’autres mouvements internes aux différents styles.
Hé oui mesdames et messieurs le terme « Fusion » est mort ! Désormais le style n’étant plus  limité au croisement rock et rap comme nous avait démontré Rage against the machine dans le temps, il a bien fallu trouver des noms clairs pour ces nouveaux transgenres. Clairs… pas tant que ça. Combien d’entre nous sont tombés sur la question piège, quand vous recommandez un groupe à un ami : « C’est quel genre ? ». Le genre de question où il fait meilleur de conseiller de bons vieux groupes ayant des styles bien identifiables dans leur musique ! Et c’est à ce moment là que vous aussi, vous en venez à inventer, sûr de vous, un nouveau genre à la façon de la presse musicale qui décrive à merveille le genre approximatif du groupe écouté : « Trans-Goa Métaphoriquement Rock ! » …

Et bien ici c’est de Stoner Rock dont je vais vous parler. Le terme Stoner vient de «défoncé», mais je lui préfère son côté brut de pierre qui rappelle les racines lourdes du rock et peut du coup s’appeler aisément Rétro Rock. Un mouvement qui même s’il est flou à première vue, prend tout son sens aux premières écoutes des groupes le représentant tels que HawkwindJosh Homme et … Clutch, entre autres.

J’avais été invité à accompagner une amie à un concert des Mexican Morrissey dont je n’avais jamais entendu parler, comme à ma grande habitude sur nombre de concerts (je parle des groupes ! Pas des amies avec qui je vais guincher). Une fois rentré dans la salle, voulant aller écouter la première partie, je m’aperçois qu’en définitive je venais de me faufiler entre les trois quart du public présent ce soir , collé à la buvette du Krakatoa, puisque devant la scène, il ne restait plus grand monde à écouter ce duo assez… étrange. Ne voulant pas me faire trop remarquer parmi cette foule aux cheveux longs et aux t-shirts aux logos métalliques, je décidai de faire de même et d’aller en boire une ou deux avec des amis. Finalement il devait y avoir beaucoup de gens comme moi car peu après la salle s’est carrément désertifiée comme les cheveux au sommet de mon crâne un soir d’irritation capillaire.
Alors que j’attendais ainsi les Mexican Morrissey et m’apprêtais à évaluer la valeur de leur référence nominale (mon frère m’ayant baigné dans Morrissey et The Smiths entre autres), en arrivant dans la salle devenue d’un coup plus peuplée, tout s’est activé: la lumière, les instruments, les distos bien grasses, le rythme a tourné tantôt bluesy tantôt métal, et les barbes… Ha, les barbes ! … Je compris en un instant que le duo précédent pour lequel je ne saurais inventer de classification musicale, était en fait les Mexican Morrissey et que la tête d’affiche ce soir là, qui méritait les t-shirts métalleux et les cheveux se balançant d’avant en arrière, c’était, comme le signifiait le décors : Clutch !!

 

Photo : Jason Pinaud

Photo : Jason Pinaud

La voix grave se détachant dans les échos de la salle comme le bruit d’une feuille de papier qui se déchire, la clarté des paroles, les mouvements très bruts, la rythmique posée et sans faille, les fringues à la « skate or die », j’étais chez moi ! J’aurais pu entrer dans mon surf-shop préféré, j’aurai ressenti la même ambiance. Je n’irai pas plagier des articles déjà écrits sur Clutch bien que m’y connaissant à peu près autant en Stoner Rock  que des dinosaures en maîtrise du feu avant qu’une météorite les fasse frire sur place. je traiterai donc cet article comme j’ai vécu leur  concert.
D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur Clutch, il suffit de suivre la méthode GETA (Google Est Ton Ami) qui vous mènera à ce lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Clutch_%28groupe%29

En résumé,  car une présentation est tout de même nécessaire, Clutch  (embrayage en Anglais) est un groupe de stoner rock, (sorte de rock garage mélangé avec un fond de terroir de l’Amérique profonde) fondé en 1991 et qui sorti son premier album en 1993. La tournée de 2013 était pour leur dixième album studio Earth Rocker. La formation compte quatre personnes aujourd’hui : Tim Sult impérial à la guitare, Dan Maines impeccable et magnifiquement immobile à la basse, Jean-Paul Gaster excité et infatigable derrière sa batterie et Neil Fallon promenant son short d’un bout à l’autre de la scène en lançant des paroles explosant comme des pétards un 14 juillet.

La suite du concert s’est poursuivi, m’emmenant de plus en plus dans un délire inexpliqué de gestes et mouvements saccadés. Lançant un riff à la guitare totalement inconnu (par moi) qui apparemment faisait déjà soulever des cris d’enthousiasme dans toute la salle, une voix profonde et lancinante faisait son entrée à la manière d’ «I’m a man of constant sorrow» des Soggy Bottom Boys que chantait George Clooney dans  le film « O’Brother » des frères Cohen. Amusé par cette ambiance qui fleure bon le silo à grains, je commençais à secouer ma tête à chaque mesure rythmique.  Je passais du champ à la ville quand la guitare entrait en jeu, entourée de la section rythmique. Et là, à la vitesse de la lumière, mon corps tout entier fut transporté à travers les rues. Comme tiré par des ficelles imaginaires jusqu’à me diriger vers une villa périurbaine où je me pris la porte de garage en pleine tronche. Scotché sur place, je faisais connaissance avec «Electric Worry». Deux secondes plus tard  j’étais devenu un parmi d’autres. Un atome de la foule gesticulant de toutes parts comme une marionnette que la rythmique animait de ses multiples ficelles. Clutch ! c’est à peu près le bruit qu’a fait mon cou à mon entrée dans le « stoner rock ». Un son dénotant une liberté transcendante de mouvement, un loquet de pudeur qui venait de sauter.

http://www.youtube.com/watch?v=kx6FV2qR2TY

Photo : Jason Pinaud

Photo : Jason Pinaud

Clutch possédait tout ce que j’aimais : des distos bien ajustées, une voie claire et solide, des influences bluesy, un peu funk parfois et une rythmique à couper le souffle. Le genre de moment où votre corps ne vous appartient plus. Ce moment où vous n’êtes plus spectateurs de ceux se tordant dans tous les sens au milieu de la vague humaine. Non… ce moment où vous êtes la vague !!! Ce genre de morceaux où chaque instruments est clair, non masqué par un autre, où chacun à sa place et se fait plaisir et que cela se sent !!

Si vous voulez passer un moment défouloir où vous posez votre cerveau aux vestiaires pour ne garder que le sensitif, n’hésitez pas: Clutch, c’est juste énorme et à consommer sans modération.

PS: Merci Caro pour cette découverte et pour ne jamais désespérer de m’amener voir des concerts dont les groupes me sont totalement inconnus.

By Jason Pinaud

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