Girls in Hawaii

Everest des Girls in Hawaii : Du haut du sommet ?

Girls in Hawaii nous revient en cette rentrée 2013 avec Everest. Un Lp de 11 titres pour la version standard et de 27 pour la version Deluxe, comme cela se fait beaucoup. Cependant cette version Deluxe, au contraire de bien d’autres sombrant dans la facilité, ne se contente pas de trois ou quatre titres live mais nous propose seize autres pistes enregistrées dans la même qualité que l’album principal. Si certains y reconnaîtront quelques titres déjà entendus en live («Grasshopper» et «Coral» notamment qui étaient à la base prévus pour la sortie de leur précédent opus), d’autres sont complètement inconnus au bataillon et ouvrent l’album sur plus de profondeur.

Everest, nouvel album des Girls in Hawaii

Everest, nouvel album des Girls in Hawaii

Les Girls in Hawaii, pour les cours de rattrapage (comptez sur moi pour vous envoyer la facture mes petits…), sont belges et n’ont donc rien à voir avec des surfeurs à la peau tannée et tatouée, sont six, sont tous des mecs et ont sorti deux Lp au jour d’hier. Le premier en 2003 s’intitulait From Here To There. Assez mélancolique, bucolique parfois, contemplatif souvent mais viscéralement Indie, l’album reçoit un excellent accueil critique. En 2008, sort Plan Your Escape, car il leur a fallu du temps pour produire, faire des tournées, participer à des festivals, bref profiter un peu de ce succès soudain Ce second Lp est plus électrisé mais non moins excellent. Le groupe repart en tournée. Leur public s’est constitué, leur sympathie lors des lives est rafraîchissante, on leur souhaite alors une longue et belle vie.

Mais voilà, en 2010, un drame frappe le groupe. Leur batteur décède dans un accident de la circulation et le groupe accuse le coup bien évidemment. De notre côté de la barrière, on se demande si le groupe va s’en remettre d’autant qu’un peu plus tard un membre du groupe quitte le navire. Après un long silence concernant leur productivité, un site officiel en berne, en 2012, on apprend que les Girls in Hawaii bossent sur un nouvel album et ont intégré deux nouveaux musiciens (dont l’un deux a encore changé dernièrement). On s’attend alors à un album plus mélancolique que les deux précédents. Jusqu’à ce lundi 2 Septembre, jour de sortie.

Certes il y a sur cet album des titres mélancoliques (« Head On« ), mais pas plus que sur leurs précédents albums en réalité. Beaucoup d’autres sont même plus dynamiques (« Not Dead« , « Mallorys Height« ), plus entraînants. Il y a surtout une production beaucoup plus fine, plus ciselée, à grand renfort de rythmique (le producteur de l’album, batteur de son état n’y est peut-être pas tout à fait étranger… le titre « We Are the Living » ou « Rorscharch » en sont un bon exemple). Toutefois cela n’alourdie en rien ce Lp qui reste un poil aérien parfois, un peu comme si l’on approchait ces sommets que nous promet sa pochette. Les Girls in Hawaii ont cette fois fait la part belle aux arrangements (d’excellente qualité d’ailleurs, notamment sur « Changes » ou « Rorscharch« ), ainsi qu’aux voix d’Antoine Wielemans et de Lionel Vancauwenberghe qui sont ici bien plus mises en avant que lors de leurs précédentes productions.

Je pense que la version standard d’Everest est un excellent Lp et qu’il plaira en l’état à beaucoup. Non qu’il soit mainstream, non pas du tout, il a même besoin d’être apprivoisé car pour quelqu’un qui suit le groupe depuis le départ, il peut être parfois déroutant (« Switzerland« , bien que magnifique morceau, n’est pas un canon habituel des Girls, idem pour « Head On »). Ceci-dit, la version Deluxe étend l’album au-delà et livre des curiosités supplémentaires (beaucoup sont des morceaux datant mais qui n’ont jamais été sortis) et gommera s’il le fallait cette fausse mélancolie des onze premiers titres. Faites vous un petit coup de « Oh! Boy! » pour vous en soigner, mais « Love Is a Better Way to Travel » peut aussi faire l’affaire avec son décollage à retardement sur le chorus. Quelques autres morceaux nous replongent dans ce que nous connaissons d’eux. C’est le cas pour « Some Groove« , « Can’t Stand Your Ex’s Rock Band » ou encore « War » et mettent en relief de superbes compositions comme « I’ll Take My Time To Get Well« . L’on pourra toutefois être surpris par « Video Games« , plongé dans le désarroi le plus total avec « Tristessa« , se remonter ensuite grâce à la corde tendue par « Sister Europe« . Le groupe finit cette édition Deluxe sur une chanson en flamand, dans la veine de ce qu’on connaissait des Girls in Hawaii avant de poser nos oreilles sur ce dernier opus, et peut-être feront-ils un Lp dans leur langue natale ?

Chacun de leur album est un voyage que l’on accepte de faire avec eux mais dont on ne revient jamais tout à fait pareil qu’avant.

By Greg Pinaud-Plazanet

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