Festival/Festival La Route du Rock/La Route du Rock

La Route du Rock: Report

Je suis bien plus amateur de rock indépendant (l’Indie) que de rock pur et dur. Je ne m’en suis jamais caché. Et pourtant, depuis plus de 20 ans (organisé depuis 1991 par Rock Tympans) je n’ai pas été foutu de mettre les pieds sur La Route du Rock à Saint Malo… Ni à la collection d’hiver, ni même celle d’été… La honte était sur moi. Aussi lorsque certains de mes amis ont proposé de s’y rendre cette année, en prétextant vouloir se prendre une collocation afin de profiter de la région, j’ai signé de mon sang au bas de la page, pour le meilleur et pour le pire. Et le pire, croyez-moi… mais ceci est une autre histoire, pour un tout autre public.

Le festival commençait le Mercredi 14 Août au soir mais nous n’étions intéressés que par les trois jours suivants. Personnellement je n’allais faire que deux jours.

Day 1: Nous sommes donc arrivés sur place le Jeudi 15 Août, un peu après l’ouverture des portes (qui étaient à 18h) pour nous coller dans la file qui nous permettrait d’échanger cash contre jetons et gobelet frappé au sigle du festival. Pendant ce temps, sur une scène non loin, c’est à dire quasiment devant nous en réalité, se produisait un groupe que nous ne connaissions pas: Moon Duo.

Moon Duo - Photo by DJ Monk - Tout droit réservé

Moon Duo – Photo by DJ Monk – Tout droit réservé

Ce duo donc, fondé en 2009 par Ripley Johnson et Sanae Yamada (madame Johnson à la ville) nous ont nourri de leur rock psyché à coups de boucles répétitives et lancinantes rendant notre attente non seulement plaisante mais intéressante du coup. Son impeccable, voix un peu noyées mais personnellement une bonne découverte. Nous arrivons enfin à choper quelques jetons pour les boissons et il est déjà temps de se précipiter vers la grande scène (il n’y en a que deux sur le site du Fort Saint Père, la raison de cela est contenue dans le nom même du site comme vous pouvez l’imaginer) pour assister au set des californiens de Local Natives. Pas trop mal car pas du tout répétitif mais je m’attendais à autre chose. Quelques bons morceaux pêchus dont un cover des Talking Heads: « Warning sign ». Ils en ont profité pour nous lancer la première chanson du nouvel album à venir. La voix de Taylor Rice, le chanteur principal, m’a un peu fait penser au groupe Archive, même si musicalement ils n’ont rien à voir du tout.

Local Natives - Photo by DJ Monk - Tout droit réservé

Local Natives – Photo by DJ Monk – Tout droit réservé

Ensuite venait le tour de Nick Cave et de ses mauvaises graines (voir aussi: https://lepeupledurock.wordpress.com/2013/03/22/push-the-sky-away-and-turn-down-the-volume/), tjrs impeccable dans son costard noir satiné, flirtant avec la foule sur la moitié du set. Une set list différente de celle entendue au Primavera Sound de Barcelone, toujours avec quelques grands morceaux repères (très grande perf sur « From Her to Eternity ») mais avec des swaps qui nous ont permis d’entendre « Love Letter » ou encore « Deanna » . Et c’est officiel, « Jubilee Street » en live, est un morceau très fort et Warren Ellis, dans son genre Raspoutine, est grandiose (non, je n’ai jamais eu peur des mots…) avec sa guitare spécifique (4 cordes, non ce n’est pas une basse, c’est bien une guitare, et elle a 4 cordes comme son violon, c’est tout) et son archet planté dans son col tel une flèche sortant de son carquois. Elles sont hautes en couleur ces mauvaises graines… sans compter l’un des deux claviéristes (je crois que c’est Conway Savage), avec des faux airs d’un Einstein un peu barré, se raccrochant à son micro. Le spectacle global était puissant, vraiment. Autant à Barcelone j’étais derrière et je ne voyais pas tout autant là…

Nick Cave & The Bad Seeds - Nick Cave & The bad Seeds - Local Natives - Photo by DJ Monk - Tout droit réservé

Nick Cave & The Bad Seeds – Nick Cave & The bad Seeds – Local Natives – Photo by DJ Monk – Tout droit réservé

Nick Cave a terminé son set d’1h10 avec « Push the Sky away » et a laissé la place toute chaude aux Chk Chk Chk qui ont littéralement enflammé le Dancefloor… Véritable bain de foule pour Nic Offer le leader charismatique de !!! (oui, Chk Chk Chk se prononce Chk Chk Chk mais s’écrit réellement !!!) et précédemment chanteur de Punk Hardcore tout de même, pas franchement évident lorsqu’on le voit se trémousser dans son short et ses chaussures de ville. Le gars s’est baladé au beau milieu du public, on peut donc dire que Nic s’est Offer au public. Bon voilà, celle-là elle est faite on en parle plus…

!!! - Nick Cave & The Bad Seeds - Nick Cave & The bad Seeds - Local Natives - Photo by DJ Monk - Tout droit réservé

!!! – Nick Cave & The Bad Seeds – Nick Cave & The bad Seeds – Local Natives – Photo by DJ Monk – Tout droit réservé

Magnetic Friends, assurait les intersets sur la petite scène, avec la volonté affichée d’élargir le champ lexical du festival indie, en collant aux différents styles de la programmation du festival.

Avant dernier groupe de la soirée,  le trio strasbourgeois d’Electric Electric est bien pêchu: une console, un batteur, un guitariste, une dance-noise saccadée. Efficace et entraînant, assez puissant même parfois. Du bon rock alternatif. La Route du Rock, c’est LE festival Indie par excellence et cela s’entend. L’indé n’est pas mort, loin de là lorsque l’on voit la qualité actuelle des productions. Personnellement, après tout ça je suis un peu fatigué donc on zappe Fuck Buttons et on se rentre.

Day 2: Une excellente surprise à 18h30, dès notre arrivée, il s’agit de Jackson Scott. Trio rock vraiment sympa, sur la petite scène. Bon son, pluie calmée (oui nous avons quelques gouttes mais pas de quoi se rouler dans la boue). Bonnes mélodies. Album (Melbourne) pas encore sorti, vous ne pourrez vous le procurer qu’à partir du mois de Septembre, en attendant vous pouvez toujours écouter « That Awful Sound« , son single tout juste sorti le mois dernier. Il est probable que j’achète son album d’ailleurs…

Jackson Scott

Jackson Scott

Top découverte pour moi en tout cas. Rappel après 1/2h de jeu, punchy, les titres sont assénés de manière efficace malgré l’apparente nonchalance du leader.

Nous migrons ensuite vers la grande scène où presque tout se passera encore ce soir pour assister au live de Woods.

Woods

Woods

 un bon set regroupant les morceaux phares du quatuor de « Cali in a Cup » à « Suffering Season« . Une musique qui nous emmène instantanément dans des ailleurs où il fait soleil toute l’année (ils sont originaires de Brooklyn pourtant… Pas vraiment connu pour ses coups de soleil… voir aussi https://lepeupledurock.wordpress.com/2013/06/21/dont-knock-on-woods-allez-plutot-les-ecouter/). Quelques chemins détournés pour nous faire durer certains morceaux et leur permettre de se faire plaisir sur de longues parties instrumentales qui font mouche mais qui n’existent pas vraiment sur leurs albums studio, une bonne chose.

La seconde découverte de la soirée pour moi a été Efterklang: entrée sur scène du groupe danois puis de son leader Casper Clausen, vêtu d’un costard crème et d’un nœud papillon. Je ne connaissais pas alors qu’ils existent depuis 2001 me dit-on dans mon l’oreillette… Electro Pop contemplative réussie et surtout une vraie sympathie pour le chanteur qui parait très cool, profitant des moments instrumentaux pour saluer le public, s’émerveiller du site du festival, trinquant même avec la foule, le tout en mimiques pendant que le reste du groupe joue. Bonne voix, assez profonde. Des relents d’un certain style années 90 sans pourtant paraître démodé. Sur scène ils sourient presque tous, vraisemblablement heureux d’être là ce soir.

Efterklang

Efterklang

Le show s’arrête quelques minutes. Ils sortent une boite en carton et appellent une personne dans la foule, nous expliquant qu’ils venaient de jouer à Vendôme et que le gars appelé avait un ami là-bas. Efterklang joue les coursiers de luxe et font passer la boite dans le public au cas où on voudrait laisser un mot pour une connaissance là où ils joueront ensuite (Suisse, mais qui connait quelqu’un en Suisse hein ? franchement! si l’on y connaissait quelqu’un on se serait paxé ou marié avec lui pour pouvoir y vivre depuis longtemps !). Excellent et inattendu. Le set reprend et se freeze d’un coup durant quelques secondes. Plus un son ne passe, les membres du groupes arborent des postures figées jusqu’à ce que les encouragements de la foule soient assez forts pour lancer le final en crescendo du morceau. Honnêtement, je pense que le public était très heureux aussi de la prestation des danois ce soir-là.

Une petite excursion vers la petite scène pour les excellent mais non moins jeunes dans l’industrie: Les californiens d’Allah-Las. Les nouveaux Rolling Stones ? On ne peut que jouer la ressemblance musicale: Un rock originel, un son très sixties, des reefs bien foutus.

Allah- Las

Allah- Las

L’album y passe, en même temps ils n’en ont sorti qu’un pour le moment mais vu le monde qui s’est massé devant la scène (assez mal foutue d’ailleurs… note aux organisateurs…), nous ne sommes pas les seuls à apprécier. les sonorités ainsi que la voix du leader me font vraiment penser aux Stones. Surtout les tout premiers singles. Mixez ça avec une tendance surf music des années 60, choix des instruments oblige: Fender Jaguar, rythmique modèle guitare demi caisse typée généralement pour le blues rock,  bourrée de reverb et la comparaison se fait instantanément. Alors oui ok il ne faut pas toucher la clique à Mick (50 cents pour la rime merci !) mais tout de même. En tous cas ils sont bons et font de l’excellente musique, et lorsque je dis qu’ils me font penser à, ce n’est pas pour être réducteur, bien au contraire. C’est que j’ai de grands espoirs en eux.

Le dernier concert que j’attendais était God Speed You Black Emperor. Je l’attendais à plus d’un titre. Tout d’abord ce serait certainement le dernier concert du festival pour moi puisque le lendemain il fallait assurer le retour au bercail soit une dizaine d’heure de route (oui, retour du 15 Août etc). Ensuite parce que GSYBE, c’est spécial. C’est quasiment exclusivement de l’instrumental et en live parfois ils pètent, parfois ils ne pètent pas… Le set commence avec un son basse à la limite de la saturation et des mélopées entremêlées de guitares et de violon. On entre de plein pied dans le rock « un poil » conceptuel du groupe (c’est un euphémisme…). Ils sont d’ailleurs plus ou moins installés en cercle au centre de la scène à tripatouiller leurs boutons, puis le rythme se lève et c’est parti ! Le groupe est à peine éclairé, 2-3 membres sont dos à la scène (principe du cercle, suivez quoi !), l’explosion de son, épais, très rythmé et répétitif est là. Puissant et hypnotique. Les caméras ne tournent pas. Honnêtement, le public ne serait pas là, ce serait pareil. Les québécois de GSYBE jouent leur symphonie, en autarcie totale, ne communiquant avec le public que par leur son et leurs images projetées sur les écrans. Je ne vois d’ailleurs pas bien l’intérêt de les voir en concert sur un festival, ou tout du moins d’être devant la scène plutôt qu’au bar ou à discuter avec les gens un peu à l’écart tout en profitant de leur excellente musique, mais ce n’est que mon opinion personnelle et je sais que demain certains d’entre vous m’auront crevé les pneus et auront pissé sur ma voiture… Soit c’est un risque à prendre.

Le concert s’achève donc comme il a commencé et je décide de rentrer comme prévu, faisant l’impasse sur un Zombie Zombie à l’électro fort sympathique pourtant mais il faut penser à rentrer et à reprendre le cours normal de ma vie entre mon boulot qui reprend dès le Lundi et la rédaction de ce report qu’il faut vous livrer assez vite en début de semaine, histoire de rester dans l’actu.

Pas de regrets pour le dernier jour, ayant vu Les excellents Tame Impala à Barcelone en Juin. Cela dit, mon petit doigt m’a déclaré par message interposé (comprendre SMS) que le Samedi « Suuns ou encore Parquet Courts ont assuré graaave« …

PS: Mention spéciale pour le canard journalier et surtout, oui surtout pour la rubrique de Geoffrey: « Je l’ai pas vu mais je vous le raconte quand même » qui m’a plié de rire. Mais ça, seuls les initiés pourront comprendre…

By Greg Pinaud-Plazanet

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