Review

Airbourne – La sauce piquante australienne !

Silence ! Vous entendez ? On dirait des cris. Ils se hâtent. Voilà maintenant comme un son de guitare électrique… Regardez ! Ce sont eux là-bas qui sont l’origine de ce vacarme. Ils sont quatre je crois, tous vêtus de noir. On dirait bien que le monsieur au milieu de la bande est torse-nu. Mais oui bien sûr, ce sont eux! Whoah, quelle énergie ! Ils ne peuvent vouloir qu’une seule chose…

Vous l’aurez deviné, Airbourne, le groupe de hard rock du moment refait surface. Fusil à l’épaule, nettoyé, chargé, prêt à faire feu avec un nouvel album studio Black Dog Barking sorti le 21 mai 2013 et ce pour notre plus grand plaisir. Une très bonne nouvelle donc d’autant plus que ce dernier tient bien ses promesses avec dix titres tous plus électrifiants les uns que les autres. Forcément, on n’attendait d’eux pas moins que du rock, du rock et du rock et on n’est pas déçu car en effet,  Black Dog Barking est une véritable bombe à retardement prête à exploser, un album encore plus sulfureux et plus rageurs que ses homonymes si l’on en croit la pochette du LP, pour le coup super agressive. C’est vrai que la gueule de chien grande ouverte avec son filet de bave a de quoi intimider. Gentil le chien… Très bel artwork ceci dit.

Airbourne: Black Dog Barking cover

Airbourne: Black Dog Barking cover

Vous le savez, Airbourne c’est une énergie, une véhémence, une sorte de grosse décharge électrique de rock condensée en deux albums studio. Le premier c’est Runnin’ Wild, datant de 2007 et contenant les excellents « Too Much Too young Too fast », « Diamond in the Rough », « Cheap Wine Cheaper women » sans oublier le récurrent mais indécrochable « Runnin’ Wild ». Et puis No Guts No Glory, leur second Lp, est sorti dans le courant de l’année 2012. Un deuxième coup d’essai qui malgré quelques bonnes trouvailles, manquait d’impact à côté de l’indétrônable Runnin’ Wild. Quoi qu’il en soit, ces albums restent des valeurs sûres et on ne saura que trop vous les conseiller même si vous n’êtes pas (encore) adeptes du headbanging… Oui! vous là-bas le jeune homme avec la chemise à carreaux aux motifs écossais !

Enfin revenons à nos moutons ou plutôt devrais-je dire à nos chiens parce que oui, si vous n’êtes pas sans savoir que black dog veut dire chien noir et que barking signifie aboyant, sachez en revanche que le titre vient d’une légende qui voudrait qu’une personne se réveille au milieu de la nuit, le torse écrasé par un chien leur aboyant au visage. Sympa ! Le groupe explique par la suite avoir voulu concrétiser en musique leur vision des choses à travers cet album. Ce chien donc, qui semble personnifier comme un compagnon, s’avère être en fin de compte comme un message, un slogan du style: « Faîtes du rock’n’roll, let’s drink and have good time. Le reste, we don’t care ou Nevermind » pour la référence, et ce chien, en sont l’image. « Il y a toujours eu ce chien noir pour nous accompagner, comme un compagnon. Cette force qui nous guide. On voulait un album qui définisse ce qu’est Airbourne. Si on devait choisir un album pour montrer notre musique, ce serait celui-ci ». Profond tout ça. Enfin, on ne va pas commencer à ergoter… Bon alors il en ressort quoi de cet opus ?

Eh bien c’est très simple. Pour faire court, vous prenez une chaîne hi-fi, n’importe laquelle et vous montez le niveau sonore de 15 à 115 dB. En gros… Okay, j’use peut-être d’hyperbole mais dans l’idée c’est ça. On sent très nettement une montée en puissance. C’est plus intense, plus vif, plus nerveux mais aussi peut-être plus traditionnel qu’auparavant même s’il y aura toujours le puriste pour dire le contraire (vous savez, celui qui n’est jamais content et qui ne peut s’empêcher de contre argumenter à chaque prise de parole). Pourtant, ce puriste n’a pas complètement tort. C’est vrai qu’Airbourne c’est sympa, bien prenant, jamais décevant… justement parce qu’il n’y a jamais de réelle prise de risque. On ne va pas se mentir mais à quelques riffs près, on écoute approximativement toujours la même chose. Le meilleur exemple reste « No Guts, No Glory » pour son homogénéité un peu crispante et cela se vérifie malheureusement avec « Black Dog Barking ». C’est dommage. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si cela fait la 3147ieme fois qu’on les compare à AC/DC. Même mode opératoire avec l’ouverture, en l’occurrence les cris d’appels de « Ready to Rock », le couplet bien puissant avec des paroles aussi crues qu’un sushi. Vient après cela le refrain poussé par les chœurs du reste de la bande (ça on l’a moins avec AC/DC) puis arrive avec panache le célèbre solo de guitare héroïque, impeccable dans sa performance et plein de bravoure. On finit enfin avec de nouveau le refrain puis on passe à la chanson suivante, et ça depuis Runnin’ Wild. On est littéralement dans l’état d’esprit «on prend les mêmes et on recommence».

Cela dit, est-ce un mal après tout ? Ce n’est pas contre le groupe non plus qui au passage a fait ses preuves il y a bien longtemps et n’a rien à prouver à qui que ce soit. C’est plus un constat. Difficile en fait d’attaquer cette problématique parce qu’au fond, personne ne s’en plaint et tout le monde y trouve son compte. Et puis vous imaginez Joel O’Keeffe balancer en conférence de presse «Bon les gars, on a décidé de se laisser glisser dans le rap pour notre prochain album». N’empêche, j’ai hâte de voir la réaction des fans de Mumford and Sons d’ici quelques temps… Quoi vous n’êtes pas au courant ? Bon on s’égard.

Paradoxalement, ça ne lasse jamais. Non en fait, disons que la pente aurait pu être glissante si Airbourne s’était contenté de jouer la facilité en rendant une pâle copie de « No Guts, No Glory », mais c’était sans compter sur la créativité de nos deux têtes pensantes, les frères O’Keeffe bien entendu, qui ont su renverser la vapeur à un instant fatidique. Okay, nos gars d’Airbourne ne sont pas du genre à mouiller leurs chemises. C’est un fait. Seulement il faut être de mauvaise foi pour ne pas relater tout de même des changements bien visibles, même pour un néophyte catégorique. Comme on l’avait énuméré plus tôt, le son est plus fort et casse encore plus la baraque donnant ainsi plus de relief à leur musique. D’autres choses sont à relever mais avant, une petite remarque sur Black Dog Barking: Avant que ne sorte l’album Runnin’ Wild, Airbourne avait déjà sorti un EP Ready to Rock, sorti seulement en Australie en 2004. Pour l’occasion, le groupe a décidé de faire un reboot du titre éponyme qui est inclus dans Black Dog Barking mais nous y reviendrons un peu plus tard. Allez, installez-vous, moteurs !

Nous sommes en octobre 2012. Le groupe se repose de son épuisante tournée No Guts, No Glory. Cependant, cela ne les empêche pas de réfléchir à la suite du programme. Pour leur nouvel album, Airbourne décide donc de s’installer à L.A. aux côtés du producteur Brian Howes (Nickelback) dans son studio, le VanHowes  sous le label Roadrunner. L’enregistrement se peaufine au Canada, aux Armoury Studios de Vancouver pour être plus exact. Un an et des centaines de bières descendues plus tard, Black Dog Barking voit le jour. En creusant davantage, on s’aperçoit que les quatre loubards ont davantage approfondi leur travail. En effet, celui-ci se veut plus recherché, plus travaillé. Pour exemple, les chœurs se font davantage plus ressentir qu’avant. L’accent a aussi été pas mal mis sur la distinction que l’on peut faire entre les morceaux. On n’a beaucoup moins l’impression d’écouter un The Dark side of the Moon servit tout le long à la sauce hard rock. Du coup, cela casse un peu cette uniformité qui faisait défaut au groupe et cela est plutôt appréciable. Ecoutez « Back in the Game » par exemple. Un bon morceau un peu dérayé, original dans sa structure, et « No one fits me (Better Than you) », tout aussi bon. Nul besoin de beaucoup d’attention pour s’apercevoir que les deux morceaux sont différents. Inéluctablement, chaque titre a sa propre personnalité. Faut quand même avouer qu’ils ont toujours pris soin d’avoir de sacrés intros dans leurs morceaux les bonhommes. Forcément ça aide aussi.

Pour rester dans le décorticage de titres, on pourrait aussi prendre « Animalize ». Son côté rétro et hargneux est très intéressant. Pour la petite histoire, c’est lors d’une excursion à Las Vegas que naît le titre. Parti dans la capitale du jeu, le groupe a alors l’idée de mettre en exergue tout le vice de la ville de par un son lourd, pesant même, pour au final pondre un « Animalize » aux  frontières d’un titre des Motley Crue. Mais cela, c’était sans parler de l’incontournable « Live it Up ». À ce sujet, disons-le clairement, le morceau est véritablement le porte-étendard de Black Dog Barking au vu du soin apporté au morceau. Une mise en scène remarquable. Des effets dans tous les sens. On dirait presque un mini film. L’intro est superbe et le reste du titre, puissant.

Au final, le rendu est plutôt bon. L’album est efficace, fidèle et plus original. Rien n’est à jeter, du début jusqu’à la fin de l’album, de « Ready to Rock » qui lève le rideau jusqu’au titre éponyme en passant par « Hungry » et son jeu de guitare aux accents hispaniques, sans oublier le ténébreux « Cradle to The Grave ». Oui, plus d’un serait également surpris de voir des mecs comme le groupe Airbourne abordables, sympas, qui ne crachent pas sur tout le monde pour montrer à tous combien ils sont « badass » et sauvages à la différence de certains…  Au hasard comme cela, un mancunien aux coupes de cheveux improbables, arrogant, provocateur, imbu de lui-même et accessoirement ex leader d’un grand groupe Britpop devenu célèbre grâce à leur tube inclassable « Wonderwall ». Ça y est ? Non, chez Airbourne, le rock’n’roll coule dans leurs veines. Il n’y a qu’à voir leurs shows à l’Australienne. Démentiels ! Vous aussi vous avez en tête l’image du chanteur et guitariste Joel O’keeffe en train de faire ses solos de guitare suspendus aux structures de la scène à 20 mètres du sol et sans sécurité ? Un malade ! Non et puis ce n’est pas comme s’il s’occupait en plus de l’écriture et du chant même si ce n’est pas toujours très poétique. Ah ben si… Angus Young n’a qu’à bien se tenir.

Oui? le jeune homme avec la chemise au premier rang, vous avez une remarque ? Pardon ?! Vous osez dire que cela ne vaut pas les shows de Johnny ! Pauvre fou ! Que Dieu ait pitié de votre âme. Vous apprendrez mon garçon que le groupe est en concert en France à partir du 13 Novembre 2013 pour quatre représentations qui s’annoncent démentes et je pense que ceux qui étaient au Sonishpere à Amnéville le dimanche 9 Juin savent de quoi ils parlent. Pas vrai les gars ?

Les dates en France :

13/11/2013 : Radiant Bellevue, Caluire et Cuire (Lyon)

15/11/13 : La Laiterie (Strasbourg)

20/11/13 : Le Phare, Tournefeuille (Toulouse)

22/11/13 : L’Olympia (Paris)

Toutes les dates ici : http://www.airbourne-france.fr/concerts.html

NB : Je tiens à saluer au passage toute l’équipe d’Airbourne France qui fait un boulot remarquable, continuez ainsi les gars.

Site officiel d’Airbourne : http://www.airbournerock.com/

Site officiel d’Airbourne France : http://www.airbourne-france.fr/

By Marcus Bielak

Une réflexion sur “Airbourne – La sauce piquante australienne !

  1. Airbourne, pas encore connu du grand public que j’adorais déjà ! Airbourne c’est un peu AC/DC sans le génie, même si c’est très bien fait, si c’est de l’énergie rare et rock qu’on ne voit plus beaucoup, aujourd’hui… Je suis comblée par le nouvel album !

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