Axel Bauer

Axel Bauer, l’interview

Bauer, Bauer.. Après 7 ans d’absence le voilà de nouveau en haut de l’affiche. Certes, vous ne le verrez pas remplir le zénith de votre ville, mais plutôt les petits bars. Certes, son album n’a pas fait autant de bruit que l’album de la pseudo « Génération Goldman ». Mais après tout qu’est ce que l’on demande à un musicien, un chanteur ? De se prostituer pour la gloire comme les derniers que j’ai cité au-dessus ? Ou alors de remplir des petites salles tout en faisant de la bonne musique et en n’ayant plus rien à prouver à personne ? Bauer, c’est un petit peu ce cas. Le mec sort dans les années 80 le tube d’une génération, le mythique « Cargo », puis absence.. Puis bim! Il revient en 90 et sort le tube « Éteins La Lumière » et puis de nouveau cette absence.. Et rebelote dans les années 2000 avec le très bon duo avec Zazie: « A Ma Place » et ce silence encore et encore. A croire qu’il fuit le public, la médiocrité des gens. A croire, qu’il emmerde la merde qu’écoutent les français en se disant « Moi, je sors un tube par décennie et ça marche très bien. » . C’est un petit peu ça d’ailleurs…

Je vous laisse découvrir la personnalité du pote de Jean-Louis Aubert dans cette interview.

AB

Pdr : Tout comme Alain Chamfort, le contrat qui vous liait avec votre maison de disque a été rompu. N’est ce pas frustrant?

Axel Bauer : Non, j’ai même ressenti une grande liberté depuis. Les majors ont certes les moyens mais ces grosses machines tournent lentement. Mon autonomie retrouvée me permet d’avancer à mon rythme.

Pdr : « Mon autonomie retrouvée me permet d’avancer à mon rythme. »
Les majors traitent-ils les artistes comme des esclaves?

AB : Mais non il faut arrêter les clichés : le producteur imbécile avec son gros cigare et l’artiste cocaïné qui signe d’une croix son contrat. On n’est plus dans les années 50 ! Le contrat d’artiste a ses contraintes, je voulais devenir mon propre producteur, c’est à dire être autonome.

Pdr : Le thème de « peaux de serpent » est sombre, tombe même carrément dans le nihilisme. Pour quelles raisons?

AB : C’est un disque d’espoir avec de vraies questions posées parfois, des questions existentielles. Il varie entres ombres et lumières. A l’inverse, je ne sais pas ce que c’est que la musique « Happy » ? Renée la taupe ? Patrick Sébastien ? La musique happy, moi ça me déprime.

Pdr : Pourquoi avoir choisi ce nom d’album?

AB : Le nom est tiré d’un texte de l’album qui dit : « Je fais de mon corps, un temps insolent ou je pose mes leurres, mes peaux de serpent ». C’est l’idée de se débarrasser du superflu pour être libre. J’aimais ce film : Sailor et Lula (de David Lynch) où Nicolas Cage arbore fièrement sa veste en peau de serpent, symbole de son identité. Le serpent quitte sa peau pour se recréer. Je ne retourne pas ma veste pour autant.

Pdr : « Le serpent quitte sa peau pour se recréer. » Le concept est intéressant, mais à force de trop vouloir créer ou recréer certains artistes se sont perdus comme U2 par exemple. N’avez-vous pas peur? Parce que malgré tout.. 7 ans de silence c’est long ?

AB : Seul le temps des rencontres existe. j’ai voulu prendre le temps pour cet album. C’est un risque mais je préfère balancer un bon disque de temps en temps qu’un truc jetable tous les ans. Personne n’est parfait ! U2 s’est perdu ? c’est un avis subjectif il me semble mais soit, puisque c’est vous qui le dites… Se recréer cela peut vouloir dire que l’on s’approche encore plus près de soi.

Pdr : Lorsqu’on cite Axel Bauer les gens de n’importe quel âge entonnent le refrain « Et cette machine dans ma tête… » Objectif atteint?

AB : A l’époque c’était juste mon premier single, aujourd’hui c’est un standard. La vie est drôle, elle est pleine de surprises. ce titre sera sûrement mon épitaphe, Cargo a 30 ans aujourd’hui, c’est un anniversaire !

Pdr : Que pensez-vous de la nouvelle génération rock?

AB : Plutôt très créative non ? j’aime bien les mélanges d’électro et de guitares. La crise du disque a cela de bon qu’elle a fait émerger toutes sortes de talents qui sont là pour les bonnes raisons.

Pdr : Certes, bien que de nos jours nous n’avons plus un groupe capable de marquer toute une génération comme les Beatles, les Stones, Joy Division, Nirvana & co.. Mais que pensez-vous, vous en tant qu’ancien du rock, vous qui connaissez Jean-Louis Aubert, de ces jeunes français qui chantent anglais. N’est ce pas du gâchis?

AB : On a tous envie de chanter en Anglais quand on commence. C’est plus facile et tout le monde n’est pas né avec la plume d’Aragon. Si l’objectif c’est de vendre des morceaux dans le monde entier, c’est bien plus facile de chanter en Anglais en tous cas. Moi le mien est plus restreint, je n’ai aucune envie d’aller chanter pour une bande de bouseux au Texas.

Pdr : Préférez-vous être reconnu par les spécialistes ou aimé par la populace qui vénère Guetta?

AB : Je n’ai pas envie de choisir entre peuple et spécialistes. Une bonne chanson peut plaire à tout le monde. Cette scission entre peuple et élite, c’est très clivant. C’est même assez dévalorisant pour le peuple. Reconnaissez que quand vous deviez avoir 8 ans, vous écoutiez des trucs inavouables je pense que l’on peut avoir un cœur ouvert.

Propos recueillis par Yohann Dufour

By Yohann Dufour

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