James Blake

Overgrown de James Blake, l’électro expérimental au rendez-vous

 Le 8 Avril dernier, un jeune londonien posait une petite bombe dans la musique expérimentale : Overgrown, écrit et composé par James Blake. De ce fait, le chanteur et compositeur so british propose une suite à son premier album éponyme sorti en 2011. Retour sur l’arrivée discrète d’un jeune homme de 24 ans, encore peu connu du public français, qui se fraye un chemin entre les hautes herbes de l’électro pure souche.

Par quoi commencer. Avant toute chose, il est assez difficile de définir James Blake en quelques mots. Un univers sombre, des paroles d’amour triste dans un chant lancinant, une voix qui paraît frêle et un beat désarticulé pourraient déjà nous donner peut-être une vague idée. Mais ce n’est pas que ça. Il existe dans sa musique une perfection originale, qui ne ressemble en rien à l’électro lisse que l’on peut parfois entendre. Chaque son est étudié, chaque changement dans le rythme est une sensation auditive qui dévie, se contorsionne et se disperse dans l’oreille.

Mais parlons plutôt de son premier album : l’anglais sort en 2011 James Blake. Après différents EP, des collaborations diverses – on peut retenir le featuring avec Bon Iver sur « Fall Creek Boys Choir » –, celui-ci est un album contrasté, avec des morceaux teintés d’un calme parfois peu harmonieux qui malgré tout fonctionne. C’est étrange, on ne comprend pas toujours pourquoi l’artiste a eu l’idée de mixer ses morceaux de telle ou telle façon, mais qu’importe, c’est original, avec une profondeur et une beauté difficile à cerner aux premiers abords.

On peut retenir de cet album « The Wilhem Scream », « Limit to Your Love » qui est la plus connue de l’artiste à ce jour, « Why Don’t You Call Me » et ses accords soul/hip-hop, « Once We All Agree », et « A Case Of You ».

James Blake

James Blake

L’originalité du premier album m’avait vraiment surprise, tantôt déçue, tantôt enchantée, j’attendais donc beaucoup de ce deuxième album pour me donner une idée plus précise.

Je commence donc par « Overgrown », premier titre de l’album. Tout commence bien, je retrouve le petit James toujours aussi torturé, comme on l’aime. Ce morceau à quelque chose de singulier, de très agréable pour commencer ce petit tour musical. S’ensuit « I Am Sold » qui reste vaguement dans l’oreille, puis vient le tour de « Life Round Here », un morceau beaucoup plus mature, recherché et simple à écouter.

« Take A Fall For Me » est un duo assez étonnant avec RZA, que je connais uniquement grâce à son – bon – featuring « The Baddest Man Alive » avec The Black Keys pour son film – raté – The Man With the Iron Fists. Ici, cependant, exit la déception, bonjour l’agréable surprise !

Vient ensuite le morceau phare de l’album, Retrograde, qui se différencie largement des autres titres, plus simple à écouter, plus commercial mais mon dieu, qu’est-ce que c’est beau. S’il y a bien un titre à écouter en premier, c’est surement celui-là, pour son début très calme, son virage beaucoup plus oppressant et sa sirène quasi omniprésente.

« DLM » n’est pas mauvais mais ne rivalise guère comparé aux autres titres de l’album et paraît un peu fade si l’on regarde un titre en arrière. Le piano est cependant très beau et illumine à lui tout seul le morceau. « Digital Lion » arrive rapidement, on revient aux sources du post-dubstep si cher à James Blake. C’est calme, une expérience, une fois de plus. Ici, on a affaire à de nombreux effets musicaux, bien calibrés qui change du tout au tout selon les moments.

« Voyeur » et « To The Last » sonnent dans les oreilles comme une continuité dans l’album, plus recherchés que les titres du premier album mais qui ont du mal à se rapprocher de la qualité de Retrograde ou Overgrown. Malgré tout, mention spéciale à la voix de James, qui part dans les aigus dans la dernière, il a quand même du coffre ce garçon.

« Our Love Come Back »vient fermer la marche, dans le même genre qu’Overgrown, comme si cette parenthèse musicale était un cercle et que le début ne correspondait en fait qu’à la fin. Moins d’effet, plus de ressentis : c’est peut être ça, la vraie musicalité d’un morceau. M. Blake en ressort grandi, plus adulte, plus mûr aussi. Et nous aussi.

Vous l’aurez compris, écouter James Blake n’est pas une mince affaire, il faut être patient(e) afin de l’apprécier comme il se doit. Ce n’est peut-être pas plus mal. Overgrown, c’est un peu comme du bon vin, ça il s’apprécie avec le temps.

Overgrown, sorti le 8 Avril 2013.

http://jamesblakemusic.com/

By Juliette Goux 

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