The Black Keys

The Black Keys: Live du 30/11 au Halle Tony Garnier

El Camino, patronyme donné au dernier album des Black Keys, actuellement en pleine promotion de leur dernier LP à travers l’Europe après le carton de Brothers. On les avait annoncé à Rock en Seine cet été puis ils sont partis pour mieux revenir. Nous avons pu les retrouver dans l’hexagone le soir du Vendredi 30 Novembre au Halle Tony Garnier à Lyon pour leur dernière date sur le territoire. Le Peuple du Rock a donc tenu à les revoir une dernière fois avant que la Terre ne soit anéantie (triste sort)… Ou avant qu’ils ne reviennent jouer en France courant 2013. Complet quelques jours avant la représentation, l’affiche faisait bien baver avec en première partie des blues men: la formation britannique The Macabees.

Nostalgiques assumés du bon vieux son roots, les temps ont changés pour le chanteur Dan Auerbach et le batteur Patrick Carney avec la sortie dans les bacs de El Camino, plus pop que le reste de la discographie déjà bien remplie du duo. Beaucoup ont étaient rebutés par celui-ci, en particulier les fans de l’ère The Big Come Up ou du plus récent Brothers, jugeant El Camino infidèle à la recette de la maison.

Le problème, c’est toujours de faire autant que le succès précédent, voire mieux. Néanmoins, El Camino est un très bon album, transpirant de tubes ultra appréciés comme « Gold on the Ceiling » ou « Lonely Boy » que l’on a déjà pu moult fois entendre à la radio, à la T.V, en fond sonore de pubs etc. (c’est peut-être là le problème). En tout cas, ça ne m’a nullement empêché d’aller les voir sur scène.

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Arrivés une heure avant, on est un peu surpris de voir si peu de gens les attendre mais la crainte s’est vite évaporée avec l’arrivée en masse du reste du public au moment où les Macabees entraient sur scène. Le nom peut prêter à la plaisanterie et les pires calembours ont fait le tour de la Halle. On retiendra le : « ils sont trop mortels ! ».

Bon trêve de plaisanteries…

Ne m’étant jamais trop penché sur leur travail, j’étais tout ouïe d’entendre ce qu’ils nous réservaient. On les dit rock indé, je les dit pop anglaise, avec un peu de basse, de percussions bien lourdes, des cheveux en pagaille, des couettes mal arrangées et des mèches rebelles.

Après, on est à des kilomètres d’une pop « populaire » que l’on a l’habitude d’entendre sur les radios en se tortillant dessus un samedi soir. Ce qu’ils produisent n’a rien de mainstream.

Nous sommes plus devant une pop soupe au lait, tantôt sur un tempo lent et planant, tantôt sur des passages nerveux à la guitare électrique comme sur « Feel to Follow » par exemple. Ce qui vient ternir l’instant, c’est ce manque de structure. En effet, les musiques ne se démarquent pas trop les unes des autres. Du coup, on se retrouve presque à écouter une longue et même mélodie de 40 minutes. Autant dire que le public, insensible et pas forcément adapté, s’est vite lassé de leur prestation, venu plus pour en prendre plein la tronche que pour admirer la sensibilité de leur musique.

Néanmoins, la voix posée et toute en retenue du chanteur a de quoi en toucher plus d’un, surtout lorsque derrière, on est accompagné de musiciens plutôt adroits il faut le dire, à l’instar du jeu impeccable du batteur du groupe.

Notre assortiment de mécheux talentueux parti, il ne nous reste plus qu’à patienter avant l’arrivée des « notes noires » et non « clés noires » comme disent la plupart des gens…

L’assistance se recentre et peut profiter de quelques musiques Soul et Jazz. La reprise de « I Can’t Get Know » d’Otis Redding et le non moins célèbre hymne à la bonne humeur « Evererybody needs Somebody » viennent réanimer un public, visiblement non rassasié par la première partie, de plus en plus à cran à l’idée de prendre une décharge d’électricité sonore dans les tympans. Pendant ce temps, Le staff technique avait réaménagé la scène en installant la batterie sur le devant de celle-ci, afin que l’on puisse profiter de nos deux protagonistes, bonne idée pour le coup. Les lumières s’éteignent, les cris haletants se font de plus en plus tumultueux, voire assourdissants.

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Les Black Keys ne se font pas prier bien longtemps, déboulant sur le titre « Howlin’ for You », extrait de leur avant dernier album Brothers. Les gens chantent, pardon hurlent au moment des « Lalalala », où lors les solos de guitare sur « Next Girl ». « Run Right Back », titre tout aussi pêchu et virevoltant que ses prédécesseurs, ne vient pas gâcher la fête. Premier morceau issu de leur dernier album studio El Camino joué ce soir, il introduit avec panache le morceau suivant « Same old Thing », issu lui du tortueux album Attack and Release. Transformé en une véritable marmite bouillante, la fosse a pu profiter des talents de musicien du chanteur et guitariste Dan Auerbach, paré de sa belle chemise bleu ciel satinée et de sa barbe faussement mal-entretenue mais également de son sens du show. Un artiste né. Patrick Carney, le batteur, était quant à lui plus réservé, concentré mais terriblement en place, bien plus branché à l’idée de fracasser ses fûts rayés d’une multitude de couleurs que de faire le pitre à la manière d’un Keith Moon.

On commence à souffler un peu avec le morceau « Thickfreaness », c’est dire si vous connaissez le titre… Mais la foule devient vraiment euphorique lorsqu’est joué l’inévitable et bourrin « Gold on the Ceiling ». S’amène ensuite l’invité surprise « Girl is on my mind », tiré de, sans nul doute, l’un de leur meilleur album: Rubber Factory. Le morceau, excellent, calme la foule sans pour autant casser le rythme effréné qu’offre notre duo incroyable de l’Ohio.

La suite des choses est un peu moins explosive. Telle un voisin agacé par le bruit de la  fête organisée au dernier étage et qui viendrait toquer à la porte des jeunes fêtards, l’ambiance descend d’un cran. Illustration avec « Little Black Submarines », une musique de El Camino que j’affectionne particulièrement tant par le songwriting de Dan Auerbach, (décidemment majestueux) en proie aux doutes et rongé de l’intérieur, que par le passage du changement de grattes, alourdissant le sens de la musique, qu’il a bien évidemment effectué sur scène.

Il est pas loin d’onze heure du soir et malgré ce qui est passé au crible, tout le monde attend LE morceau, celui qui va redonner toute l’intensité perdue au fil des titres précédents. C’est « Lonely Boy » qui s’en chargera, premier gros tube du groupe après 10 ans de carrière. Dan s’accorde à gratter avec soin et pour notre plus grand plaisir ces riffs illustres et ravageurs que tout le monde s’est adonner à reprendre. Ils reviennent ensuite sur le sublime « Everlasting Light », illuminés par la lumière des projecteurs bleus et jaunes avant de finir sobrement sur « I Got Mine ».

Conquis, on retourne dans le froid glacial de Lyon avec le sourire. Carrés, propres et sans fausse note. Si l’on voulait chercher la petite bête, on aurait justement pu leur reprocher un manque de surprise, d’innovation, de prise de risque, eux qui ont commencé leurs premières tournées à sillonner les US à bord d’un van crasseux. Cependant, tout ceci n’enlève rien au fait que ce Vendredi 30 Novembre, le Halle Tony Garnier a bien tremblé.

Set-List : Howlin’ For You – Next Girl – Run Right Back – Same Old Thing – Dead And Gone –Gold on the Ceiling – Thickfreakness – Girl is on my mind – Your Touch – Little Black Submarines – Money Maker – Strange Times – Sinister Kid – Nova Baby – Ten Cen Pistol – She’s Long Gone – Tighten Up – Lonely Boy –  Rappel Everlasting Light – I Got Mine

By Marcus Bielak

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