Review

Sallie Ford & The Sound Outside : Rebels, rebels

Qu’est-ce que signifie « être rebelle » ? Difficile de répondre à cette question : est-ce être hors de la société ? Est-ce être dans la société mais en rejetant son ordre et donc en cherchant à la faire bouger par des moyens divers et variés (voire illégaux) ? Est-ce tout changer, ou changer une partie ? Une chose est sûre, la rébellion se porte en soi, dans ses tripes. Surtout quand on fait de la musique.

Sallie Ford & The Sound Outside, c’est un peu ça en réalité. La jeune fille, 22 ans, est partie en croisade contre la mode musicale, comme elle le déclame dans le titre « I Swear » extrait de son dernier album Dirty Radio sorti en octobre 2011 : « Quand j’allume la radio / Tout se ressemble / Qu’est-ce qu’ils ont fait à la musique ? Ils s’en foutent tous / Eh bien, je jure de dire toujours ce qu’il ne faut pas / Même si je ne passe jamais à la radio ». Première idée de la rébellion qu’elle détaille encore dans une interview accordée à Télérama : « La mode m’a toujours fait peur, puisque, par essence, elle ne peut que se démoder. Et la musique, c’est pareil. La technologie ne me fait pas rêver, elle gomme tous les défauts. Sur les ondes, tout se ressemble parce que tout a le même son digitalisé. […] J’ai envie de faire plus de bruit, de jouer plus vite. Surtout pas de devenir la nouvelle diva mainstream. »  C’est pour ça que leur album a été enregistré dans les conditions du « live ».

Sallie Ford & The Sound Outside © Melani Brown

Concrètement, Sallie Ford est rebelle. La meilleure musique pour être rebelle, c’est le rockabilly, car il est originellement cette musique avec laquelle les jeunes des années 60 se sont rebellés contre la musique dominante. En France, les yéyés se sont rebellés contre les amateurs de jazz. C’est ainsi que Dirty Radio est un concentré de cette musique, agrémentée de pincées de blues et de country (This Crew). La musique américaine dans son essence, avec un punch non négociable. Cocasse pourtant de retrouver Sallie dans ce style de musique lorsqu’on sait qu’elle a commencé son parcours musical par un apprentissage du…violon classique. Elle en dresse un portrait assez mitigé, affirmant que dans ce milieu, « Seule la technique importait, et que la meilleure gagne ! ». D’où ce retour à une musique plus primitive.

Musique qui est bien servie par sa voix : on jurerait avoir à faire à un disque de Wanda Jackson. On l’a déjà comparé à Billie Holiday, Bessie Smith, Ella Fitzgerald…rien que ça. Sa voix est en toute profondeur, en puissance incontrôlée. Ses intonations sont parfaitement calibrées, ses éraillements nous font nous replonger dans les « good old days », les fifties and sixties, une époque qui ne se démode jamais, en fin de compte.

Au fait, Sallie est native de Caroline du Nord, et vient d’une famille d’artistes : le père était marionnettiste, la mère musicienne, une sœur danseuse et l’autre actrice… Elle déménage en 2006 à Portland, Oregon, où elle est serveuse. Elle se produit aussi, seule ou en groupe avec des amis (Ford Tennis à la batterie et Tyler Tornfelt à la contrebasse), dans des soirées « open mic » à Alberta Street. Elle rencontre là-bas Jeffrey Munger, guitariste. Et pour compléter le tableau, leur album a tous à été produit par Mike Coykendall et Adam Selzer, connus sur Portland et connus surtout pour être les collaborateurs de She & Him et de M.Ward. On comprend mieux alors…

A la différence d’autres (comme Chris Isaak), Sallie Ford ne rend pas d’hommage à une époque, une des dernières qualités du rebelle. Elle produit des chansons originales, laisse sa créativité éclater au grand jour. En ce sens, son album n’est pas un album nostalgique, il est empreint de son époque sans en être témoin. Sa musique bruyante et passionnée nous donne envie de la voir sur scène.

Cela tombe bien, elle est actuellement en tournée européenne : après deux concerts à Lens et à Reims, elle sera ce lundi 19 novembre à Paris au Trianon, pour la modique somme de 27,50 euros. Après un détour par la Suisse, elle sera à St-Etienne le 22 novembre (Le Fil), puis enchainera en décembre Bordeaux, Marseille, Nîmes, Strasbourg, Orléans et Le Mans. Pour les dates précises des concerts en décembre, je vous engage à consulter son site internet www.sallieford.com.

Ah, et pour finir…son nouvel album, Untamed Beast, sort le 19 février 2013.

Dans les bacs actuellement : Dirty Radio (11 octobre 2011)

By Mickael Chailloux

Une réflexion sur “Sallie Ford & The Sound Outside : Rebels, rebels

  1. Pingback: Live report : Sallie Ford lâche la bête au Trianon « Le * Peuple Du Rock * Webzine

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