Tears of Hope

Tears Of Hope: De l’autoprod française de bonne facture

Derrière Tears of Hope, il y a Cédric Busque: auteur, compositeur mais aussi chanteur et guitariste du groupe. Il y a de cela quelques semaines Cédric nous envoyait son premier album Acousting Meeting. Un album assez intimiste puisque enregistré avec seulement deux guitares et une ou deux voix suivant les morceaux, avec l’impression que tout se passe dans votre salon. La plupart des morceaux ont la particularité d’être des duos, Cédric ayant choisi de partager avec un invité différent chacune de ses compositions (ou presque). L’album évolue entre rock et folk, mais pas que… Cédric est un touche à tout, il existe deux versions de cet album, et à vrai dire ce concept m’a tellement intrigué que je lui ai demandé s’il voulait bien se prêter au jeu d’une petite interview:

PdR : Histoire que les personnes qui nous lisent te connaissent un peu plus, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Cédric Busque: Je m’appelle Cédric Busque, 26ans et je suis de Narbonne. Auteur-compositeur-chanteur et guitariste de Tears of hope.

PdR : Depuis quand fais-tu de la musique et comment cela t’est-il venu ?

C.B : J’ai commencé la guitare à l’âge de 11 ans. Les hommes de la famille sont tous plus ou moins des musiciens. A cet âge là je me souviens avoir découpé dans du carton des guitares pour me les accrocher au cou et faire des concerts dans ma chambre en me prenant pour James Hetfield. Un jour que mon oncle n’était pas là, je suis entré dans sa chambre et j’ai posé mes mains sur une vraie guitare et là … Je me souviens avoir trouvé ça plutôt facile, je reproduisais « Wherever I may roam » et « Enter sandman » de Metallica et comme par magie, à chaque fois mes doigts se posaient pile poil au bon endroit, j’ai continué …

PdR : Personnellement, je ne te connaissais pas avant de poser les oreilles sur ton dernier travail, qu’as-tu fait avant ça ?

C.B : J’ai eu mon premier groupe (Six for an eye) à l’âge de 15/16ans un genre de métal-fusion à la Limp Bizkit qui a relativement bien marché dans notre région. Puis quand l’aventure s’est terminée, il se trouve que le groupe que j’admirais le plus cherchait un bassiste, ce groupe me faisant rêver depuis des années, je leur ai menti en disant que j’étais bassiste … Je me suis procuré une basse et en une semaine je connaissais tous leurs morceaux. Je me suis donc lancé dans cette aventure de bassiste dans le groupe Furaya (Fury Hip-hop hardcore) pendant à peu près 7 ou 8 ans. Quand arriva le temps du split pour Furaya, j’en avais un peu marre de la basse et je voulais revenir à mon premier amour : la guitare. Après m’être confronté à un manque de sérieux de beaucoup de musiciens dans un nouveau projet de groupe rock j’ai décidé de faire un groupe avec pour seul et uniquement membre : moi-même. Etant seul, il m’était difficile de faire du rock donc je me suis mis au pop-folk et contraint de m’improviser chanteur (je déteste ma voix).

PdR : Tu est tout seul mais Tears of hope c’est aussi une histoire de collaboration…

C.B : Tears of hope a en réalité démarré en duo avec la chanteuse Maryline Lecomte (Star Academy) puis elle a été très vite remplacée par Wilfried Chollet (Furaya) avec qui j’avais un groupe de reprise de Ben Harper (Goodfellaz). En même temps je créais des morceaux que je faisais pour m’amuser en répétition et c’est Will qui m’a convaincu de me lancer en public entre quelques reprises de Ben Harper. Voyant que ça plaisait, j’ai sérieusement lancé Tears of hope. Aujourd’hui il existe 2 versions de Tears of hope : la première en acoustique seul, la seconde est une autre version avec une dizaine de musiciens avec qui j’ai la chance de jouer et avec qui nous reprenons quelques morceaux de la version acoustique plus d’autres morceaux que j’écris exclusivement pour une version plus « bruyante ».

PdR : C’est un peu du grand écart entre les deux exercices, non ?

C.B : En effet, d’une version à l’autre ça passe du pop-folk au reggae rock à la Manu Chao ou Mano Negra. Cette seconde version me permet de revenir à une musique avec distorsion que j’affectionne tout particulièrement. Donc 2 versions de Tears of hope très différentes mais c’est aussi le but, étant le seul compositeur je m’étais donné pour règle de ne me poser aucune barrière de style ce qui me permet d’avoir écrit le 2ème album en version électrique « all the band », le 3ème album (le second acoustique) qui est bientôt terminé et d’entamer l’écriture d’un 4ème album qui sera lui dans un style plus éléctro/reggae/rap/pop un peu à la Damian Marley/Nas. J’ai tout de même une préférence pour la version « all the band » car cette aventure est aussi humaine et j’apprécie beaucoup chacun des membres, que je considère comme ma deuxième famille et à terme j’aimerais tourner en live exclusivement avec cette version sans pour autant arrêter la production d’albums acoustiques. Le « all the band » est composé de David Cebe à la batterie, Maxime Benavent à la basse, Mustapha Mahdaoui aux percussions et nous sommes en train de faire passer des auditions pour un guitariste, un pianiste, des cuivres, deux choristes et un sampler.

Cédric Busque

PdR : Chaque morceau d’une des deux version de l’album est une collaboration. Qui sont ces collaborateurs ? Pour ma part je n’en connais aucun, il y a pourtant de belles voix… Est-ce que ce sont des gens qui gravitent dans ton espace et qui tentent de percer ou pas du tout ?

C.B : Je me suis entouré d’artistes de ma région ou de connaissances dont Nika que j’ai rencontré à l’époque ou elle montait seule sur scène avec sa guitare et faisait les premières parties de Furaya, j’ai toujours voulu travailler avec elle et ce fut l’occasion de lui proposer. J’ai rencontré Maryline Lecomte après sa sortie de la star academy. Amanda Arnaud est une fille que je connaissais au Lycée et qui faisait du cabaret à Paris. Marine Moreno et une chanteuse d’orchestre qui anime les bals de ma région. Colin Vauthier est le chanteur du groupe Civil War et Samuel Debout en est le guitariste, il est aussi accessoirement sonorisateur et producteur de « Acoustic meetings ». Wilfried Chollet ex chanteur de Furaya avec qui j’ai partagé les scènes pendant 7/8 ans. Et Clara Gruber ex-choriste du « all the band » de Tears of hope.

PdR: Et côté réalisation, tu as tout fait en solo ou là aussi tu t’es entouré ?

C.B : Oui, les collaborations ne s’arrêtent pas là, puisque Soundlife (Samuel Debout et Morgan Dufour) se sont occupés de la prise son, du mixage et du mastering complet de l’album et de la correction et traduction des textes en anglais (n’étant pas moi-même super bon en grammaire anglaise, les derniers détails ont était réglés par Soundlife). Pour la pochette, Maxime Benavent (bassiste de la version « all the band ») a eu l’idée de cette photo.

PdR : Pourquoi l’autoproduction ? Est-ce plus facile pour toi ? Les labels sont-ils difficiles à approcher ou plus difficiles dans leurs choix ?

C.B : Au départ, l’idée d’autoproduction s’est imposée par manque de label, puis c’est devenu un choix de vouloir faire un album où, justement, ne pas avoir de label et donc avoir un son presque « home », entrait dans le concept de l’album acoustique et collerait à l’image du groupe. Si j’ai l’occasion un jour d’être signé par un label, cela sera juste la cerise sur le gâteau mais pour l’instant cela me va bien d’enregistrer comme je le fais. C’est aussi gratifiant de se dire que l’on n’a pas besoin d’être signé pour faire des albums et que ce n’est pas une question d’argent mais d’âme. Je compte d’ailleurs pousser l’idée à l’extrême pour l’enregistrement du 2ème album acoustique en l’enregistrant en extérieur. Pour moi le processus de création d’album est surtout, à l’image d’une thérapie, de vider ce que j’ai de trop plein en moi. Si j’avais les moyens, je sortirais un album tous les deux mois. C’est assez frustrant d’avoir de quoi faire 4 albums mais d’en avoir qu’un seul de public mais je n’ai pas les moyens d’entrer en studio tous les deux mois, donc enregistrer avec un son très moyen et en faire ma signature est la solution que j’ai trouvé.

PdR : Quelles sont tes références musicales, et sont-elles loin de ce que tu fais ou ton travail en est-il imprégné?

C.B : Pour mes compos, je m’inspire beaucoup de Manu Chao. Autant l’homme que sa musique, je trouve que c’est un bon exemple humain. Je pense que la musique fait partie d’un tout et que c’est bien de dénoncer les maux de la société sur de jolis textes mais il faut aussi être dans la rue pour voir ce qu’il s’y passe. Je pense pouvoir dire que je suis un de ces artistes engagés. Quand j’entends une aberration quelconque je suis souvent touché. J’ai pu participer bénévolement a des concerts pour l’UNESCO ainsi que pour deux associations (Sakado et ASARD) au profit des sans abris et je cherche un moyen de m’engager en tant qu’artiste dans plusieurs causes que je trouve juste.

Pour ce qui est des références musicales, dans une moindre mesure Damian Marley, Angus et Julia Stone, Cocoon, Eagle eye cherry et Ben Harper m’inspirent beaucoup aussi. Et je suis un fan absolu de James Hetfield (Metallica) mais cela ne s’entend pas dans ma musique.

PdR : Alors que beaucoup regardent vers l’électro ou le rock, ton album semble plus tourné vers le folk, chose que l’on ne croise pas souvent en France, tu aimes être à contre-courant ?

C.B : J’ai toujours aimé ne pas faire comme tout le monde, mais juste avant la sorti de l’album « Acoustic meetings » j’ai eu un moment de doute par rapport à ce concept très minimaliste puis je me suis rappelé que je faisais de la musique uniquement pour moi et peu importe ce qu’en pensent les gens. Je suis conscient de ne pas avoir la meilleure voix, le meilleur son et un anglais très approximatif mais encore une fois je ne fais pas ça pour atteindre la perfection. J’essaierai de l’atteindre avec l’album électrique mais pour ce qui est des albums acoustiques j’ai envie de donner l’impression à l’auditeur que quelqu’un joue dans son salon sans autre prétention que de fredonner quelques airs.

PdR : Personnellement c’est ce qui m’a plu aussi en écoutant ton album, l’impression d’intimisme.

C.B : L’album au départ, était destiné à rester en 1 seul exemplaire et à être gardé pour moi seul. Puis je me suis dit que quitte à l’avoir dans un tiroir autant le partager et c’est ce que j’ai fait et gratuitement. Il est toutefois aussi possible de l’acheter à 39 centimes le morceau mais c’est plus un soutien au groupe pour faire d’autres albums. Toute personne qui s’abonne à la page Facebook du groupe reçoit d’ailleurs automatiquement l’album, là encore j’ai beaucoup été critiqué par quelques artistes de ma région qui me disaient que je cassais le travail en faisant tout gratuit mais je n’ai pas l’impression de faire de la concurrence à qui que se soit. Cet album est gratuit et je pense que c’est ce qu’il vaut.

Pour ce qui est du style, je pense changer de style tous les 2 albums. Quitte à décontenancer le public, comme je l’ai dit avant, je fais de la musique uniquement pour moi. Le prochain album sera en version électrique dans un style proche de la Mano Negra ou Manu Chao, le 3ème album sera à nouveau acoustique et le 4ème que j’ai commencé à écrire sera électro/reggae/rap/pop. Je n’exclus pas, un jour, de faire du métal ou du classique. C’est peut être un concept que les gens ne comprennent pas mais je n’aime pas un style de musique : j’aime la musique. Et je serais fier d’être un des groupes pionnier de ce style là. Je pense que c’est l’avenir que de ne pas s’enfermer dans un style mais de faire de tout.

PdR : Un micro, une guitare, l’anglais, c’est gonflé comme choix, pourquoi ?

C.B : LOL, pour ma défense, l’album n’était pas prévu pour une sortie publique. Mais cette idée de liberté m’a beaucoup plu, me dire que maintenant je ne dépendrai plus de personnes pour faire de la musique et que si j’avais envie d’enregistrer quelques choses bah il suffisait que je sois là…. Pour ce qui est du choix de l’anglais, je pense que c’est dû à ma timidité. J’aurais eu peur de trop me dévoiler en français donc je me suis tourné vers l’anglais qui par ailleurs est plus simple pour s’exporter. Mais là encore je ne fais rien comme tout le monde, les textes que l’on peut entendre sont parfois en bon anglais, parfois dans un anglais approximatif (j’ai commencé depuis à écrire aussi en français) et c’est une image que je cultive que de faire les choses sans trop d’application mais plutôt de s’appliquer sur l’émotion et l’âme et peu importe si c’est un anglais parfait ou pas, la musique est faite pour faire passer des émotions puis de toute façon 90% des textes sont en bon anglais.

PdR : Ce qui n’est même pas le cas pour certains grands groupes anglais d’ailleurs…

C.B : Même au niveau de l’enregistrement il n’y a pas eu de prise de tête puisque nous avons fait ça dans un salon d’un petit appart d’un pote entre un canapé et un ordinateur et je pense que c’est ce qui fait le cachet du projet. Et c’est un tout. C’est peut être des restes de ma période rock métal punk que j’ai emporté aussi dans le style actuel de tears of hope. Après j’aime aussi le travail bien fait, sur les albums acoustiques j’ai envie de fonctionner comme ça, mais jetez une oreille ou même un œil (puisque il existe un clip) à la version « all the band » (version électrique de tears of hope) et vous y verrez à coup sûr une différence énorme voir gigantesque entre les deux sections. « On the ground » qui est le premier morceau de Tears of hope et dont le clip tourne sur le web est une version je pense très appliquée de Tears of hope et très loin du concept que je décris pour l’acoustique. Il existe aussi un documentaire d’une quarantaine de minutes sur Tears of hope réalisé par la kinéole production qui montre comment fonctionne le groupe de l’intérieur pendant les répètes ou le studio. Je trouvais intéressant de plonger le public dans l’antre du groupe pour encore mieux apprécier la musique après. La musique pour moi n’est pas qu’un son, c’est aussi une image, une idée, un rêve, un espoir.

PdR : Justement, histoire d’en faire partager plus au public, prévois-tu de donner des lives dans ta région ?

C.B : Depuis les débuts de Tears of hope (2011) nous avons dû faire une trentaine de concerts, mais nous ne cherchons pas de concert pour l’instant. Jusqu’à présent nous n’avons pas cherché à faire de concert ; Je préfère la création que la représentation. De plus, avant de monter sur scène je voulais travailler le show plus profondément et me donner le temps de grossir encore les rangs du groupe en incluant des instruments divers et variés. Quelques dates arrivent dont le 24 septembre à Narbonne aussi et la deuxième édition du concert de l’Unesco pour la journée mondiale de la paix en version « all the band ». Après cette petite série de concerts, j’aimerais me consacrer à l’enregistrement de l’album « all the band » et du 2ème album acoustique puis monter une petite tournée pour le printemps prochain et être au maximum présent sur les scènes de l’été prochain. Mais ce n’est que des projets et des espoirs …

PdR : Et bien si un jour tu passes par Toulouse, passe-nous le mot, je viendrais certainement jeter l’oreille. Merci Cédric, et on te souhaite le meilleur pour tout ce qu’il te reste à faire, car j’ai l’impression que tu ne t’arrêtes jamais ! J’espère que cet interview aura donné envie à nos lecteur d’aller creuser un peu ton univers, pour cela ci-dessous, quelques liens indispensables:

By Greg Pinaud-Plazanet

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