Foster the People

Foster the People: La machine est bien en marche

Il est des groupes de musique qui parviennent à convaincre et à marquer en un seul coup de maître. Foster the People, groupe de pop américain originaire de L.A, semble s’être bien ancré cette stratégie de conquérant en tête, enfin de là à dire qu’ils en sont, ça me semble un peu tôt pour en juger ainsi. Pour l’heure on vous propose une petite analyse de leur premier album parce qu’on est comme ça nous et je pense que beaucoup de gens seront intéressés par en apprendre un peu plus et de pouvoir juger par eux-mêmes.

Les membres de Foster the People

Torches, drôle de nom tout de même… Enfin voilà qui nous donnera une très bonne approche de la musique fraîche et dynamique du trio Foster the People: leur premier album sorti fin mai 2011. Alors certes, les mauvaises langues brailleront en disant que celui-ci est sorti il y a un an déjà mais qu’importe, qu’elles braillent et se collent à leur palais au lieu de se plaindre en vain (et toc !).

Bon avant de tout de suite incendier ou câliner l’album, un léger petit topo dsur ce groupe, histoire de poser les bases: C’est donc en 2009, suite à un coup de soleil californien sur la tête que Mark Foster, celui qui mène la danse, décide de tenir le pari de se lancer corps et âme dans la musique. Il se met donc à composer, écrire et former le groupe Foster and the People devenu très vite Foster the People (c’est plus rapide). Mark Pontius, qui percute les sons pointilleux de Foster the People et Jacob Cubie Fink à la basse, semblent avoir été eux aussi victimes de cette insolation et accompagnent ce cher Mark  dans sa folle aventure à la recherche des bonnes oreilles.

2010, il a fait chaud à L.A (enfin je crois…), les radios sont à l’écoute de nouveaux tubes sympas d’artistes injustement méconnus et passent depuis pas mal de temps quelques bons morceaux dont l’un de Foster the People, leur premier, « Pumped Up Kicks ». La justesse de Mark à se démarquer par son talent aura le résultat escompté. Le titre passe en boucle, les vues du clip sur Youtube s’enchaînent plus vite que les épisodes d’Amour, Gloire et Beauté. La chanson, elle, s’écoute et se réécoute, se chante par des cascades de casseroles qui bousillent le titre, se siffle à tout va en allant bosser ou se balader sans but précis, l’esprit vagabondant dans des pensées abstraites, bref, ils l’ont vraiment mis dans le mille en un coup les bonhommes.

Foster the People sur le tournage du clip Pumped Up Kicks

En général, quand ce genre d’évènement se produit, c’est plutôt bon signe. La chose difficile à présent lorsque l’on sort un single aussi bon que « Pumped Up Kicks », qui joue beaucoup sur son ambiance posée avec un bruit de fond un peu underground bien bossé et sa ligne de basse absolument impeccable, c’est d’arriver à emmener le public progressivement vers le reste de son travail. Parfois ça marche, parfois non. On pourrait illustrer ça avec MGMT et leur fameux tube « Kids ». En tout cas, pour Foster The People, la donne change et ils réussissent même bien leur émancipation en sortant de leur sac d’autres pierres précieuses, récoltées au fin fond du génie de leur chanteur, décidemment très habile avec ses petits doigts. Le Grand Journal sur Canal+  justement utilise une musique de Foster the People pour introduire la sublime Solveig, Miss Météo aux jambes incroyablement bien rasées, je parle là du morceau « Don’t Stop ». Si vous cherchez encore le titre, oui, c’est bien eux qui sont à l’origine de cette pop indie défrisante et foudroyante !

Stipulé dans le titre de cet article, la machine semble donc bien se mettre en marche pour Foster the People et c’est en mai 2011 que Torches, leur premier et très attendu LP, voit le jour. Bizarrement, à la première écoute, on se retrouve un peu dérouté et lors de la seconde, on adore et on en redemande encore et encore. Je m’explique: Le début de l’album laisse présager le ton que prendra celui-ci, une pop dance gracile, toute en légèreté et idéale pour bouger son gros derrière de son fauteuil et danser alors que la soirée bat son plein. Une musique où tu danses et où tu te poses pas une seule question quant à ce que peuvent déblatérer les membres du groupe puisque tu sais que ça sera sans aucun intérêt. Preuve à l’appui avec « Helena Beat », premier morceau de l’album. Le titre est accrocheur et entraînant mais reste beaucoup moins efficace que ses successeurs, « Pumped Up Kicks », « Call it WhatYou Want » et « Don‘t Stop », rien que ça. Puis soudain, comme un scratch un peu foireux d’un DJ qui passe un peu à côté de sa soirée, le titre « Waste » calme vite le jeu. Là on danse un peu moins et du coup, ça casse complètement le rythme de l’album. Bon, ça ne rend pas le LP mauvais, au contraire, ce choix d’une musique un poil moins dansante, presque mélancolique, rend l’écoute de Torches complètement différente. On découvre que Mark Foster écrit, en plus de jouer excellemment bien, sur différents thèmes comme l’amour avec les titres  « I Would Do Antything For You » (que c’est beau !), qui remet du baume au cœur à tous les romantiques qui aiment se trémousser sur la piste de danse ou  « Miss You », morceau un peu transcendantale, moins « Ce soir on va danser ! ». On appréciera également le morceau « Houdini » (pas le magicien…), assez travaillé dans son mélange d’electro et de pop des années 70, parsemé de sonorités minimalistes habilement incorporées.

La pochette de l’album Torches

Toujours est-il que ce qui marque et bluffe le plus dans ce premier album, c’est la manière avec laquelle Foster the People fausse notre perception quant à l’interprétation de l’album. On croit tout savoir de leur musique avant même de l’écouter et pourtant… Déconneurs et sérieux en même temps, attachants et diablement doués, en particulier le chanteur, les têtes brûlées de Foster the People semblent s’amuser et tentent, osent, sans crainte de l’échec. Un peu comme s’ils voyaient dans leur boule de cristal la réussite assurée, à l’image de l’avant dernier titre « Warrant », un morceau qui m’a particulièrement plu où on peut ressentir une certaine impudence de jeunes ados bourrés de talents qui bidouillent leurs jouets pour en faire un truc de dingue, avec cette intro pieuse et repentante juste magique. « Call It What You Want », elle aussi est géniale dans la manière de chercher l’originalité sur du beat box… non y a pas à chipoter des masses de plomb, ils sont doués les zozos

Lp présentant plusieurs chemins d’accès, Torches est un très bon album. Il parvient à nous décrire le monde tortueux de la nuit par le biais d’un son pop profond et sincère ou dance quand il s’agit de bouger, à l’image du dernier titre: « Broken Jaw ». Travaillé de façon minutieuse, peaufiné jusqu’à la moindre fausse note et à la fois très chiadé, surprenant, intéressant, reposant ou entraînant, cet envoûtant LP dévoile un groupe brillant malgré sa jeune expérience. On se contentera pour l’heure de l’unique album auquel on a eu droit et qui à mon avis, bien qu’il soit rentré dans les bacs l’année dernière, sera encore de sortie durant cet été 2012 décidemment très chaud, pffffou…

By Marcus Bielak

Une réflexion sur “Foster the People: La machine est bien en marche

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s