Découvertes

Black Joe Lewis & The Honeybears

Le Peuple du Rock a toujours un viscéral besoin de retourner aux sources bluesy du Delta. S’acoquinant au funk, se compromettant avec une soul sexy, il aime s’abreuver aux fontaines anciennes du blues et il aime onduler lascivement, rocker et roller, aux sons variés d’une belle musique black  ET texane. Mais si.

Comme ce peuple a de la chance. La Motown n’a pas dit son dernier mot, et James Brown n’a pas qu’un fils caché, sa progéniture gronde partout et sa filiation défie l’ADN. Si la filiation n’est ici que pure spéculation, hypothèse baroque, Black Joe Lewis a puisé beaucoup de son inspiration dans les cris funky de son pseudo père, en faux frère. L’attitude soul est posée et tant qu’à creuser un sillon, autant qu’il soit de vinyle, pour ne pas perdre d’oreille un son sixties sali par quelques fragrances modernes et une distorsion de mauvais garçon.

Black Joe Lewis & The Honeybears

Black Joe Lewis ne groove pas seul sur scène au chant et à la guitare, et s’accompagne généreusement de sept acolytes, les Honeybears. Le  groupe est clairement boosté par les cuivres omniprésents gonflés du souffle de Grizzly des ours à miel, un meneur charismatique au son d’une guitare crade, brute, épaisse tout en gardant la ligne, mélodique. Et oui, la soul peut être rebelle, et il se peut  qu’elle a trouvé son leader punk !

Black Joe Lewis nous envoûte facilement avec des chansons tendues, une voix puissante bien accordée,  prête à  nous délivrer tous les  « wouahou » funky que l’on désire. Au risque du Toc et du Tic. Et tac !

Soul, mais pas nostalgique, il semble nécessaire et urgent de se procurer « Scandalous » (2011), ici, maintenant.

Vu à l’Aéronef de Lille (version petite scène intime) le groupe est divin, peut-être moins pulsatif que prévu. Ne pas  forcément s’attendre à une présence forte. La soul est cool, et l’esprit est à la jam session, faisant place au moindre clin d’œil du patron à un solo plus long que « prévu » par exemple. Le concert s’embrase et se chauffe à la chaleureuse complicité entre les funksters du groupe : on attendra vainement les lumières clinquantes, les tenues de scène qui brillent, et des danseuses black au cœur. C’est sobre et détendu, no stress, no strass.

L’album promettait tant, déployé live, on l’a tellement rêvé que persiste néanmoins une légère mais persistante saveur douce amère. A trop espérer… il manque une indéfinissable note… Qui trop embrase, mal éteint ? Il faudrait le revoir ! Idéalement, dans une salle à la mesure de ses excès griffus de soulman rocailleux qui vous tient en respect au bout de six cordes et de sept cuivres. Vaste comme sa musique…

Dates de concerts ces prochains jours en France :

  • 10/7/2011 Angers, @ CHABADA
  • 10/8/2011 La Rochelle @ La Sirene
  • 10/11/2011 Rennes, @ L’Ubu
  • 10/13/2011 Strasbourg, @ La Laitere
  • 10/14/2011 Nancy @ Nancy Jazz Pulsation Festival.

By Vanessa Mans

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