Thomas Fersen

Thomas Fersen, un concert des grands jours.

Alors voilà, je suis assez sensible à l’univers humoristico-poétique de Fersen depuis des années, depuis son premier des huit albums studio qu’il a enregistré (si l’on ne compte pas son « Best of de Poche »). C’était il y a longtemps. 1993 pour être précis et il s’appelait « Le Bal des Oiseaux ».

Ce parisien à la bonne tête, de 8 ans mon ainé (il est né en 63, oui ça ne nous rajeuni pas, à qui le dites-vous !) est donc passé par Toulouse, ma nouvelle ville d’adoption. Je décide donc d’aller prendre mon e-billet depuis ma chaise car parfois je suis une feignasse de base et j’aime ça.

Ainsi le 07 Mai, soit un mois pile avant mes 40 ans (je dis ça au cas certains voudraient me faire un énorme cadeau bien sûr), Monsieur Fersen se produisait au Bikini, un club-salle de concert-resto-bar. Oui ça fait beaucoup et parfois faire beaucoup est l’ennemi du bien mais je dois dire que la salle est excellente. Bar au fond de celle-ci, scène à l’autre bout et comme la salle n’est pas immense comme un zénith c’est un cadre assez sympathique.

20h30, le concert débute. La troupe arrive sur scène dans le noir, seul Fersen, armé d’un parapluie et sur fond d’orage tonnant est soudainement éclairé sur la droite de l’estrade, récitant un poème. Car Thomas Fersen c’est ça : De la poésie. Pas du Lamartine certes mais de la poésie accessible et souvent pleine de jeux de mots rigolos il faut bien le dire. Il aime le second degré et ne se prive pas d’en jouer.

Et les voilà partis pour 2h et quart de concert dont 1h15 de rappels. Bon, en fait il aime faire une espèce d’entracte dans ses représentations, faut bien se rafraîchir, mais ça s’orchestre comme les rappels ce qui fait que souvent les gens autour disent « quoi déjà, non mais c’est quoi ça ??!! » mais non mon gars, il va revenir, il est allé pisser c’est tout…

Le concert démarre doucement sur des morceaux du dernier album et quelques autres. Il y a de la mise en scène, des changements de place parmi les personnes composant la troupe (batterie, piano, guitare, violon, accordéon et ce qui ressemble fortement à un petit harmonium). Ça pourrait faire un peu café-théâtre et c’est aussi pour cela que je l’aime bien. Il est tout sourire, prend vraisemblablement du plaisir à jouer devant une salle assez bien remplie. Le public réagit bien, il a d’ailleurs entonné le premier couplet de « Diane de Poitiers » tout seul, comme un grand, laissant à Fersen le soin de les écouter derrière son micro, manifestement agréablement surpris de ce happening.

A l’image de « Diane de Poitiers », d’autres chansons phares sont venues agrémenter le déroulement de son dernier album (« Je suis au Paradis »). Nous avons eu droit à un excellent « Monsieur »,une endiablée « Chauve-souris ». Nous avons aussi croisé un « Billy The Kid » en forme, une « Pièce Montée des Grands Jours » appétissante et bien d’autres encore.

Le public reprend aussi en chœur « Saint Jean du Doigt », inspiré par sa région d’adoption qu’est la Bretagne. L’ambiance est vraiment sympa et détendue, il y a un réel échange avec ce public toulousain. Sans doute pas plus qu’ailleurs, mais c’est là que j’étais alors…

Les intermèdes poétiques ou humoristiques ponctus certaines chansons, à un moment il se met au piano pour un morceau qu’il fini en disant qu’il irait bien se coucher, tout en chantant, le public lui répond que non, c’est trop tôt, mais il insiste encore et encore, parfois de façon détourné, comme un enfant qui veut un truc et qui essaie par tous les moyens de l’avoir, l’assemblée renvoyant invariablement la même réponse. Finalement il abandonne, le public a gagné le show se rallonge.

« Les Malheurs du Lion » sont un des rappels (le dernier je crois bien d’ailleurs) et le public exulte, sorte de fable à morale comme le faisait La Fontaine en son temps qui permet ce soir-là le dialogue du public avec Fersen au travers des paroles de la chanson, en finissant ses phrases sur un signe de tête encourageant du chanteur-poéte-amuseur. Pierre Sangra, dont c’était le jubilé ce soir-là est pour le coup seul à la guitare pour l’accompagner. Le public en a pour son argent. Moi aussi, après deux autres verres de vin pris en discutant avec une copine aux abords de la piscine du club, je décide de rentrer me coucher avec le sourire dans la tête et la promesse d’une tête dans le cul le lendemain matin car j’ai bien senti que le vin n’était pas excellent par contre…

                                                                                                                                                                                                                                      By Greg Pinaud-Plazanet

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