Edito de la semaine/Grandaddy

L’Edito de la Semaine

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Ça y est, une nouvelle semaine a débuté. Alors que l’on a l’impression, toute médiatique, que le monde ne tourne plus rond du tout de chaque côté de l’Atlantique, heureusement on peut se raccrocher à la musique, toujours en mouvement et souvent mouvementée, mais restant un point de repère non négligeable en ces temps agités. Ces derniers jours, les programmations de festivals continuent à se dévoiler et beaucoup donnent envie. Pour ma part, le pass trois jours du NOS ALIVE Festival de Lisbonne est enfin dans la poche. Il était temps car ils sont partis comme des petits pains. Il faut dire que le line up est costaud avec, entre autres, The Kills, Foo Fighters, Dépêche Mode, The XX, Royal Blood, Warpaint et Cage The Elephant. Bref, du beau, du bon, du lourd… En attendant le mois de juillet, je prends mon temps pour écouter des groupes émergeants, je vous en parlerai bientôt. Il faut que je rassemble ceux qui peuvent être présentés lors d’un prochain edito. Mais cette semaine, j’ai surtout été emporté par Last Place, l’album tout juste sorti d’un Grandaddy au meilleur de sa forme.

Mon histoire d’amour avec Grandaddy date d’il y a longtemps, mais a pris naissance par hasard, au détour d’une Black Session de Lenoir alors qu’il recevait un groupe dont je ne me souviens même plus le nom. A un moment donné, Bernard Lenoir a fait un parallèle, dont lui seul a le secret, avec Grandaddy, que je ne connaissais alors pas du tout. Du coup, ayant aimé le groupe qui passait et faisant une confiance aveugle à Bernard, je me suis précipité sur Grandaddy pensant naviguer dans les mêmes eaux territoriales. En fait pas du tout, cependant j’ai été pris dans la bourrasque d’Under The Western Freeway, sorti en 1996. S’en sont suivis deux albums incontournables dans leur discographie, en 98 et 99. La suite fut comme l’océan au passage d’un Cap Horn brumeux : des hauts et des bas. Je laissais donc Grandaddy au détour des années 2000 pour aller découvrir d’autres terres. Le groupe, emmené par Jason Lytle, a fini par se séparer en 2005.

Grandaddy-NA

Une continuité parfaite

Onze ans plus tard, le groupe annonce un nouvel album qui n’est sorti finalement qu’il y a quelques jours. La pause leur a fait du bien. Même si Lytle a vécu quelques passages tourmentés, il semble qu’il ait pu en tirer quelque quintessence. Last Place est juste l’album qu’il fallait pour compléter un diptyque imaginaire dont l’autre moitié serait surement The Sophtware Slump (1999), reconnu comme leur meilleur album. Même la pochette du disque fait raccord…

Eclectisme étudié

Grandaddy ne s’est pas réinventé pour ce disque. On retrouve instantanément la marque mélodique du groupe sur une base de guitares-synthé, toujours avec une pointe d’électronique, chère à Jason Lytle, en arrière plan. Un penchant toujours bien présent pour une voix planante qui pourrait rappeler à ceux qui ne les connaissaient pas encore, un certain groupe belge du nom de Girls in Hawaï. Sauf que la chronologie joue ici pour Grandaddy. De plus, Jason Lytle aime bidouiller et ajouter beaucoup d’arrangements que l’on ne s’attendrait sans doute pas à croiser sur des compositions. C’est un orfèvre: Tout est étudié, posé là et pas ailleurs, et toutes ces petites choses que nos oreilles se prennent à collecter tout au long de l’écoute finissent par former un tout des plus cohérent, n’enlevant rien au voyage auquel Last Place nous invite, indubitablement.

Plus on s’approche de la fin…

Plus le disque ralenti, se pose. Grandaddy vous a rappelé ce qu’ils savaient faire, il est temps de vous faire voir un peu de nouveauté. On quitte donc les tempo des premiers morceaux (Way We Won’t) pour quelques ballades plus nostalgiques (This Is The Part, The Boat Is In The Barn). Et comment ne pas sombrer avec Jed The 4th ou mieux encore: Lost Machine… Magnifique morceau, maitrisé à la perfection. Intimiste et mélancolique, ce morceau est, pour moi, l’un des points d’orgue de l’album. Là aussi les thèmes abordés se rapprochent de ceux évoqués par Lytle sur The Sophtware Slump. Certains morceaux sont plus sobres (Songbird), sans pour autant enlever à la qualité de l’ensemble qui reste assez sophistiqué. Bien plus d’ailleurs qu’à leurs débuts. L’évolution est à rechercher ici. Il n’y a qu’à écouter le surprenant That’s What You Get for Gettin’ Outta Bed.  On commence lentement, très bas  et sobrement pour arriver à une montée très orchestrée après une petite minute d’écoute, changeant définitivement le morceau et l’emmenant vers d’autres niveaux.

Le mot de la fin

L’album n’a pas vocation d’être spectaculaire, il est tout simplement d’une solidité à toute épreuve et Grandaddy réussi là un retour impeccable, ce qui est assez rare dans le monde de la musique pour être souligné. Avec Last Place, le groupe affiche une confiance retrouvée, au travers d’une musique apaisée. Non, Grandaddy ne s’est finalement jamais arrêté. C’est ce que l’on se prend à penser lorsque l’on pose les oreilles sur Last Place.

Greg Pinaud-Plazanet 

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