Edito de la semaine

L’Edito de la semaine

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Vendredi était une sale journée, pour moi en tout cas. Et c’est là qu’il est important d’avoir des amis… L’un des miens m’a embarqué direction Montpellier pour le troisième et dernier concert que The Cure avait prévu de faire sur le territoire français. Si cela ne sauve pas une journée, ça fait au moins oublier ses emmerdes durant plus de 2h30, et  ça n’a pas de prix. 2h30 de live donc, durant lequel 12 000 personnes ont pu apprécier la timidité d’un Robert Smith vieilli (mais comment pourrait-il en être autrement à 57 ans et des excès ?) mais encore sacrément en forme. A l’heure où tant de groupes viennent cachetonner (Pas de bonjour, pas d’au revoir, une heure de live au max…), il est toujours plaisant de voir que les vieux se font plaisir dans leurs tournées. Vingt-neuf chansons ont été enchaînées à grande vitesse, avec peu de mots (mais ça, on le savait), mais avec envie, plaisir donc et générosité. Seuls deux morceaux issus du prochain Lp ont trompé les fans qui connaissaient par cœur tous les textes de tubes comme Fascination Street, A Night Like This ou encore Why Can’t I Be You et Charlotte Sometimes. J’en passe, bien entendu car la liste est longue, mais si cela vous branche, vous pouvez la retrouver ici. Deux morceaux de moins qu’à Paris, un de moins qu’à Lyon, mais peu importe, l’ivresse était là, la joie du public bien palpable, et, l’énergie du groupe éclatante. Cela faisait 25 ans que je ne les avais pas vu sur scène, et comme dirait Robert : It makes « me feel like I am young again » (Lovesong).

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Et parce qu’il n’y a pas que les lives dans la vie, et que l’on aime aussi écouter de la musique en voiture ou à la maison, peinards, je suis tombé sur Light Years From Home, le second album solo de François Long. Alors beaucoup d’entre vous me demanderont qui c’est ? C’est évident, mais c’est aussi à cela que sert le PdR : vous faire connaitre des vrais gens qui font de la vraie musique. François Long est tombé amoureux, très jeune, de quatre garçons dans le vent, et même si le titre de son Lp peut renvoyer à 2000 Light Years From Home des Rolling Stones (exprès ?), François Long monte, en 1999, un groupe dans le but de jouer des chansons des Beatles. Ils s’appelleront par la suite les Rabeats et tourneront pas mal en Europe. Son premier album solo, The Seven Others, fait une sortie remarquée et montre un grand mix dans ses influences, sans jamais copier. Tour à tour vintage et moderne, le disque sonne définitivement rock, typé anglais  (sa culture). Le second, quant à lui, est hanté par Bowie. Dès les premières notes de The Damage is Done, on s’attend à ce que David Bowie commence à chanter. Puis la voix de François Long se pose en commençant dans des tonalité qui feraient presque hésiter. C’est parfois assez bluffant. J’ai fait le blind test à un ou deux potes pour trancher sur le fait que je pouvais me faire des idées. Non. Satellites, la seconde piste, est juste magnifique et vous plonge encore un peu plus sur les traces de l’icône anglaise disparue en début d’année « When they took you to Mars, we knew you were sleeping« . Fait exprès ? Sûrement un peu. 2016 a été une année plutôt lourde pour Long, frappé par des drames personnels (très belle chanson que The Man I Love, dédiée à son père) et par la disparition d’une de ses idoles. Alors, album double hommage ? Ou juste l’envie d’écrire autrement et de toucher du doigt les secrets de composition des chansons du maître ? Non car il faut bien le dire, certaines mises en musique (lignes de basse, certains solo ou rifs de guitare, voir des petites touches jazzy en arrière plan) sont très très inspirées et cela sonne comme l’original… La fin de Satellites en est un excellent exemple et renvoie directement à certaines sonorités de l’album Earthling. Attention, je ne dis absolument pas que François Long est notre David Bowie à nous. Non, Bowie est et restera unique. Et d’ailleurs, Long ne se définit absolument pas uniquement par ce second album, c’est pour cela que j’ai commencé par vous parler du premier. Dusk est un très beau poème d’Elise Marianne (qui a co-écrit plusieurs des textes de l’album d’ailleurs), déclamé de belle façon dans une atmosphère minimaliste mais assez lourde, me renvoyant vers des passages qui font penser à l’album Blackstar: « I have called you, beyond the solitude of moon’s eternal gaze, light-years from the sorrow of a wounded sky« . So Sorry pointe vers une autre ère de Bowie et s’adresse, semble-t-il à lui. J’écoute attentivement les textes et pense trouver quelques clés, mais je ne peux en être tout à fait sûr, et, j’ai la nette impression que ce serait presque trop réducteur pour l’un des meilleurs albums français que j’ai pu écouter cette année. Shine no Shadow clôture ce superbe album de seulement 34 minutes. Court mais intense, brillant, inventif et très créatif et si l’on voit qu’aucun instrument n’a été oublié, on sent que le compositeur est bassiste et élevé au Gail Ann Dorset (qui avait d’ailleurs participé au premier album de Long), au Tony Levin, et autres Paul McCartney (amateurs de slap, passez votre chemin). Presque un album conceptuel en somme. Je me passe l’album au moins une fois par jour car j’ai l’impression de découvrir quelque chose de nouveau à chaque écoute : Light Years form Home est un album sophistiqué et intelligent. Un troisième album, sans doute encore très différent est en cours… Je suis curieux d’écouter où il nous emmènera cette fois.

Toujours en boucle en ce moment également, c’est AVVOLGERE de True Widow. Entre les boucles chères au Drone, les voix et quelques effets très Shoegaze et les lignes de basses et de guitares très Stoner, l’album déroule ses dix pistes avec un certain éclat, ce qui, pour une atmosphère plutôt slowcore, est un exploit. Peut-être son petit côté Indie marqué, je ne sais pas. Le trio originaire de Dallas balance une certaine mélancolie doublée d’une étonnante énergie, comme une vague de fond qui vous prend et vous dépose loin… Loin. Ce quatrième album est plus rythmé que le précédent (Circumambulation, 2013), et même si leurs influences s’affichent assez clairement, le groupe sait les combiner pour en faire sortir une certaine forme de grace. Les orchestrations ne sont pas complexes, loin de là, mais il s’en dégage une atmosphère qui vous happe à coup de lignes de basse bien boom et d’une rythmique répétitive mais jamais lassante. Un son qui se définit de plus en plus au fur et à mesure des sorties, avec AVVOLGERE, rien à dire, ce disque est juste parfait et True Widow semble avoir trouvé son style définitif.

C’est terminé pour cette semaine, je vous laisse avec ces deux excellents albums, vendredi nous vous préparons une Playlist de ce qui tourne entre nos oreilles à nous ces temps-ci, il est donc fort à parier que l’on y retrouvera au moins un morceau de ceux-ci.

Grégory Pinaud-Plazanet

 

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