Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

111111

Alors que certains grands groupes ayant des intérêts communs se rapprochent, comme Monsanto et Bayer par exemple, d’autres fixent l’attention sur des problèmes bien plus importants comme le burkini et souhaitent que le politique décide de nos tenues appropriées pour nos activités journalières. Pourtant, ne trouvez vous pas plus surprenant qu’un groupe connu comme le fleuron de la génétique, avale littéralement (pour 66 milliards de dollars, donc en gros une vingtaine de fois les revenus de Monsanto, inutile de dire que les actionnaires sont plutôt à la fête…) un géant de l’agrochimie ? Bien que Bayer se soit peu à peu diversifié, notamment dans le secteur des systèmes intégrés de production agricole, cela ne pose-t-il pas le problème de la main mise sur notre alimentation par de grosses multinationales, qui se voient déjà ciblées en ce moment sur les sujets de la bouffe industrielle et des projets d’étiquettes simplifiées (ce dernier point n’est pas forcément un mal tellement l’on a du mal à les déchiffrer actuellement…) ? Les romanciers d’anticipation avaient vu le coup venir depuis longtemps (Blade Runner de Philip K. Dick en tête), et sans pour autant m’insurger façon altermondialiste, je ne peux m’empêcher de me poser la question du pouvoir politique qu’aura à terme ces concentrations, notre politique souffrant déjà énormément des lobbies et de leurs pressions, cadeaux et j’en passe.  N’y aura-t-il demain qu’un seul producteur de semences ? Les agriculteurs auront-ils le choix ? Achèterons-nous tous la même chose finalement ? Bref, tuons-nous la diversité ? Le futur nous donnera la réponse, mais lorsque l’on me rabâche que c’est pour le bien de l’humanité, comme un leitmotiv répété à l’envie, je ne peux m’empêcher d’avoir le cerveau qui me démange…

Heureusement, la musique est là pour me faire décrocher un peu de tout ce vacarme et cette semaine, j’ai aimé quelques sorties qui, vous allez le voir, ne sont pas du rock pure souche. Je commencerai ainsi par l’album Fixion, du DJ danois Anders Trentemoller. Treize pistes qui insufflent une ambiance que Bjork ne pourrait pas renier. Un disque qui se trouve être un digne successeur à Lost (2013), en plus organique et mettant en lumière les multiples facettes de Trentemoller et de son travail du son. Mélodiquement complexe, on croise sur ce disque diverses influences, minimalistes mais détaillées. Cela peut paraître surprenant comme association, mais je ne saurais le dire autrement. Il faut l’entendre plusieurs fois pour finir par repérer certaines choses cachées à la première écoute. Et c’est certainement ce qui en fait sa richesse. Très accrocheur et très cinématographique, l’album est à l’image de ses videos.

 

Petit Ep de cinq titres, bien loin de ce que son titre peut laisser sous entendre, The Whole Earth de Mystery Jets offre de son côté un rock taillé dans la plus pure tradition anglaise. C’est du revival, mais du bon alors autant ne pas se priver de l’écoute. Comme Pink Floyd, leurs morceaux commencent souvent de façon assez calme, pour exploser littéralement par la suite de façon très colorée. Leur nouvelle direction artistique, initiée lors de l’album précédent (The Curve of the Earth), se confirme donc ici. Cet Ep sortira d’ailleurs également dans la version extended de l’album précédent.

Je finirai cette semaine sur l’excellent, que dis-je… l’exceptionnel live in Brussels de All Them Witches. Avec un nom tout droit sorti d’un film de Polanski (Rosemary Baby), on aurait pu penser que ce groupe n’avait pas d’existence réelle, et pourtant, il occupe bien son espace. Quatorze pistes, tantôt très rock psyché, tantôt très bluesy (The Mariage of Coyote Woman), le live montre tout le savoir faire de ces quatre américains. Riche, envoûtant, bardé d’envolées (Funeral for a Great Drunken) mais aussi assez calme et invitant à la ballade en plein désert parfois (Call Me Star), ce live est assez complet pour en emporter plus d’un. Le rock américain, dans toute sa diversité, ne s’est jamais porté mieux, et puis ce live a été enregistré dans l’une des meilleures salles du nord : l’Ancienne Belgique. A déguster d’urgence sous LSD, vous verrez, les parties claviers sont enivrantes et vous feront partir vers les cieux en un clin d’oeil.

C’est terminé pour cette semaine qui commence sous la grisaille, je vous promets néanmoins quelques éclaircies en milieu de semaine. Je ne sais pas encore ce que nous publierons vendredi, beaucoup de choses sont dans les tuyaux mais le point final tarde. Faute à la rentrée peut-être, il faut dire que nos rédacteurs sont aussi des humains… et que mon fouet est en train de sécher… et donc inutilisable pour le moment, malheureusement.

Greg Pinaud-Plazanet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s