Edito de la semaine/Miossec

L’edito du Lundi

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J-2 avant notre périple barcelonais annuel. Cette année, beaucoup de groupes pas très connus à côté de quelques grosses têtes d’affiche comme Radiohead, PJ Harvey, Suede, Dinosaure jr, Brian Wilson (Beach Boys), Deerhunter, Lush,  The Oh Sees, Ty Segal, Explosion in the Sky, Algiers… Pour les moins connus, mes choix iront vers Beach House, Beirut, Car Seat Headrest, Daughter… Mais on gardera bien-entendu une grande oreille sur les découvertes, car il y en a toujours à faire dans un festival aussi prolifique. En attendant de vous publier le report du Primavera, probablement dès lundi prochain, je vais consacrer cet Edito à une seule personne, dont j’aime beaucoup les textes souvent crus mais toujours justes.

Il y a quelques temps Miossec, l’un de nos chanteurs-compositeurs français les plus rock, marquait son grand retour avec un album qui sentait bon l’enthousiasme de se retrouver en bande. Cette année, avec Mammifères, Miossec persiste et signe quand bien même il est aujourd’hui accompagné de nouveaux partenaires. Rencontrés il y a environ un an, et après une séance de 12 heures à faire de la musique ensemble, le chanteur de 51 ans a eu envie de tenter l’aventure avec Johann Riche, Leander Lyons et Mirabelle Gilis. Cette association a accouché d’un album qui laisse la belle place aux instruments, mieux, à la musique, et ce n’est pas le premier titre, On y Va, qui vous montrera le contraire. Les textes sont moins littéraires que certains autres de ses morceaux. Ça sonne plus direct, plus simple sans pour autant être simpliste.

Ainsi dans cet album peut-on croiser  violons et accordéons, mais aussi des mandolines, au côté des claviers et des guitares. Miossec n’a jamais été conformiste et à une période où la musique souffre d’une certaine répétition. Qu’il est bon d’avoir encore des gens comme lui dans les parages. L’album ayant été testé durant une tournée décidée rapidement après que les quatre acolytes se soient rencontrés, il a eu le temps de maturer. Et le choix des lieux de concerts (ici des vignobles, là une chapelle ou une guinguette) a certainement participé à la proximité que l’on peut ressentir dans ce disque. Une proximité avec les gens que l’artiste voulait retrouver après une tournée sur de grandes scènes. La première piste, même si elle résonne de façon particulière, surtout en ouverture de cet album spécifiquement, nous parle de façon universelle. On se reprend à réfléchir à toutes ces choses que l’on n’a pas faite parce qu’on n’a pas osé s’y lancer. Miossec déclare pour sa part qu’il n’hésite pas, qu’il n’a rien à perdre. On note immédiatement sur la seconde piste, Après le Bonheur, une poursuite du bonheur enlevée, dynamique, traduite en mouvement par la musique, avec de petites pauses puis de nouveaux élans.

La Vie Vole fait directement allusion aux terrasses parisiennes qui peuvent se transformer, on le sait depuis novembre dernier, en champ de mort. On n’y est pas pour Dieu le père, ni pour la vierge, ni pour le Saint Esprit, mais la vie vole à coup de baffes et de belles torgnoles… Belle chanson, dans tous les sens du terme. Vient ensuite une introduction digne du vol du bourdon pour annoncer Les Mouches. Rythme enlevé, un texte plus habituel de la part de l’artiste, presque déjà entendu je dirais mais ici  la mise en musique lui  donne toute sa dimension. Et le refrain m’est resté quelques temps dans la tête je dois dire… Mais j’aime les trucs tordus. Plus loin, La Nuit Bleue allonge un piano sur une voix plus grave, des mots égrainés plus lentement. Ici aussi on remarque l’attention particulière donnée au instruments, la voix de Miossec s’y noie comme dans un océan. Ce sont comme ça onze morceaux qui s’enchaînent. Pour ceux qui ont toujours aimé l’art de jouer sur les syllabes, les mots et leurs sons, vous retrouverez votre chemin, même si vous vous rendrez vite compte que la différence de ce disque est subtile, même si elle saute à l’oreille.

A l’image du son Cascadeur, Miossec a joué avec le feu jusqu’à ne plus craindre grand chose : Il est désormais capable de survivre aux explosions… Une dernière chanson est consacrée à son père et à toute ces personnes qui partent et avec qui on ne devrait pas foirer nos relations. Une chanson tendre, en valse et avec emphase. Un très bon final pour un album qui va à contre courant aujourd’hui, et ça fait du bien.

Greg Pinaud-Plazanet 

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