Edito de la semaine

L’edito du Lundi: Les sorties attendues part III

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Parce que j’aime les trilogies… Blague à part, on aurait pu faire une quadrilogie, mais je pense que vous auriez pu vous lasser, toute bonne chose devant avoir une fin, ce sera ici l’ultime épisode de la série.

Le 18 mars sortait Visions of Us on the Land de Damien Jurado, un double album présentant en seconde partie toutes les démo des morceaux constituant la première. Jurado n’est pas coutumier du fait, et cela m’a intrigué. Après avoir écouté je comprends mieux, en effectuant le comparatif, on entrevoie immédiatement le process créatif de l’artiste, les arrangements qu’il a rajouté, et le travail du son (sur Prisms par exemple). Du coup il y a vraiment de l’intérêt à payer un poil plus cher pour avoir ces deux facettes d’un même album. Cet album clôture la trilogie (tiens, lui aussi) commencée avec Maraqopa (2012), suivie par Brothers and Sisters of the Eternal Son (2014), et, s’intéresse au subconscient, au troisième œil. Vaste programme car si le sujet est déjà complexe, une trilogie ne doit souffrir d’aucun défaut. Et la première partie est, pour moi, noyée sous les effets. Je préfère d’ailleurs la seconde partie de l’album, celle des démos, même si c’est un peu brut, elle a l’avantage de déshabiller les morceaux pour laisser la voix ténor de Jurado briller. Et quand bien même j’aime cet artiste, notamment pour avoir commis le magnifique Where Shall You Take Me, Visions of Us on the Land risque de perdre son auditeur dans des morceaux qui ne sont pas le résultat attendu après de si grandes espérances et un projet aussi ambitieux. Trop peut-être…

The Lumineers sortira le 8 avril, presque demain en somme : Cleopatra. 15 morceaux très attendu depuis le succès du premier album, il y a de cela quatre ans. La preuve en est que la tournée qui suivra a déjà nombre de dates complète. La sortie d’un second album est toujours ouvert au questionnement, à savoir si le groupe, après un tel break, gardera la même direction ou non. Les deux premiers morceaux issus de Cleopatra semblent annoncer une certaine continuité en tout cas. The Lumineers font pourtant ce qu’ils savent faire le mieux car il semble que l’on reste dans le folk indé ici. Les pistes de l’album sont toutes différentes les unes des autres. Ici une mélodie au piano (Ophelia), là un tempo plus emmené (Cleopatra), la poésie du songwriting semble toujours opérer au sein du trio originaire de Denver, USA… Et j’ai ouïe dire que cela ne s’arrêtait pas là, mais personnellement, n’ayant pas encore pu écouter le reste, je me garderai bien de vous en parler.

Un peu plus tard, le 29, Joy sortira Ride Along! Un OVNI de 10 titres résolument rock typé 70 avec les caractéristiques du son de l’époque. Le groupe est californien (San Diego plus exactement), élevé à Hendrix période Monterey, et nous entraîne encore une fois ici en plein psychédélisme au son spatial. Ici, on plane sous LSD. La dynamique et la structure des morceaux font penser à un immense kaléidoscope qui nous illuminerait chaque petit détail, texture, couleur de chacun d’entre eux. Poser ses oreille sur un disque de cette qualité, lorsque l’on est un amoureux du rock est vraiment une jouissance. Je vous le conseille fortement, mais attention, n’espérez pas en revenir indemne… Les drogues dures, c’est mal…

Le 6 mai, ce sera au tour de Kin de The Duke Spirit, de montrer son nez. Après être partis sur une base blues-rock, à l’image de The Kills ou encore The Dead WeatherKin semble lorgner bien plus sur l’indie rock version post punk. Tout au moins sur les trois morceaux que j’ai pu me glisser dans l’oreille. Honnêtement ce n’est pas forcément un point négatif car je trouve ces trois pistes très cohérentes et bien construites. J’aime beaucoup Here Comes the Vapour d’ailleurs. Et puis je suis assez fan de la belle voix de Leila Moss ( qui semble avoir invité d’autres belles voix sur le disque d’ailleurs, on parle de Mark Lanegan entre autre…) et les orchestrations des morceaux la mettent vraiment plus en valeur, ou en tout cas lui donne plus de chaleur. Un disque qui semble très émotionnel. Nous verrons si cette première impression sera confirmée ou non…

Le 20 mai, j’attends le retour de Richard Ashcroft et de sa verve, mais tout seul. Six ans qu’il n’avait rien sorti… Dix pistes dont on ne connait qu’un seul extrait This is How it Fells. Cheveux ras et lunette réfléchissantes, l’homme semble regarder un peu en arrière ce qu’il a pu faire pour en recueillir l’essence, les textures, et capitaliser dessus tout en introduisant de nouvelles sonorités, de nouveaux thèmes. J’ai toujours pensé qu’Ashcroft était sous éstimé en France, en tant que songwriter, c’est du moins ce qu’il me semble, je peux me tromper. En tout cas, l’album, des dires de l’artiste lui-même, sera ancré dans l’actualité, et donc encré d’actualités, tout en projetant une certaine forme d’espérance en ces temps troublés où la guerre est partout.

Vendredi vous retrouverez dans nos colonnes l’interview des Parisiens Bel Plaine, bien plus inspirés par les grands espaces, cela nous donnera un peu d’air. En attendant, vous pouvez reprendre le cours de vos vies et faire vos précommandes tranquillement d’après la trilogie d’Edito parue ces dernières semaines.

Greg Pinaud-Plazanet

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