Edito de la semaine

L’edito du Lundi

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Beaucoup de choses cette semaine, les sorties récentes ayant un peu été reléguées au second rang derrière les disparitions à répétition de ce début 2016. Le reste de l’année devrait être beaucoup plus calme, je vous rassure… De toute façon y a plus personne là, donc… Nous, pour nous changer l’esprit, nous avons été voir The Shoes vendredi dernier, à Toulouse et Balthazar (report à venir), samedi, à Bordeaux. La Belgique, vainqueur par KO. Même si The Shoes s’est très bien défendu avec un show pêchu et une assez bonne ambiance au Bikini, il faut dire que le Krakatoa a littéralement explosé sous l’influence de la troupe belge qui ont sacrément pris de la bouteille depuis deux ans que nous les avions vu…

Assez d’introduction, passons au plus important, soit les sorties du moment qui ont non pas heurté nos oreilles mais qui sont venues les ouvrir, tout simplement. Personnellement je suis très fan de la poésie de Mathias Malzieu et, la fin d’année, ayant été très difficile pour lui à cause d’une maladie du sang qui a été à deux gouttes de l’emporter, j’attendais avec impatience le dernier album de Dionysos qui, tout comme d’autres avant lui, est un album qui raconte tout simplement son calvaire. Ouvrant sur le fait que son sang devait être changé souvent lors de son traitement, Vampire de l’amour est certainement la chanson la plus « dionysostiquement » classique. Mais ne vous inquiétez pas, le reste du disque est, comme d’habitude, plein d’étincelles, de vampires, d’étoiles, de skateboard, et même de petits lions. Bref, une poésie toujours aussi fournie et pétillante, quand bien même si l’album dans son ensemble est moins explosif que le reste de leur discographie. On sent bien la lourdeur vécue par la menace de cette Dame Oclès au dessus de la tête de Mathias, à quelques centimètres… Le vampire en pyjama en profite pour s’approprier, fait assez rare pour être souligné, une cover de Lykke Li avec I Follow Rivers qui pour le coup s’est bien déguisée en Dionysos. A noter que le livre, est sorti en même temps que l’album, j’aime aussi lire sa prose, oui, c’est mon côté enfant que j’ai oublié de tuer au passage à l’âge adulte…

De l’autre côté de l’Atlantique, mais bientôt de passage pour une date au grand Rex, en France, on apprenait il y a peu que le papy du rock, Iggy Pop, s’était associé en secret avec Josh Homme (Queens of the Stone Age) pour un album intitulé Post Pop Depression. Il n’est pas surprenant de voir Josh traîner avec ce bon vieil Iggy, lui qui multiplie les collaborations avec  Eagle of Death Metal, ou Mark Lanegan, trempe dans la prod des Afghan Whigs et prête son studio californien à Dave Grohl. Ces deux-là devaient bien finir par se rencontrer, d’autant qu’ils ont un point commun : la batterie. Josh en joue pour EoDM et c’est le premier instrument qu’a appris Iggy Pop dans la caravane de ses parents. Post Pop Dépression sera donc (sortie prévue en mars) le dix-septième album de l’iguane. C’est d’ailleurs lui qui avait contacté fin 2014 – début 2015 l’Américain au look de quaterback. Le résultat entrevu (deux morceaux en écoute à ce jour) est plutôt alléchant et la production du disque me fait un peu penser à la qualité d’un Idiot ou d’un Lust for Life, ses deux meilleurs albums. Je dois dire d’ailleurs qu’en entendant le morceau Gardenia, j’ai pensé à son copain Bowie.

Restons sur la côte Ouest avec le très (trop ?) prolifique Ty Segall qui sort à peine de Fuzz pour nous servir Emotionnal Mugger. Un album de onze titres déjantés qu’il a lâché en écoute sur le web. Ne cherchez pas de cohérence dans cet album, le tout ici est de jouer très vite, de façon énergique et déjantée, de se faire plaisir, bref de faire du Ty Segall. C’est lui finalement qui est cohérent. Dix albums solo en huit ans, plus deux albums avec Fuzz, des collab avec Thee Oh Sees etc, Segall navigue dans des eaux habitées par la même philosophie garage punk depuis le début, même si Manipulator offrait une construction moins brute et laissait supposer que sa musique allait dans une direction plus construite. Ici, on est rebalancé dans l’autre sens, comme à la foire, à pleine vitesse, Segall n’hésitant pas à déconstruire l’édifice précédent comme un gosse shooterait dans son château de sable pour ne pas le voir détruit par la marée. Cet artiste me fait penser à Beck, dans un autre registre, à la différence près que Ty Segall n’aura pas de problème à gérer son côté hyper actif. Ce disque est un concentré d’énergie pure (37 minutes), qui, par les temps qui court, devient vite un besoin…

On en arrive à la fin avec Better Nature, le très attendu Silversun Pickups.  Alors ? Et bien je suis assez partagé en réalité. dix ans après leur explosion, ils en sont restés au même point. Certes cela fait plaisir de les retrouver dans cet univers ultra connu, on n’est pas dépaysé, pour autant on aurait surement aimé voir surgir quelques petites nouveautés, un peu de piment… Better Nature s’écoute facilement, la production est soignée, tout y est bien à sa place et certains morceaux de bravoure percent même l’écran, mais ils ne restent que des éléments disparates. Trop peut-être. Si bien que les pistes semblent parfois un peu longues, car nulle part on est pris à revers et c’est bien la seule chose que je leur reproche sur ce dernier album. Attendais plus de participation vocale de la part de Nikki Menninger, la bassiste. Sa voix pourrait être un atout face à celle de Brian Aubert (comme sur Circadian Rhythms). Mais non, elle continue à être sous utilisée. C’est bien de teaser à fond sur les réseaux sociaux mais le pétard mouillé n’est pas loin du coup, enterrant l’intérêt que nous avions eu pour eux par le passé en pensant que ce pourrait être l’un des prochains grands groupes à suivre. Ben non, ils n’explosent pas. La mèche est trop longue, même si j’ai plaisir à écouter Better Nature, je ne peux m’empêcher d’avoir un sentiment de déception qui me ronge les sillons en constatant qu’il est bien trop commercial (mainstream quoi). Ils sont dorénavant bien loin du génial Lazy Eyes.

Cette semaine je ne sais pas encore trop ce que vous aurez en dehors du live report de Balthazar, cela dépendra de la production des rédacteurs de l’équipe, et puis ça laisse la place à l’imprévu, aux surprises pourquoi pas… En attendant, bon début de semaine à vous.

Greg Pinaud-Plazanet

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