Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

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On se retrouve cette semaine tandis que je devrais porter le deuil… Oui, parfaitement. Sept tonnes de cannabis ont été saisies… Et là c’est le drame. Alors que dans certains pays, la consommation est autorisée, en France, on traîne toujours la patte. Le cannabis est le mal, le diable montré au peuple. Seulement sa consommation globale « semble être stable, voire en baisse, surtout chez les plus jeunes », souligne un rapport l’OEDT datant de l’an dernier. Alors oui, la France est un pays très consommateur (avec le Danemark) d’herbe, c’est un fait. Mais là où l’on entends souvent, « Oui mais c’est une drogue qui amène aux drogues dures car vous chercherez à avoir un truc plus fort par la suite… », là je dis non, et je ne suis pas le seul, la preuve dans nos classements de consommation de Coke (on n’a pas de données pour l’Héro), d’extasy ou d’amphétamines. Le cannabis reste récréatif pour ses consommateurs alors vu que l’état manque d’argent en ce moment, pourquoi ne pas mettre la main sur ce marché et le réglementer ? Enfin personnellement je me pose la question alors que je ne consomme pas, alors ne me dites pas qu’un politique ne pourrait pas y apporter une réponse ! Et que l’on arrête de se féliciter de la prise record de cannabis alors qu’en France, nous avons des problèmes bien plus graves comme l’assurance d’avoir une pérennisation de la retraite jusque, seulement, 2030… Et après ?

Bref, heureusement ces derniers temps l’actu musicale est riche et l’on commence cette semaine avec du soft : Cold Moon d’Alela Diane et Ryan Francesconi. Lorsque j’écoute cet album, je suis transporté sous un porche de l’Ouest américain, sur une balancelle en bois ou un rocking-chair, à regarder l’immense horizontalité de la vie, et l’hiver qui approche. Et moi ça, ça me remue ce folk. Il faut dire que la voix d’Alela Diane compte parmi les meilleures voix féminines actuelles dans le domaine. En renfort, la guitare est ici expressive et subtile, les arrangements nous réchauffent encore un peu devant le froid qui gagne à cette époque de l’année. Voilà, je n’ai rien à en dire de plus, c’est simple, direct, il y a une atmosphère, une certaine mélancolie de voir se finir les choses mais aussi une certaine excitation à en voir d’autres commencer. La vie est un relais sans fin.

Thank Your Lucky Star est une surprise. En effet Beach House avait déjà sorti un album cette année, dont nous avions parlé avec le plus grand bien lors d’un précédent Edito (Depression Cherryici). Et bien le duo a enchaîné avec la sortie de Thank Your Lucky Star, qui comporte quelques beaux moments même si je ne le trouve pas aussi prenant que le précédent, mais c’est une affaire de goût. Je suis toutefois assez content de pouvoir prolonger le plaisir que m’avait procuré Depression Cherry, car il satisfait aux mêmes besoins. Pour autant ce second album est différent et en prend un certain contrepied, les deux albums ayant toutefois été enregistrés en même temps. La principale différence est la perte de la prédominance de la réverbération dans les morceaux. On quitte les profonds echos pour s’attarder sur un peu plus d’immédiateté. Les morceaux ont gagné en noirceur aussi, il n’y a qu’à écouter Elegy to the Void, hanté par la mort.

Enfin je terminerai cette semaine sur Fading Frontier, le dernier et excellent, encore une fois, album de Deerhunter. On trouve beaucoup d’influences différentes sur ce disque, le septième d’une discographie d’une qualité indéniable. Et si la pop moderne semble terne, voir carrément finie, Deerhunter nous fait encore un peu espérer : tout est encore possible. Oui il est possible pour un groupe aujourd’hui, de faire des morceaux qui passeraient à la radio, sans pour autant faire de la soupe… Certains devraient en prendre de la graine. La légéreté apparente de leur musique, sur cet opus, ne doit pas vous cacher les textes, pour le moins sarcastiques (Take Care) si ceux-ci ne sont pas emprunts de gravité (All the Same). On parle tout de même de Bradford Cox ici… Ce qui ne le tue pas le rend plus fort… C’est tout de moins ce qu’il chante plus ou moins dans All the same. Mais avant d’être plus fort… Il faut t’en prendre dans la gueule, et là, il faut compter sur Deerhunter, car s’il n’a pas de son spécifique et reconnaissable en première écoute (chaque album étant assez différent), il a cette continuité, ce lien dans leur discographie : un optimisme certain, caché derrière leur mélancolie avérée.

Quant à moi je vous dis à la semaine prochaine, quoique pas tout à fait puisque mercredi vous devriez avoir droit au report d’Archive au Bikini, qui, soit dit en passant, a été mémorable ! En attendant, profitez bien des dernières douceurs automnales, l’hiver arrive !

Greg Pinaud-Plazanet

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