Concerts

Live Report: Izïa au Trianon

A treize ans, la petite était déjà sur scène avec son père le Grand Jacques Higelin. A quatorze ans, elle chantait l’une de ses première compo « Life is going down ». Désormais, elle en a vingt et un et a deux lourds albums derrière elle : Izia sorti en 2009 et So Much Trouble de 2011. Fin 2012, seize jours avant la (soit-disant) fin du monde, elle débarque avec sa troupe au Trianon pour trois concerts. J’assiste au second.

Vendredi 6 Décembre 2012, ma première fois au Trianon à Paris.  Je découvre la salle, c’est somptueux. Un petit gars seul sur scène fait sa musique avec le son de sabres lasers c’est tordant, il envoie du lourd, il chauffe bien la salle. Il s’appelle Budapest, c’est vraiment sympa son électro mais c’est pas lui qu’on attend. 20h les musiciens arrivent enfin. Les premières notes de « Baby » ouvre le concert. Izïa débarque en courant sur la scène. Sa voix retentit. Grande claque ! Association entre Patti Smith et Janis Joplin. Ce petit bout de femme a une telle puissance… Fin de la première chanson. Elle nous demande si tout se passe bien, si on va bien. Elle nous annonce qu’elle est « trop contente » de nous retrouver, qu’elle a passée une année merveilleuse sur les routes françaises pour retrouver son public et qu’elle est ravie de finir cette année ici. Elle nous demande de « tout déchirer » et de « faire mieux que le public d’hier ». Message reçu, elle ne sera pas déçue.

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Izia © David Heang

« Poutrace », « Lola », « She » : aucun doute cette nana est faite pour la scène. Elle se déhanche, elle s’éclate, ça se voit et ça fait plaisir. Elle donne tout ce qu’elle a, elle se déchaine. Elle nous demande de ne plus faire de bruit, de « kiffer ce moment » et elle entame « Sugar Cane ». On l’écoute. Plus un bruit dans la salle, c’est un moment mystique, quelque chose plane au dessus de nos têtes. C’est complètement dingue. La chanson se termine. Hurlements dans la salle, elle sourit. Toute petite qu’elle est, elle est somptueuse. On a envie de la prendre dans nos bras, elle est émue. C’est beau. Elle reprend son souffle, et envoie avec ses musicos de folie (Sébastien Hoog à la guitare, Arnaud François le bassiste, Louis Delorme à la batterie et enfin Guillaume Zeller guitariste également) « Penicilline », « I Can Dance », « Disco Ball ». L’ambiance est à son maximum, le public est vraiment fou.

Je suis au milieu de la salle, un peu à droite. Je profite de ce concert mais je m’ennuie. Pas assez de mouvement de ce côté là. Les gens sont mous, c’est incroyable. Et là, commence « So much Trouble ». Je choppe la main de ma copine et on fonce devant. Là, je m’amuse. Tout le monde saute, ça pogote. Ca aussi c’est ma première fois. J’ai mal partout, mais bon sang ce que c’est bon. Izïa se trouve juste devant moi. Je souris bêtement, je profite. Elle continue de courir partout. Danse près de ses copains de scène. La foule à complètement craquée à la fin de cette chanson, ça sent la sueur c’est atroce. Mais on se sent en vie, c’est bon. Elle se met ensuite, seule au piano pour « The Bastard Song ». C’était la première fois que je l’entendais, et manifestement je n’étais pas la seule. Silence de mort encore une fois dans le public. On savoure tous ce moment presque intimiste. Elle ferme les yeux, elle est dans sa chanson. Le monde s’arrête de tourner, j’ai des frissons, les larmes aux yeux. WOUAH. « Life Is Going Down », « Top of the world » et « 20 Times a Day » annonce la fin de cette première partie. Tout le monde sort de scène. Acclamations, la salle hurle « IZIA, IZIA, IZIA », tape des pieds. Le sol tremble. Ils reviennent et elle nous sort quelque chose comme « C’est écrit sur ma feuille, là qu’on allait revenir ».

« I Hate You », « Let Me Alone », « You Love Is A Gift » sont les trois chansons du premier rappel. Elle commence à fatiguer la petite. Tu m’étonnes, elle enchaine depuis un an les concerts. Le deuxième d’affilée au Trianon. Mais son énergie reste toujours au top. Elle se surpasse, ça c’est une artiste. Elle donne tout à son public. Elle nous remercie encore et encore. Elle nous dit que c’est (presque) la fin. On hurle notre mécontentement. Elle explose littéralement de rire sur scène.

Elle nous explique qu’elle va nous chanter une chanson qu’elle a écrit il y a longtemps : « Don’t you know ». Et que c’est la dernière. Elle appelle – « Seb, vient pour la dernière »- . Un mec dans le public crie « BACK IN TOWN ». Elle rigole et nous dit « Non, mais non, j’en ai marre de Back in town. Tu comprends, ça fait deux ans qu’on la joue tout l’temps. C’est pas que j’l’aime plus, mais elle me gonfle. Mais je t’avoue public que le nouveau, lui nous a rejoint il y a pas longtemps et qu’il me supplie de la jouer à chaque fois. J’lui dis tout le temps, au Trianon promis. T’sais comme un gamin, il me choppe par le t-shirt et me le demande à chaque fois. Merde, on est au Trianon, alors pour lui faire plaisir, on va la faire ». Bordel monstre dans la salle, ils envoient donc « Back in Town », elle finit à genoux sur scène. Elle chante avec ses tripes, c’est magnifique. Cette voix me tue.

Les musiciens sortent de scène. Restent seulement Sébastien et elle. La petite Izïa chante « Don’t You Know » acapella. Elle claque des doigts. Nous aussi. Je filme ce petit moment de bonheur, pendant quatre longues minutes. J’ai mal au bras. C’est tellement beau. Voila, c’est terminé. Elle nous a donné toute sa force, tout son amour. Nous aussi. Dans la salle on entend des « IZIA ON T’AIME ». Et c’est vrai qu’on l’aime cette enfant du rock.

By Justine Dorin

Une réflexion sur “Live Report: Izïa au Trianon

  1. On ressent le truc ma p’tite Ju’. C’t’un truc de dingue cette Izia, deux fois que je la vois moi, deux fois au Printemps de Bourges. C’est pas forcément la même ambiance, mais les gens sont bien là, bien fous, bien transpirants. Elle nous fait voyager. Et comme tu le décris, ça fait voyager aussi. On a envie; ou du moins, j’ai envie de la revoir. Y’a des artistes comme ça, on se lassera jamais d’eux sur scène. Autant d’autres, tu vas les voir une fois, ça va, mais elle, j’pourrais la voir plein de fois, comme Shaka Ponk ou Enter Shikari. Ce sont des gens qu’ont de l’énergie, de la force, des frissions et de l’émotion à transmettre par leurs chansons et surtout leurs concerts.
    Merci de m’avoir rappelée des souvenirs, même si j’aurais aimé entendre Bastard Song, ce que je m’empresse de faire sur Youtube.

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