Radiohead

12 Octobre : Radiohead Live at Bercy

9h00, dans ma chambre d’hôtel, je me branche sur le net pour voir quels sont les premiers comptes rendus du passage de Radiohead à Paris et plus précisément de celui du vendredi 12 octobre. Rien sur celui-ci, peut-être encore trop tôt. Je m’attarde alors sur les critiques de celui du jeudi sur le site d’un journal célèbre (qui porte le nom de Noces célèbres cher entre autre à Mozart…) qui compare la prestation des anglais avec le dernier PSG-OM, en titrant son article « Radiohead, à l’arrachée. » et en scindant la prestation du groupe en deux mi-temps, la première mollassonne et la seconde plutôt bonne.

Je vais sur un second site qui titre « Radiohead à Bercy, non merci ! » Estimant que le groupe n’apporte pas grand-chose à l’univers musical actuel et qu’il est vain d’y accorder sa présence… Ensuite, tout un tas d’internautes y sont allés de leurs avis positifs ou négatifs. Bref, il y avait à boire et à manger… Moi qui y étais présent le vendredi soir, je ne me suis pas retrouvé dans ce que j’ai pu lire sur le concert de la veille.

Provincial que je suis, j’assiste à mon premier concert au POPB. Installé dans les tribunes et surplombant la scène, j’arrive à la fin du set de Caribou qui assure la plupart des premières parties sur la tournée. Quelques minutes d’attente pendant lesquelles on s’attarde à essayer de compter le nombre impressionnant de guitares du groupe et leur modèles. Puis, c’est l’entrée sur scène accompagnée de l’acclamation d’un public impatient et déjà conquis….

Radiohead a gardé sensiblement en fond le même décor que sur la précédente tournée avec un mûr de néons. L’innovation vient des douze écrans mobiles qui surplombent le groupe, agrémentés de 5 autres sur le devant de la scène. En plus du jeu de lumière, un ballet d’images de la prestation du groupe est renvoyé par ces écrans paraissant flotter sur la tête des musiciens. Le groupe est disposé sur scène comme d’habitude, avec de gauche à droite Ed O’Brien, Thom Yorke et Johnny Greenwood au premier plan ; au second, Colin Greenwood qui a rejoint son chanteur dans le clan des barbus, est entouré du batteur habituel du groupe Phil Selway et du batteur de Portishead, Clive Deamer, présent sur les prestations live sur la tournée de King Of Limbs.

La géométrie du groupe évoluera pendant tout le concert : à 6 sur la plupart des morceaux du dernier opus ; à 5 lorsque Clive Deamer s’éclipse volontiers lors des titres des albums précédents ; à 2, Thom et Johnny, sur « Give up the ghosts ».

Le premier alterne entre guitare et piano pendant que le second et Ed O’Brien passe de la guitare, aux samplers, percus, etc. Peu bavards, mais visiblement heureux d’être là et de jouer pour un public déjà tout acquis à sa cause, même si il m’est apparu un peu mou sur la première partie du set. Si chaque fin de morceau est ponctué par « merci », c’est, le d’habitude discret Johnny Greenwood qui s’adresse au public en français : « notre chanteur a peur de parler en français ; moi, j’ai peur tout court de parler », pour enchaîner sur le fait que le groupe est content de jouer à Paris. A voir comment Thom se dandine sur scène (ce que l’on peut voir sur le clip de Lotus Flower n’est rien en comparaison), difficile d’en douter !

Le concert commence sur « Lotus Flower », premier single issu du dernier album qui sera largement représenté avec six titres joués au même titre que le précédent « In Rainbows » (6 titres : « There There », « Bodysnatchers », « Videotape », « Nude », « Weird Fishes » et « Reckoner ») . King of Limbs, clairement expérimental sur la version studio, prend une autre dimension en live. Le live studio From the basement avait donné un aperçu de l’évolution des morceaux, les rendant plus accessibles. Ainsi suivront un « Bloom » qui sur la seconde partie du morceau s’envole ; « Separator » et « Feral« , proches du free jazz, le toujours très électro mais très entrainant  » Morning Mr. Magpie » ; et le magnifique « Give up the Ghosts » avec ses deux guitares et lignes de chants démultipliées de Thom Yorke qui tournent en boucle et se croisent tout au long du morceau.

Il faut ajouter aux titres récents du groupe deux inédits sortis après King Of Limbs et déjà entendus sur l’enregistrement de From The Basement : « The Dayly Mail« , morceau qui commence calmement avec un piano/voix pour ensuite exploser à la manière d’un « Fake Plastic Trees » et « Staircase » qui se rapproche des dernières compos du groupe.

Pour les autres titres, Radiohead a le choix dans son vaste répertoire, ce qui leur permet de changer leur setlist entre chaque concert, ce qui, à mon avis, peut donner des ambiances bien différentes à chacun d’eux. Si Pablo Honey n’est plus joué sur scène, « Planet Telex » sera le seul de The Bends pour ce soir.

Le groupe alterne les morceaux pêchus avec des morceaux plus calmes qui mettent en évidence la voix de Thom Yorke : « Exit Music« , « You and Whose Army ?« , » Videotape » et « Nude » qui foutent le poil et scotchent le public. Pour le réveiller et le faire bouger, les titres plus « electro » de Kid A : « The national Anthem » et « Everyhting In the Right Place » avec en intro une adaptation de « True Love Waits« . Nous aurons aussi quelques morceaux de Hail to The Thief, notamment avec « There There » et une superbe partie de percus. « Idioteque« , morceau final comme souvent, a permis à Ed O’Brian et Johnny Greenwood de faire joujou avec leur pédales d’effets. Et ça marche ! Le public plus spectateur au début se lâche vite, que ce soit dans la fosse ou dans les gradins. « There There » joué en troisième aura été le déclencheur. Ce titre étant devenu presque au même titre que « Paranoïd Androïd » placé pour sa part en fin de première partie du concert, un morceau emblématique du groupe.

Au bout de trois rappels et 24 titres, Radiohead tire sa révérence avec sûrement le sentiment du devoir accompli. Alors que résonne le bande sonore destinée à faire fuir le public de la salle (je n’ai jamais compris pourquoi ils se sentent obligés de balancer une musique aussi entêtante que merdique, alors qu’on a qu’une envie c’est de garder en tête ce que l’on vient d’entendre !) – mon voisin (Greg du Peuple du Rock), et moi restons assis, bluffés par la performance des anglais.

Tant pis pour ce qui n’ont pas voulu venir, car c’était du bon Radiohead ce soir. Donnant au public ce qu’il attendait, visiblement prenant autant de plaisir et qui s’en plaindrait. Car même si on pouvait douter du rendu du dernier album en live, le fait est qu’un concert de Radiohead déçoit rarement. Aussi vrai que 2+2=5.

Set List: « Lotus Flower/Moon upon a Stick », « Bloom », « There There », « The Daily Mail », « Myxomatosis », « Bodysnatchers », « The Gloaming », « Separator », « I Might Be Wrong », « Videotape », « You And Whose Army », « Nude », « Planet Telex », « The National Anthem », « Feral », « Paranoid Android »

Premier rappel : « Exit Music (For A Film) », « Staircase », « Morning Mr Magpie », « Weird fishes/arpeggi », « Reckoner »

Deuxième rappel : « Give Up The Ghost ». Jonny parle en français! :  « Notre chanteur a peur de parler en français et moi j’ai peur de parler de tout. Nous voulons juste dire que nous sommes heureux d’être ici à Paris. », »True Love Waits », « Everything In Its Right Place » et « Idioteque »

By Sylvain Chamu

Une réflexion sur “12 Octobre : Radiohead Live at Bercy

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