Découvertes/Review

François & The Atlas Moutains

Si vous ne les connaissez pas encore, sachez qu’il est grand temps. François & The Atlas Mountains offre une cuvée si rare que le goût de leur musique vous restera imprégné sur les lèvres. Certains les écouteront d’une moue dubitative, les sourcils froncés, et ne manqueront pas de boire la tasse, perdus dans les sonorités si particulières de ce groupe aérien. Votre esprit n’est ni fini, ni fermé alors ouvrez grand vos oreilles et goûtez à de nouvelles sensations en découvrant Francois & The Atlas Moutains. Le Peuple du Rock a rencontré pour vous le brillant et captivant François Marry lors du Festival Free Music à Montendre (17). C’est dans un accueil chaleureux et avec humour qu’il a bien voulu répondre à nos questions.

François and the Atlas Moutains

PdR: Alors pour commencer, je suppose que tu passes par beaucoup d’endroits où tu n’as pas forcément l’occasion de t’arrêter et de prendre du temps, mais de revenir ici en Charente-Maritime (ndlr: François est originaire de Saintes) c’est un peu comme un retour aux sources ?

François Marry: « Ouais, en fait je connais pas ce festival et je ne suis jamais venu en tant que public. Amaury, dans le groupe, connaît un peu mais moi je suis ravi de découvrir un beau site qui est en plus pas loin de chez moi donc je pense que je pourrais revenir en touriste, juste pour venir me baigner…Je suis, c’est vrai, venu une fois en free party ici, il y a très très longtemps je précise, mais j’étais pas trop en l’état de me souvenir exactement où j’étais… »

PdR: Tu penses quoi de ce festival au premier abord ? Tu en as fait déjà beaucoup mais celui-ci te semble t-il particulier ?

François Marry: « Ouais, ouais, ouais, ça me rappelle beaucoup les festivals allemands. Les Allemands sont très friands des festivals dans les bois comme ça avec les pieds dans le sable. »

PdR: Bien que le cadre t’inspire les festivals allemands, le public ici présent ce soir, te rappele-t-il le public allemand ?

François Marry: « Non, le public allemand est beaucoup plus fou. »

PdR: Est-il différent du public anglais, que tu connais maintenant depuis plusieurs années, dans sa mentalité et son comportement ?

François Marry: « Oui ! Je trouve vraiment que le public anglo-saxon est beaucoup plus curieux et..comment dire…il est plus ouvert d’esprit et puis ils ont les oreilles un peu plus aiguisées à la pop. Donc c’est toujours un peu plus simple en Angleterre, après les conditions de tournée ne sont jamais aussi bonnes en Angleterre qu’en France. »

PdR: Il t’arrive de ressentir une certaine routine lors de ses tournées ?

François Marry: « Ouais, en France il y a un côté très institutionnalisé auprès des groupes, des manières de faire, des comportements à adopter, etc et c’est un peu plus léger en Angleterre mais encore une fois c’est très difficile de tourner en Angleterre pour le confort. »

François Marry

PdR: Tu as ressenti la différence entre ton public français et le public anglais, leur différence de réception à la musique ?

François Marry: « Oui, oui après il n y a pas de règles mais c’est juste qu’avec le genre de musique qu’on fait on a plus d’atomes crochus avec le public anglais qui est plus réceptif. »

PdR: Il est très difficile de donner un nom à votre style musical, qui est sans définition et sans codes. Vous partez sur quelque chose de très aérien qui nous plonge dans un univers nouveau. Quels sont les thèmes justement qui vous inspirent dans votre univers si particulier ?

François Marry: « Je pense qu’effectivement on a une certaine liberté et ouverture de champ et c’est une de nos inspirations premières, trouver une force musicale et une espèce de vivier sans se fixer un genre musical prècis, donc on est assez ouvert. Après au niveau de nos inspirations musicales définies, on est très fans récemment de Karibou, on écoute beaucoup de musiques électroniques comme Fortête et Mobilsiène Disco. Ce sont des influences parmi d’autres mais nous sommes inspirés par tous les genres : la musique classique nous inspire, la musique moderne nous inspire, la musique française nous inspire, c’est vraiment très ouvert et je pense que c’est ça qui nous nous porte un peu préjudice en France. Ici on a vraiment  des fans selon la catégorie, ça marche par public, y a les fans de reggae, les fans d’électro, etc et nous c’est une pop composite. »

PdR: T’inspires-tu au delà de la musique: cinéma, littérature, voyages ?

François Marry: « Ouais complétement. Ouais je suis très très inspiré dès que j’ai la chance de voir un spectacle de danse ou de théâtre, ou lorsque je lis un bouquin qui m’absorbe. Mais ce qui m’inspire principalement ce sont les rencontres en fait, vu qu’on est dans un milieu où l’on fait quand même beaucoup de tournées, je rencontre des artistes, des journalistes, etc, donc des gens qui ont une vraie réflexion sur la matière artistique et donc je fais beaucoup de rencontres intéressantes mais aussi, à l’époque où je travaillais et où je faisais la plonge tout ça, j’ai eu des rencontres assez frappantes et très fortes. Toutes mes rencontres me nourrissent. Cela créé des souvenirs qui sont comme une matière première pour écrire des chansons. »

PdR: Vous avez été très bien reçu par la critique et les médias vous ont adressé plusieurs éloges. Es-tu surpris par votre succès ?

François Marry: « J’ai été ravi qu’il vienne mais il n’est pas représentatif du succès qu’on peut avoir en terme de popularité ou de vente, ou de quoi que ce soit. C’est génial d’avoir un succès d’estime et ça permet énormément de choses, on peut tourner grâce à ça et être pris au sérieux. Rien que par rapport à mon entourage et ma famille, rien que le fait d’être passer à la télé ça fait une différence, tu vois, ça fait tout de suite beaucoup plus établi. Donc ça permet énormément de choses mais en revanche, j’ai conscience encore une fois que la musique qu’on fait est particulière, les gens qui nous écoutent pour la première fois ne vont pas forcément saisir l’émotion et le coeur de ce qu’on fait. Pourtant il y a une vraie émotion  derrière, une vraie humanité et un vrai partage. Voilà, je pense que ça va être un long chemin pour que le «public large» s’habitue un peu à notre style, à notre ouverture d’esprit et à notre manière de faire. »

PdR: Il est vrai que votre musique est plutôt indéfinissable. Vous puisez dans plusieurs styles de musiques et vous êtes plutôt sans codes et sans étiquettes. Cela a été un challenge de jouer devant un public comme ce soir ?

François Marry: « Ouais, et ça a été un challenge toutes les fois où on a été mis dans ses situations-là. Ce soir on a joué en premier, donc il n’y avait pas une énorme pression mais des fois je suis très frustré que les gens ne s’emballent pas plus dans la musique mais en même temps je les comprends et je pense que lorsque le public nous voit pour la première fois en concert, ils ne savent pas sur quel pied danser. Je comprends un peu ce désarroi quelque part. J’ai aussi l’impression que les gens qui nous voient dans les festivals d’été ne s’efforcent pas non plus à plonger dans la musique qu’ils entendent. Ils recherchent autre chose. Ils veulent qu’un rythme simple et binaire vienne à eux et ils cherchent à être captivés. Tandis que dans ce que l’on fait nous, on ne donne que la moitié du chemin si je puis dire et c’est au public de suivre, de plonger dans notre univers. »

PdR: A quel moment du processus créatif, te sens-tu le plus ‘musicien’,  ce moment où te sens investi et qui te plait le plus ?

François Marry: « Aaah. C’est une très bonne question, on me l’a jamais posé ! C’est vraiment une super question, alors après pourquoi les journalistes m’ont jamais posé cette question, je sais pas, parce que c’est quand même à l’essence même de ce que je fais mais je suis ravi que tu me la poses. Vu que j’ai pas l’habitude d’y répondre du coup je..je sais plus quoi dire ! Tu me sors de mes habitudes là. Errm..Chaque élément de ce qu’on fait dans la tournée, les enregistrements de l’album, les promotions permettent de toucher à la matière artistique, l’inspiration…Mais je crois que le moment où je profite le plus, où je vibre et où je me sens transporté c’est le tout début, quand je trouve un nouveau morceau. Je veux dire la toute première fois où je trouve un nouveau morceau, où je suis à mon piano et que ça commence à venir, tu vois j’ai une vraie impression que soudain c’est comme si le soleil sortait de derrière les nuages. Tout devient plus simple et plus clair. C’est donc pendant la création, c’est vraiment aux prémices de la création d’un morceau que je me sens vibrer, après tout le reste du processus est riche tu vois, mais c’est comme… Moi j’ai jamais eu d’enfants mais c’est peut-être l’équivalent de voir son enfant naître et après, de le voir grandir. La naissance d’un morceau, les premiers accords, la première fois où je m’entends chanter un couplet nouveau, pour moi c’est le moment le plus plaisant qui soit.

PdR: Par rapport justement à cet essor du groupe, tu l’anticipes comment ce succès ? Que souhaites-tu pour les prochains mois ?

François Marry: « Pour revenir à ce qu’on disait tout à l’heure sur le succès d’estime et le succès populaire, on a eu un grand succès au niveau des critiques, en l’occurrence tu peux le voir ce soir: les gens se boulent pas pour venir nous voir…Donc je pense qu’on est très loin d’être un groupe à succès. C’est quand même une grande chance d’avoir le succès qu’on a déjà mais on est pas dans une situation où ça explose. On est loin d’une explosion de carrière quoi donc ce qu’on peut nous souhaiter c’est que ce qu’on a eu se reproduise, ce serait pas mal. Et puis qu’on continue à tourner. De manière générale moi ce que je souhaites c’est que les gens continuent à être intéressés par les concerts et continuent à acheter leurs place pour aller voir des concerts toute l’année et pas seulement l’été pour voir les grosses têtes d’affiches mais vraiment profiter de ce qu’on leur donne dans leur ville, près de chez eux. Apprendre à savourer. »

 

Propos recueillis par Manon Chauvin

Un grand merci à l’organisation du Free Music et à François Marry

By Manon Chauvin

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