Hanni El Khatib

Hanni El Khatib, Philippines et Palestine, Born in the USA?

(Le Grand Mix, Tourcoing, 21 février 2012)

Sensation du moment, il apparait dans tous les magazines de musique branchés et plugged, cool et tendu, armé de ces trente minutes de rock au rasoir. Les tenants du rock garage font l’éloge de ce type jusqu’alors inconnu, faux frère en filiation d’Elvis Presley dont il reprend, on ose à peine le terme tant il le triture, le Heartbreak hotel.

Allait-il sortir les flingues, une fois sur scène, sans les artifices du studio et sans pouvoir s’adosser à la hype qui tue ? Le premier album Will the guns come out ?  se glisse en noir et blanc sous une fabuleuse photographie des plus explicites : un carambolage, un accident où tout explose et tout s’arrête très vite.

El Khatib sur scène, c’est exactement ça, une crépitation de sons, une débauche de sens, de rock et un silence déchirant à la fin du concert. On ne veut pas que ça s’arrête. Point.

Je vous explique.

Avant de le voir en concert, je me renseigne sur le bad boy. Ça fait peut-être un bail qu’il joue, mais ça fait peu de temps qu’il a été découvert par le label de rap Stone Throw. Après avoir assuré des premières parties de Florence and the Machine très remarquées, le rockeur gominé a  très vite cessé son activité de graphiste et directeur artistique dans la mode street skate. Sans accroc et comme sur des roulettes.

L’album est simple, brut, rêche, court, sonique et met particulièrement l’accent sur le très basique couple voix- guitare.  Risqué.

Après avoir vu El Khatib sur scène laissez-moi vous dire que si l’album est bon  la prestation scénique est une déflagration ininterrompue. Le duo  guitare-batterie, avec Nicky Fleming-Yaryan, pourtant très tendance et forcément suspect,  fait sonner impeccablement  simplicité et énergie,  nourrie d’amitié lycéenne et d’échanges, de regards accordés dans le ton et sur le temps. On joue, on aime jouer, il faut que ça se voie et que ça s’entende. (…) The guns come out.

Les sixties, voire fifties, sont au rendez-vous : le californien tatoué n’a rien inventé. Il recycle et récupère à sa façon les sons primaires et le cri primal du rock : songwriting rock’n’roll et  voix brûlante font de lui un personnage très sensuel, enflammé, et cool à la fois. Le son est un mélange étonnant et détonnant de violence punk, de douceur folk et de rugosité garage.

Inspector Cluzo et les Black Keys n’ont qu’à bien se tenir, El Khatib vient d’arriver, il n’a rien à leur envier, et surtout il n’est pas près de repartir. Ce premier album fougueux laisse présager un talent certain à confirmer de toute urgence par un second album.

El Khatib aime les bars, les filles, les copains et surtout il sait vivre. Il prend réellement du plaisir sur scène.. Espérons seulement que ses pas le portent le plus longtemps possible  sur la voie de ce rock hédoniste.  Feu !

PS : Coming soon, la première partie du concert, est à oublier de toute urgence aussi…

By Vanessa Mans

Une réflexion sur “Hanni El Khatib, Philippines et Palestine, Born in the USA?

  1. Bel article! C’est peut être le meilleur moment pour saisir les artistes, dans une salle de moyenne capacité et au début de leur explosion, loin de la quinzième tournée mondiale qui les laisse rarement indemnes quand le rock’n’roll life style n’a pas été mis à distance raisonnable! 😉

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