Grands Classiques

« The Invasion of the Flower Children », San Francisco Chronicle, 1967

San Francisco Sound

The Grateful Dead, San Francisco, 1967

1967, San Francisco, le quartier Haight-Ashbury sent bon le patchouli. San Francisco ou l’épicentre de la contre-culture : De la Beat Generation aux Ecolos en passant par les Hippies et l’indépendance homosexuelle. La ville est le berceau de la musique psychédélique ayant vu naître des groupes tels que Jefferson Airplane, Janis Joplin et les Big Brother & The Holding Company, The Grateful Dead, Quicksilver Messenger Service et pleins d’autres.

Cette musique est un voyage sensoriel, une alcôve musicale qui plonge dans un état de transe. Le San Francisco Sound, musique psychédélique mais aussi soul (Sly & The Family Stone) réfère à cette envie d’indépendance, de liberté : quête de la jeune génération hippie. Apparu au milieu des années 60 jusqu’au début des années 70, il est arrivé comme une rupture avec le rock du début des années 60, avec des morceaux pouvant durer jusqu’à trente minutes, avec de longues improvisations expérimentales jouant sur les nuances rythmiques découvrant de nouveaux instruments venant d’ailleurs.

Les morceaux ne passaient presque pas à la radio ou alors dans de petites stations car ils ne respectaient presque aucunes conventions. C’est aussi une musique qui laisse place aux femmes comme pour Grace Slick, la chanteuse de Jefferson Airplane ou bien Janis Joplin. L’image des femmes changent, ce sont de véritables tigresses, qui hurlent et revendiquent leurs idées. Dans le rock les femmes atteignent le même statut que les hommes. Le San Francisco Sound cherche vraiment la nouveauté, l’ouverture sur le monde, les paroles des chansons en sont un bon exemple. Elles parlent d’amour, de recherche existentielle, du rapport qu’a l’être humain avec la nature (comme la chanson « The Farm » de Jefferson Airplane dans laquelle ils nous racontent que c’est bon de vivre dans une ferme proche de la nature).

Grace Slick (Jefferson Airplane) et Janis Joplin, deux symboles emblématiques du "San Francisco Sound"

Des chansons à textes, qui font passer des messages, souvent inspirés par les textes révolutionnaires de la Beat Generation tels que ceux de Jack Kerouac ou Allen Ginsberg. Les musiciens remettent la société en question dans un monde qui ne leur permet pas de s’épanouir et dans lequel ils ne se reconnaissent pas (bataille contre la guerre du Viet-Nam). Ils cherchent alors en eux pour créer, ils transfigurent leurs émotions, leurs ressentis, leurs envies à travers leur art devenant le porte parole de toute une génération. C’est dans un monde psychédélique dont les drogues hallucinogènes font partie qu’ils s’échappent d’un monde matériel. Immergés dans ces nouvelles perceptions, ils créent quelque chose de différent, de sauvage, d’inconnu jusque là.

« A new concept of celebrations beneath the human underground must emerge, become conscious, and be shared, so a revolution can be formed with a renaissance of compassion, awareness, and love, and the revelation of unity for all mankind. » San Francisco Oracle

A San Francisco, dans le quartier Haight-Ashbury et au Castro, au sud, à côté du Golden Gate Park, règne une tolérance particulière pour les États-Unis des années 60. Seul quartier où régnait une ambiance communautaire où les soins étaient gratuits tout comme les concerts. On écoute la musique d’une nouvelle façon : la mise en scène des concerts avec des projections d’images ou de vidéos psychédéliques transportent un public souvent sous LSD dans un autre monde. C’est à ce moment là que ce sont naît les mythiques salles de concerts comme l’Avalon Ballroom, Fillmore ou encore le Matrix Club. A cette période sont aussi apparus de grands festivals de rock tels que le Human Be-Inou et Monterey Pop Festival, tout deux en 1967.

Haight-Ashbury, quartier de San Francisco en 1967, connu pour être l'un des lieux les plus symboliques de la contre-culture hippie

Cette musique est vite devenue universelle auprès d’un jeune public américain et européen. Le Festival de Woodstock en 1969 et l’album « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » des Beatles en 1967 ont vraiment popularisé cette musique.

En résumé, le San Francisco Sound a révolutionné la musique et les mentalités. Aujourd’hui encore il inspire et fait rêver. Cette période aujourd’hui idéalisée est perçu même par ceux qui l’ont vécu comme une parenthèse, une période insouciante : âge d’or du Rock. Qui n’a pas rêvé de pouvoir être à San Francisco pendant un concert de Jefferson Airplane habillé d’une tunique, de longs cheveux et d’un love beads ?

Je vous conseille également d’écouter des groupes comme Blue Cheer, The Beau Brummels, Sopwith Camel ou encore The Mojo Men, moins connus mais tout aussi talentueux.

By Diego Seval & Antoine Lacot

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