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L’edito du Lundi

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Si je savais que Get Well Soon travaillait cet hiver sur quelque chose, je pensais sincèrement que ce serait un album. Or, Born with too much love est un Ep de cinq titres, et même si la qualité est au rendez-vous, on ne peut s’empêcher de penser que l’on arrive bien trop vite au bout. On en aurait aimé plus. Ce groupe a un côté baroque que j’ai toujours bien aimé, et même si leur dernier album s’éloigne un peu de ce trait de caractère, et que leur musique est de fait, plus abordable par tous (j’ai pas encore dit mainstream non plus…), j’avais plutôt apprécié l’écoute de Love, même si l’on était loin d’un Vexations. L’Ep, quant à lui, semble être une collection de morceaux n’ayant pas été retenus pour l’album et je comprends pourquoi en l’écoutant: Il est très années 80 et la video du titre Too Much Love le confirme de façon amusante puisqu’il met en scène une scène de télé démodée, avec un groupe fantoche très ancré dans cette époque aussi bien côté vestimentaire qu’au niveau des postures. On aime ou on aime pas, j’y trouve pour ma part un intérêt nostalgique de la new wave assumé.

Ce week-end, j’ai pu regarder le documentaire Artefact, de Jared Leto, retraçant la période où 30 seconds to Mars était en procès avec EMI. Si l’ensemble est intéressant, non seulement pour la culture contractuelle des accords passés avec les grandes majors, mais également sur le processus créatif du groupe, j’en suis sorti assez partagé. Les interventions des différents acteurs de l’industrie musicale sont intéressantes, mais l’on passe beaucoup de temps à voir Leto franchement dépassé par la situation et subir. Rien de plus normal me direz-vous dans un combat opposant David contre Goliath, pour autant, le « Fuck, we are fucking screwed, man… » est un peu trop répétitif et j’aurais préféré que l’on passe un peu plus de temps sur le « comment » ils ont fait pour mener leur album (This Is War) à terme dans ce climat et comment ils ont réussi à renverser les forces en balance. C’est à peine effleuré alors que cela aurait mérité plus de développement. En même temps, le documentaire est ce qu’il est: une tranche de vie du groupe. Il aurait dû retracer la création de l’album mais le groupe a préféré en faire une chronique d’un sale moment pour eux. Ce que je comprends. Mais si les causes du schisme sont documentées, le reste ne l’est pas assez et l’on assiste à plusieurs réunions ou coups de fils qui tournent autour du fait qu’EMI veut leur faire à l’envers. Si cela a certes été leur quotidien durant l’année relatée, cela fait partie, à mon avis, du postulat de départ et n’avait pas besoin de répétitions incessantes. Reste que le documentaire se laisse tout à fait regarder (il est trouvable sur Netflix, entre autre), et certaines parties traitant de l’album sont intéressantes.

Pour finir,  je vais vous parler d’un album datant de 1993 et qui passa un brin inaperçu dans le flow grunge venu de Seattle: Hater de Hater. Le fait est que je l’avais complètement oublié et que je l’ai réécouté la semaine dernière en me disant: « Putain, c’était bon ça, pourquoi j’avais oublié un truc comme ça ?« . Hater balance un rock qui me fait un peu penser à une période d’Iggy Pop si l’on s’en tient à des morceaux comme Mona Bone Jakon ou Who Do I Kill et Tot Finder. Surtout au niveau de la partie guitare et rythmes. Mais l’album ne s’arrête pas à ces trois premiers morceaux et laisse peu à peu un rock moins marqué par l’idole pour se forger sa propre identité sur les sept pistes restantes. Avec Blistered, on fait même un tour dans le rock des années 50, revisité pour l’occasion. L’album est très garage rock et s’appuie sur des structures rythmiques très 70’s. La première piste, Mona Bone Jakon est un cover de Cat Stevens tellement bien remanié qu’il m’a fallu vérifier que je ne me trompais pas. Je crois bien que même lui ne la reconnaitrait pas. A noter que le groupe est formé de Ben Shepherd et de Matt Cameron, respectivement bassiste et batteur de Soundgarden, de John Mcbain (Monster Magnet) et de Brian Wood, le frangin d’Andy Wood (Rascal Flatts, Andy Wood Band et surtout Mother Love Bone, l’avant Pearl Jam). L’album a la pêche, du début à la fin, et, même s’il est parti d’un délire de potes autour de quelques chansons, il regroupe tout de même deux artistes très en vue à l’époque qui donneront plus tard l’exceptionnel Déclaration of Conformity (1996) de The Wellwater Conspiracy, qui, si vous ne l’avez jamais écouté, vaut le détour sur la leçon de « Comment revisiter le rock des 60’s sous hallucinogènes »…

Un Edito certes assez court, mais hey ! la plupart d’entre vous sont actuellement en train de s’éclater en vacances, alors moins vous passerez de temps à lire, mieux vous pourrez en profiter, non ? Et puis il faut dire que l’été, l’actu est toujours très pauvre. Elle doit bénéficier d’aides de l’état pour partir, elle aussi, en vacances… Grand bien lui fasse, la rentrée n’en sera que plus dynamique ! En attendant, le PdR vous fera quelques playlists à écouter.

Greg Pinaud-Plazanet

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