Review

Un autre regard sur Kasabian

Doit-on encore présenter le groupe aujourd’hui ?

Nous sommes bien loin du premier groupe  appelé SARACUSE, initié par deux amis, Sergio Pizorno, guitariste, et Tom Meighan, le chanteur dans les années 90.  En 2000, la bande prend vraiment forme et  ils décident de se rebaptiser Kasabian. C’est en effet par provocation absolue qu’ils choisissent ce nom en souvenir  de Linda Kasabian,  membre de la « Manson Family », qui avait  (idée soufflée par Charles Manson lui-même), assassiné Sharon Tate et ses amis dans sa propriété en 1969. Ah oui, c’est glauque.

L’esprit est rock’n roll cela dit, et quand on aime les gros riffs, on ne s’attend pas à aimer un groupe qui s’appelle Bambi; The Kills ont bien fait leur pochette d’une photo de Florence Rey, la « tueuse de flics » en laquelle ils voient une « icône de la violence nihiliste »!

En quelques années, la critique adopte Kasabian en le comparant volontiers à Primal Scream, ou même aux Stone Roses, avec un goût plus prononcé pour les sons machiniques. Ils se dissocient assez rapidement de ces références, se faisant une réputation liée à leur propre nom et leur propre son.

Le groupe est extrêmement réputé scéniquement et ce malgré les nombreuses  tergiversations et  départs des membres du groupe. Le NME award  est remis à plusieurs reprises au groupe pour leurs prestations scéniques.

Kasabian

Leur musique rock, électro,  et psychédélique a su clairement attirer le public anglais (premier dans les charts avec le single « Fire »), mais pas seulement. Les festivals se régalent d’avance de recevoir le phénomène.

C’est avec plaisir et envie que je me suis rendue au Zénith de Lille le  28 février 2012. Le dernier album Velociraptor  avait tellement su me faire oublier la séparation d’Oasis. Enfin, un groupe qui a pris la relève, en vrai. Les fusions sont aussi extrêmement intéressantes musicalement, U2 avait déjà tenté cet assemblage Techno/Rock sur Pop.

Malheureusement, c’est un concert lourd, très lourd auquel j’ai assisté. Les fans avaient l’air heureux de voir le groupe au Zénith alors que le concert étaient initialement prévu à l’Aeronef, salle plus intimiste. La fosse était bien remplie de 3000 personnes, mais Kasabian avait peut-être le blues de voir les balcons vides ? Ce fut un concert propre, rien à dire professionnellement. Quoique… comme je n’ai plus exactement 12 ans, je trouve « surprenant » qu’on me demande de faire le geste du cadrage photographique avec les doigts parce que dans « Goodbye Kiss », y a « no more photographs »… C’est moyen, non ? Même Tom Meighan avait l’air gêné…

Le son était affreusement puissant, des fans beaucoup plus motivés se sont plaints du volume : je n’ai jamais su pourquoi les guitaristes changeaient d’instruments à plusieurs reprises, tant l’électro/techno empiétait sur … tout le reste. Les fréquences se dévoraient littéralement et l’impression de voir deux guitaristes simuler sur scène était très dérangeante. Le dosage est essentiel dans le « son Kasabian » et l’une des forces semblait avoir battu l’autre alors que c’est leur lutte continue et jamais finie qui génère le plaisir de l’écoute de leurs albums.

Un concert fort, sans âme et extrêmement décevant, à l’aune de notre attente. On n’explique pas plus les soirs sans âme que ceux où la salle devient un vaisseau qui embarque tout le monde dans l’outterspace. Ne clouons pas non plus Kasabian au pilori, élu meilleur groupe anglais par le NME en 2012 ! Était-ce un simple concert raté, un décalage énorme entre le son façade et le son retour ? Le groupe se lasse-t-il des publics inférieurs à 5000 personnes ? Laissons-les respirer et apprécier leur dernière récompense pour mieux leur rappeler ensuite qu’il faut donner le meilleur de soi à chaque concert !

Et réécoutons-les. Par contre à ce volume là ? Même pas en Rave !

 

By Vanessa Mans

Une réflexion sur “Un autre regard sur Kasabian

  1. Au même concert, je partage le sentiment. J’espère vraiment que ce n’est pas le son qu’ils avaient en retour. Je vais faire comme quand on tombe de vélo et qu’on remonte en selle c’est à dire les réécouter rapidement pour oublier ce concert. Ils ont complètement détruit par le volume tout ce qui fait leur intérêt, la balance entre les deux entités. Je suis très fan de Paul Weller, et j’ai presque tout. Pourquoi presque? Parce que si cet homme a toute mon admiration que j’aime son look et sa classe, que j’ai littéralement été transfiguré et bouleversé par sa musique, c’est un homme et je ne suis pas obligé de tout aimer. Je l’ai vu donner un très mauvais concert à Bruxelles, j’ai réussi à choper la setlist à la fin du concert et il avait écrit « shithole » à la place de Bruxelles. Je l’ai descendu en flammes et j’ai eu raison. Je l’ai vu le lendemain à Amsterdam et c’était magique, son énorme, déchaîné. Je l’ai encensé et j’ai eu raison. Comme dit Nicolas Ungemuth, on écoute des hommes, pas des Dieux et oui, ce soir là, le concert de Kasabian était mauvais. Ils ne jouaient pas à Amsterdam le lendemain, dommage, je suis sûr qu’ils peuvent donner de très bons concerts mais sur ce coup-là, beaucoup de fans sont sortis sonnés, même un illustre programmateur de l’une des salles les plus connues de France croisé à la sortie du concert.

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