U2

The Joshua Tree, la consécration

Aller, je me lance. Pour moi, il y a les albums Highway 61 Revisited (Dylan), The Velvet Underground & Nico (Velvet Underground), Transformer (Reed), Born To Run (Springsteen), (What’s the Story) Morning Glory? (Oasis) et The Joshua Tree (U2). Ce dernier reste une référence en matière de musique rock. Sorti en 1987, The Joshua Tree est un tournant dans la carrière de U2, puisqu’il permet au groupe de remporter ses premières récompenses et possède, contrairement aux précédents albums, un son plus fluide et clair. Le groupe le doit en autre à la paire Lanois/Eno qui ont su apporter au groupe leur expérience (Bowie) et leur talent. The Joshua Tree a dépassé les 28 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Le premier titre intitulé Where The Streets Have No Name donne le ton… Une intro que seul The Edge a le secret (1.46 min). Les paroles, écrites par Bono, parlent de liberté (I wanna tear down the walls/That hold me inside), mais également d’écologie (I want to feel, sunlight on my face/I see that dust-cloud disappear without a trace/I wanna take shelter from the poison rain). C’est assez paradoxal, car aujourd’hui, la tournée 360° de U2 est très polluante (120 camions)…En live, cette chanson est l’un des moments les plus mémorables et attendus par les fans.

Viens ensuite le morceau I Still Haven’t Found What I’m Looking For qui possède également une intro mémorable (marque de fabrique de U2), et montre les capacités vocales de Bono. Je vous laisse interpréter les paroles à votre manière, car c’est aussi ce que je recherche Bono et les auteurs en général.

Le titre suivant est sûrement le plus beau titre des Irlandais. Intitulée With Or Without You, cette chanson sera le tube de l’été 87 et également le 1er titre du groupe numéro 1 aux Etats-Unis… Un accord, au clavier, lance la chanson, accompagné de battement (de coeur) puis de quelques accords de basse joués par Adam Clayton, résonne ensuite le riff de Edge qui vient de nouveau nous faire planer et la voix de Bono retentit et vient parfaitement se juxtaposer…Rien qu’à la lecture du titre, on s’aperçoit vite que la chanson parle d’amour, mais encore une fois, votre interprétation est peut-être différente. Lorsque ce titre est joué en concert, on sent l’émotion envahir le public ainsi que les membres du groupe. Lors d’un live, Bono avait invité une femme à s’allonger à coté de lui sur scène. Magique…

L’album enchaine avec le terrifiant Bullet The Blue Sky. Sans avoir lu les paroles, on peut tout de suite comprendre qu’il se passe quelque chose d’alarmant. Les riffs de Edge sont plus grinçants, les accords de basse plus sombres, les beats de batterie joués par Larry Mullen Junior plus lourd… Une excellente prestation de cette chanson est présente dans le live à Chicago du Vertigo Tour 2005.

Titre suivant, Running To Stand Still, une des plus belles ballades du groupe avec One. Composé principalement sur des accords au piano et à la guitare, ce morceau, aux tendances blues (intro), parle d’un homme et d’une femme accro à l’héroïne. Bono clôture la chanson à l’harmonica. Toujours lors du live à Chicago en 2005, U2 offre une prestation très émouvante, où Bono clôture la chanson par des sublimes Halle, Halle, Halleluuuujah…

La chanson suivante Red Hill Mining Town parle de la fermeture des mines non rentables de Grande-Bretagne dans les années 80. Ce qui engendra rapidement la mort de beaucoup de villages, ainsi que la perte d’emploi pour de nombreuses familles (The lights go down on Red Hill Town). Bono s’inspira du livre Red Hill: A Mining Community de Tony Parker (pas le basketteur) pour l’écriture de ce morceau.

Bien que j’aime les chansons In God’s Country et Trip Trought Your Wires, je préfère ne pas en parler, tout simplement par manque d’informations. Passons donc à la neuvième chanson.

One Tree Hill, volcan de Auckland en Nouvelle-Zelande, est une chanson écrite en hommage à Greg Carroll, un assistant et surtout ami de Bono. Ils s’étaient rencontrés à Auckland pendant la tournée Unforgettable Fire en 84. Le 6 Juillet 1986, Greg Carroll décède dans un accident de moto sous une pluie battante à Dublin. Un terrible moment pour le groupe et particulièrement pour Bono qui avait lié beaucoup d’amitié avec lui. Cette chanson rend également hommage au chanteur et écrivain engagé chilien Victor Jara. Lorsque Augusto Pinochet renversa le gouvernement chilien en 1973, Victor Jara fut torturé puis tué comme beaucoup d’opposants au régime mis en place. Coté musique, The Edge compose un son propre à U2 avec l’utilisation d’un synthétiseur présent du début à la fin donnant un effet d’apesanteur.

Exit est un des titres les plus sombres de U2. Il raconte l’histoire d’un homme qui a connu qu’une belle chose dans sa vie, l’amour (You know he got the cure… but then he went astray). Mais, cette histoire s’est arrêtée, alors il broie désormais du noir (He went deeper into black)… jusqu’à ce qu’il se donne la mort (The pistol weighed heavy). Le son de ce morceau nous montre toute la tristesse et le désespoir que ressent cette personne, grâce à l’utilisation importante de la basse, la présence de synthétiseur, et la voix aiguë de Bono renforce ce coté obscur.

La dernière chanson de l’album Mothers Of The Disappeared a été écrite à propos des milliers d’enfants disparus (on parle de 30 000 citoyens) en Argentine suite au coup d’Etat de Videla en 1976. Les paroles sont très claires (Midnight, our sons and daughters/Were cut down and taken from us). Titre plus instrumental, présence de choeurs, peu de paroles, U2 veut sans doute nous faire lever les yeux vers le ciel à la mémoire de ces enfants disparus…

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai eu le plaisir de vous raconter l’histoire de chaque chanson ou presque, car il est pour moi l’album le plus planant et abouti que j’ai jamais entendu… Concernant les paroles, à vous de les interpréter comme bon vous semble.

The Joshua Tree, la consécration…

By Antoine Lacot

5 réflexions sur “The Joshua Tree, la consécration

  1. bravo pour cet article, dont je partage le mot clé: Consecration, pour ne pas dire Sacralisation.
    Merci pour l’historique song by song…

  2. Que dire de Dylan? Et de U2 alors… C’est un très bel article que je vois ici. L’un de mes rêves seraient d’interviewer Bono un jour, de lui parler… J’ai tellement de chose à lui demander. Mais bref je crois que tu es l’auteur de cette article, alors je t’écris ici… (Je me permets de te tutoyer…). Le Vagabond Solitaire de Kerouac est un véritable chef d’œuvre, d’ailleurs je me demande s’il a fait des mauvaises choses ce type là. Mais ravie de voir que cette envie t’es venu en lisant cet extrait. C’est beaucoup de voyage ce bouquin, c’est beaucoup de paysage, beaucoup d’implicite, c’est beaucoup trop de chose…

  3. Tu te rappelles la première chanson que tu as entendu de lui?
    C’est rare les personnes qui ont vu Don’t Look Back. J’ai beaucoup aimé ce documentaire, on retrouve toutes les facettes de Dylan, le côté assez déjanté et puis sarcastique et puis affectueux et surtout son côté pensif, ailleurs, lunaire… Cependant son côté arrogant et désagréable refait souvent surface mais c’est ce qui le rend fascinant. Il est vrai, authentique, il ne joue pas. Je ne saurai même pas expliquer ce qu’il est et ce qu’il est pour moi.
    Tu m’as l’air de connaître de nombreux détails sur sa vie alors et tu l’as vu en concert! Quelle chance! Tu peux mourir en paix désormais.

  4. Bonne critique, bonne références, que du lourd, il ya des connaissances. Je regrette juste que l’analyse ne rentre pas un peu plus dans les détails de la musique en elle même. Je pense que cet album a une ambiance feutrée, particulière, riche et émouvante. C’est un vrai ensemble qui part de l’envie de Larry, le batteur de revenir aux sources. Comme souvent, U2, non qui n’aime pas copier et branler du manche, fait un pas en avant. La simplicité et les recherches sonores inamitable de ce groupe font tout son charme. Il se sont bien resaisis avec leur dernier album sur le plan musicale mais je regrette les tournées spectaculaires qui deviennent du copier-collé de l’Elevation tour qui reste à mon sens, leur dernière vraie tournée faite avec le bide et les couilles.

  5. Pingback: Chronique de l’album « IV » de Led Zeppelin « " It's A Good Day To Rock "

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