Tron Von Balthazar

Troy Von Balthazar, ou l’orfèvrerie musicale Lo-fi.

« La Dynamo », salle toulousaine résolument rock façon entrepôt ou vieux garage. Un endroit parfait pour accueillir le 13 Avril un gars assez hallucinant : Troy Von Balthazar. Grand gars à la barbe blanche, cheveux bruns, jeans noir et chemise marron. Certains d’entre vous le connaissent certainement déjà, pour les retardataires c’était (et d’après les infos d’hier soir ce sera encore) le leader de Chokebore, groupe d’origine hawaïenne du début des années 90 ayant souvent joué en première partie de Nirvana vers les mid-90’s mais ayant un style assez loin du grunge, eux sont plutôt rock et ils l’assumaient jusqu’à leur séparation en 2005 (mais ils vont revenir donc comme annoncé plus haut).

Von Balthazar donc, passait à la « Dynamo ». Banco, les places sont achetées, on s’y pointe et… après une première partie qui, musicalement était très bonne Troy s’amène tout seul (alors qu’une batterie et une basse trainent sur la petite scène), et sort quelques mots sur le fait d’être là, de vouloir faire ami-ami avec nous. Commence alors une chanson sur cette « new friendship ». Le morceau embarque directement l’auditoire restreint mais spécialiste dans l’univers riche du songwriter. L’oversampling fonctionne à bloc, effets de voix légers, pas moins de 9 pédales d’effets en série, le gars assure en solo comme s’ils étaient tout un groupe.

Troy Von Balthazar et sa Télécaster personnalisée

Second morceau accrocheur avec petite rythmique saccadée et petit orgue Bontempi (c’est pas vrai c’était un Casio SK-1 mais bon…). Il sait y faire.
Affublé d’une Télécaster brune et vert pomme (ne la cherchez pas dans le commerce, il l’a clairement repeinte à la main avec de la gouache le gazier !), Troy nous délivre quelques titres de son LP sorti en 2005 et quelques uns du dernier datant de Septembre 2010 « How to live on nothing ».

Il enclenche sur une chanson à propos de son pénis, annoncée comme un aparté entre amis au coin du feu, de sa voix légère et confidentielle, on rigole. Les basses frisent un peu, ses réglages guitare sont d’ailleurs scotchés, ce qui fait penser que c’est le son voulu, mais l’effet fait son chemin, on a envie d’en écouter plus.

Il cherche ensuite quelle chanson  jouer, il fait mine d’avoir un trou de mémoire et semble attaquer un peu par hasard une rythmique minimaliste sur laquelle vient se greffer une voix transformée avec un effet Delay. Là encore, pas un mot dans la petite salle, cet orfèvre est bien le roi de la fête. Cette salle est d’ailleurs parfaite pour lui, roulade sur scène, bidouillages en série, ce mec captive c’est indéniable, même si il parait seul dans son monde, mais c’est un artisan du son. Il nous cause de son psy, qu’il a des problèmes « to connect with people »… et il attaque « Communicate ».

Sur scène, Troy Von Balthazar, la Bible en main

Même à 1m50 du micro sa voix poste, elle semble pourtant super légère mais ne vous y trompez pas tout est contrôlé au poil près. C’est un architecte. Non pas que ses orchestrations soient immuables car il nous sert pas mal de versions modifiées de ses morceaux. Mais rien n’est laissé au hasard. Je me demandais d’ailleurs ce que pouvait bien foutre sur cette scène, un vieux tourne disque, le Monsieur met en marche le bazar, prend la bible (en français s’il vous plait…), s’assied et fait mine de lire pendant que le truc crachote gentiment « Bible study ». Là on est en plein dans la mise en scène.

Après une petite ballade bien sentie pour son ours en peluche, il me semble avoir reconnu « Red Spider », et un petit tour en hauteur avec un porte voix (des fois on se demande si on n’est pas au théâtre…), « Limited Light », puis «Very Very Famous », il s’assied cette fois en tailleur sur son ampli, allume un vieux magnéto et joue d’un ensemble de grelots en coquillage qu’il éloigne et approche du micro, la scène est très zen et surprenante, mais là encore tout le monde adhère sans se poser de question. C’est « Tigers ».

Le reste de la bande arrive, la basse trouve jolie preneuse qui d’ailleurs a une voix, et quelle voix… un peu dans le style Lisa Hannigan, mais pas tout comme… « Dots & Hearts » (à ce qu’il me semble), puis « Rainbow », respectivement extraites des LP de 2010 et 2005. Orchestration étudiée au millimètre, ciselée. Puis arrive « Dogs » et ses riffs nourris.

Magnéto, Troy

« CATT », sorti du dernier opus nous repose un peu, c’est une version différente de l’album, le chorus s’épaissit d’une batterie qui cogne, des sons et des transitions qui font parfois penser à Eels. Du bon quoi!

Le morceau suivant prend l’avion, accrochez-vous ! Et la bande nous fait atterrir en douceur ensuite sur une nouvelle chanson dont ils disent ne rien savoir : « Corner ». Puis vient « Diamond Brain » et une dernière chanson viennent clore ce « presque show-case mais en beaucoup plus long ».

Le rappel est de rigueur car on n’a pas très envie que ça se finisse nous, on aurait bien passé la nuit sur place en fait, et c’est « Cover Us », une chanson écrite dans sa bagnole alors que la girlfriend de son pote l’avait foutu dehors parce que bon à 3 dans un studio ça le fait pas ! Simple, intime, en solo.

On finit le tout par la superbe « Heroic Little Sisters », titre présent sur le premier album (2005), juste le temps ensuite de boire un verre au bar en sa compagnie (bon il a été squatté par deux nanas en mal être alors bon voilà quoi….), d’acheter un t-shirt et d’échanger quelques mots avec lui qui semble finalement très disponible et simple. C’est là qu’il dit à mon pote que Chokebore vont se reformer, bonne info mais faut dire que mon photographe a une bonne tête alors ça met en confiance…

En bref, s’il repassait ce soir, j’y retournerai. Je me demande d’ailleurs s’il a chanté « Happiness & Joy » et d’autres encore, ça mériterait un check !

© Cham’s

By Greg Pinaud-Plazanet

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